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08/06/2016

La transition énergétique se fera avec les éoliennes… et de la coordination

Le vote de Vallorbe a été clair dimanche: c'est oui à l'énergie éolienne. A plus de 57% des voix, les citoyens ont accepté la construction de six mâts, qui devraient subvenir à la consommation d'environ 11'000 ménages. Consultés en 2012, les habitants de Sainte-Croix avaient dit oui à un autre projet. Cette forme d'énergie convainc peu à peu. Tant mieux. Mais nous devons continuer à travailler sur plusieurs fronts pour réussir la transition énergétique, car l'éolien n'est qu'une petite partie de la solution.

Tout d'abord, il faut noter que si elles sont acceptées dans le Jura vaudois et qu'elles récoltent en général les faveurs des citoyens (9 votations sur 10 acceptées en 2015), les éoliennes n'ont pas trouvé grâce aux yeux des habitants de Daillens et d'Oulens en 2013. Quant aux projets pourtant validés dans les urnes, comme celui de Sainte-Croix, ils sont systématiquement retardés par des pluies d'oppositions. Il en ira de même à Vallorbe.

Au bout du compte, le canton de Vaud ne pourra très probablement pas se doter de la totalité des 170 mâts évoqués il y a quelques années (lesquels devraient subvenir à 27% de la consommation du canton). On en saura davantage prochainement puisque la Confédération doit publier sa "Conception énergie éolienne" ce mois encore.

Le tournant énergétique lancé en 2011 prend beaucoup plus de temps. Depuis cette date, aucune éolienne n'a été érigée dans notre canton. Au niveau national, cette source d'énergie ne fournit que 0,2% de la production d'électricité (avec 34 engins) du pays… alors que la Stratégie énergétique 2050 vise 7%.

Le vote des Vallorbiers, dimanche, comme ceux de Charrat en Valais (qui ont accepté deux autres éoliennes), va dans le bon sens, mais l'évolution du dossier doit nous inciter au pragmatisme. L'abandon du nucléaire est désormais sur les rails, mais il doit se faire de manière échelonnée et coordonnée. L'initiative des Verts visant une fermeture anticipée des centrales atomiques, sur laquelle on votera à la fin de l'année, rendrait notre pays vulnérable, si elle était acceptée. Déjà compliquée par les problèmes de rentabilité que rencontre la production d'énergie hydraulique, la réussite de notre transition énergétique requiert plus que jamais tact et pragmatisme. Evitons la précipitation.

Commentaires

Article intéressant, mais ... la sortie du nucléaire sera vraiment très difficile à atteindre. Voilà pourquoi : les 16 éoliennes de la centrale Juvent, au Mont-Crosin près de St-Imier, ont produites 56'951 MWh du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2015 (8'760 h). La centrale nucléaire de Leibstadt a produite la même quantité d'électricité du 1er janvier 2015,00:00 h au 3 janvier 2015,01:00 (production du mois : 859'581 MWh), soit en 49 h! Oui, mais il y aura aussi l'appoint du photovoltaïque, nous dira-t-on. Sauf qu'en janvier il fait nuit dès 17.00 h et jusqu'à 8.00 h. Le CF aura de la peine à nous convaincre.

Écrit par : Daetwyler | 08/06/2016

Il y a un aspect de la question qui me semble surréaliste. On ne cesse de nous abreuver d'énergies propres, ''renouvelables'', alors qu'il semble impossible d'exploiter nos barrages. Y a t-il une énergie plus propre que l'énergie hydraulique? Laquelle permet de surcroît de stocker des kilowatts par turbinage aux heures creuses. Ou bien on nous prend pour des demeurés, ou bien on marche sur la tête.

Écrit par : Jean-Pierre Jenni | 09/06/2016

@Daetwyler : votre comparaison est certes intéressante, mais vous comparez une centrale nucléaire avec 16 éoliennes, et le canton de Vaud compte en installer 170, soit 10 * plus (et les nouvelles seront plus grandes et avec plus de production), sans compter les cantons voisins. On peut aussi comparer les investissements et coûts induits. Une éolienne (3 à 5 Mio) se construit en 6 mois (une fois le permis délivré) et se démonte totalement en 3 mois. Une centrale nucléaire a besoin d'au moins 5 ans, pour env. 5-10 milliards et 25 ans de démontage. Sans parler du potentiel de dégâts et des coûts en cas d'accident. Pour ma part, je n'ose pas imaginer ce que deviendrait la Suisse en cas de mini Fukushima. Je préfère être à 1 km d'une éolienne qu'à 100 km d'une centrale nucléaire ! Et vous ???
Quant à la rentabilité de l'hydraulique, le problème provient principalement des vieilles centrales à charbon de l'ex DDR et de Pologne, qui tournent en plus avec du charbon vendu à prix cassé par les USA, pour soutenir leurs mines et ne pas risquer de conflit social avec le gaz de schiste. Tout rentrerait dans l'ordre si l'on mettait un coût aux émissions de CO2 et aux dégâts à l'environnement,

Écrit par : Vladimir Mange | 10/06/2016

@Mange - Vos arguments sont valables mais ce dont nous avons besoin, c'est une production d'électricité qui colle à la consommation. Or les éoliennes ne fournissent du courant que quand il y a du vent : leur productivité n'est que d'environ 20.0% alors qu'une centrale thermonucléaire atteint plus de 80 % sur l'année et même le 100 % en hiver avec une production de CO2 quasi-nulle. Vous prévoyez que VD aura bientôt 170 éoliennes. Espérons-le, mais pour l'instant il n'y en a AUCUNE et le seul remplacement de la centrale de Leibstadt par des éoliennes en nécessiterait 150 (production annuelle de Leibstadt en 2015/production annuelle du Mt-Crosin 2015). Enfin, un mini-Fukushima est peu probable, car un raz-de-marée d'une telle ampleur dans la vallée de l'Aar est peu probable. Pour clore ces lignes, je suis conscient que le nucléaire a peu de chance actuellement devant le peuple, mais il faut être conscient que des centrales thermiques (gaz / mazout) seront nécessaires encore longtemps, malgré les atteintes au climat, car la consommation d'électricité ne faiblira pas à l'avenir, malgré les vœux du CF (voitures électriques, transports en commun, informatique, etc.)

Écrit par : Daetwyler | 10/06/2016

Nous n'en serions pas là si dans les années 70 on avait eu la simple idée de compléter de seulement 10,4% la production d'électricité hydraulique. En effet en 1970 le 89,6% de la production d'électricité était hydraulique. Imaginez seulement l'engagement financier total dévolu au nucléaire transmis à l'hydraulique. Il y a aujourd'hui aussi une malhonnêteté écologique face à l'hydraulique prétendant que l'on avait atteint un seuil, c'est évidemment faux, voyez par exemple le simple fait que les 2 centrales au fil du Rhône, dans le Chablais, ne se font pas. Deuxième malhonnêteté puisque l'on prétend que le coût de l'hydraulique de 6ct est trop élevé en rapport avec l'importation quasi gratuite et subventionnée. Et justement à propos de subvention, personne ne conteste le prix de l'éolien subventionné. En fait le subventionnement de l'énergie est une grave erreur, la preuve avec cette concurrence nuisible à l'hydraulique.
Tout en laissant agir le marché et en se sortant du nucléaire, le meilleur agent énergétique pour chaque pays sortira vainqueur, en Suisse c'est l'hydraulique suivi du solaire thermique puis électrique.Dans un autre pays ce pourrait être l'éolien et le solaire.

Écrit par : Christian Favre | 11/06/2016

Le Pont, le 14.06.2016

Pour transiter vers une production électrique écologiquement acceptable, l’Office fédéral de l’énergie nous propose des économies de consommation, du photovoltaïque, de la géothermie, du solaire thermique, des éoliennes de l’hydraulique etc.
Pourquoi veut-on commencer par l’éolien qui ne représentera au final que 7% de notre production alors que la transition requerra l’ensemble des solutions ?
Nous sommes dans la fuite en avant, l’imitation de l’Europe sans réflexion, et la solution de facilité. Le peuple et nos autorités sont sous l’influence du lobby éolien sans que la comparaison avec les autres techniques soit possible. Les dés sont pipés et les conséquences seront les mêmes que partout en Europe ; la destruction du paysage etc.
Il eut fallu, avec un peu de bon sens, mettre l’accent, et donc l’argent, sur les autres solutions et garder l’éoliens comme ultime recours et poire pour la soif. Réfléchissons, il est encore temps !

Philippe Berney Le Pont

Écrit par : Philippe Berney | 14/06/2016

@Daetwyler. Vous écrivez : "le seul remplacement de la centrale de Leibstadt par des éoliennes en nécessiterait 150 (production annuelle de Leibstadt en 2015/production annuelle du Mt-Crosin 2015)." Il manque un zéro, ou un facteur dix ! Car au Mont-Crosin il y a 16 machines pour une puissance totale de 29,2 MW qui produisent quelque 50,5 GWh par an. La centrale de Leibstadt avec une puissance de 1'220 MW produit en moyenne 9'500 GWh par an : cela fait déjà 188 fois l'ensemble des 16 machines du Mont-Crosin. Prenons une bonne éolienne très bien ventée : la machine de 3 MW à Charrat (VS) produit quelque 6.6 GWh par an. Donc pour remplacer Leibstadt, il en faudrait 1'439 !

Écrit par : Christophe de Reyff | 14/06/2016

@de Reyff - Je me suis basé non sur des moyennes de production, mais sur les productions réelles données par les sites de KernKraftWerk Leibstadt (kkl.ch) et du Mont-Crosin (juvent.ch) pour 2015. Les voici : 8'598'518 MWh (kkl) divisés par 56'951 MWh (juvent) donne bien le résultat de 150 .... sites du Mt-Crosin (12 machines de 2 MW et 4 nettement plus petites mais en voie de remplacement par des machines de 2 MW), c'est-à-dire 2'400 machines. Je vous remercie d'avoir débusqué mon erreur. Et je suis 16 fois plus inquiet quant à notre production d'électricité après la fermeture des centrales thermonucléaires !

Écrit par : Daetwyler | 14/06/2016

"au Mont-Crosin il y a 16 machines pour une puissance totale de 29,2 MW qui produisent quelque 50,5 GWh par an"

http://www.24heures.newsnetz.ch/vaud-regions/riviera-chablais/farettes-canton-augmente-production-hydroelectrique-4/story/12193825

Comparons:

L'usine des Farettes à Aigle a augmenté sa production de 70% pour produire 86 GWh (86 millions de kWh)donc une augmentation de 36 GWh pour un coût de 80 millions de francs sans aide des contribuables donc sans subvention.
Mais ce ne sont pas les mêmes GWh que ceux produits par une éolienne, lesquels nécessitent forcément une production parallèle lorsqu'il n'y a pas de vent.
En plus, contrairement au nucléaire et à l'éolien cette modernisation de l'usine des Farettes n'a suscité aucune opposition, aucun débat, aucun énervement. A tel point que l'on se demande franchement pour quelles raisons les Suisses ne défendent pas l'hydraulique en priorité.

Écrit par : Christian Favre | 14/06/2016

Ce qui ramène au commentaire de Jean-Pierre Jenni, auquel personne n'a répondu :

"Il y a un aspect de la question qui me semble surréaliste. On ne cesse de nous abreuver d'énergies propres, ''renouvelables'', alors qu'il semble impossible d'exploiter nos barrages. Y a t-il une énergie plus propre que l'énergie hydraulique? Laquelle permet de surcroît de stocker des kilowatts par turbinage aux heures creuses. Ou bien on nous prend pour des demeurés, ou bien on marche sur la tête."

Écrit par : Jean-Pierre Jenni | 09/06/2016

Écrit par : Géo | 15/06/2016

Une chose est sûre c'est qu'une majorité de journalistes, qui ont une peine folle à faire la différence en un kilowatt,kW (puissance) et un kilowattheure, kWh (énergie)sont sous l'emprise du lobby éolien qui matraque l'opinion à qui mieux mieux.
La réalité c'est que l'énergie hydraulique vaut le double du solaire et de l'éolien puisqu'elle n'a pas besoin, elle, de substitution météorologique.

Écrit par : Christian Favre | 15/06/2016

L'énergie électrique est précieuse et doit être utilisée à bon escient: la sobriété est également à l'agenda énergétique. Le remplacement d'un chauffage électrique direct par une pompe à chaleur représente une économie d'électricité de 75%: il y a encore 27'000 habitations avec chauffage électrique dans notre canton. Si on prend la peine d'isoler le bâtiment et d'y apposer quelques panneaux solaires thermiques, l'économie est encore plus grande.
Les aménagements hydrauliques de Linthal et Nant de Drance totalisent une puissance électrique de 2420 MW disponible en 10-15 minutes, soit le double de la puissance de Leibstadt (la plus récente mais 32 ans quand même). Ils permettent de stocker l'électricité excédentaire produite par le solaire photovoltaïque et l'éolien pour la restituer lors des creux de production. Le rendement du cycle pompage-turbinage atteint 80%.
Nous aurons besoin de toutes les sources d'énergie, y compris les économies d'énergie, pour remplacer le parc de centrales nucléaires suisses vieillissantes et coûteuses.

Écrit par : Francis Neirynck | 15/06/2016

"Nous aurons besoin de toutes les sources d'énergie"

Nous aurions surtout besoin des plus performantes, pour le moment l'hydraulique et le solaire thermique et non de l'éolien subventionné. A propos de l'éolien je rappelle ceci:
http://www.letemps.ch/suisse/2015/04/29/debacle-investissements-eoliens-refroidit-ardeurs-sig

Écrit par : Christian Favre | 15/06/2016

Le slogan prônant l'idée de promouvoir toutes les sources énergétiques est totalement contraire au principe de base de l'économie. Lorsqu' un constructeur conçoit un objet il a pour principe essentiel de choisir le meilleur qualité/prix dans les matériaux et composants. Autre exemple démontrant que chaque région possède une ou des sources préférentielles: l'Islande possède d'énormes ressources d'eau chaude qu'elle utilise dans la production électrique, donc l'Islande possède une source privilégiée que ne possède pas par exemple le Maroc ou là ce devrait être le solaire et l'éolien.
Et en Suisse que cela plaise ou non c'est pour l'instant l'hydraulique et le solaire.
D'autre part si on tient au slogan "toutes les sources" alors qu'on les mette à égalité question subvention.

* * *

Petite autocritique en passant:
J'ai critiqué les journalistes confondant souvent les unités kW et kWh, tout en montrant l'article de la journaliste Flavienne Wahli Di Matteo. L'article est parfait. Je trouve par contre que l'utilisation du "nombre de ménages" ne correspond pas à la réalité de ce que l'on cherche à couvrir et qui sont les 26 000 millions de kWh stables nucléaire.

http://www.24heures.newsnetz.ch/vaud-regions/riviera-chablais/farettes-canton-augmente-production-hydroelectrique-4/story/12193825

Écrit par : Christian Favre | 16/06/2016

@ Christian Favre. Il n'y a, hélas, pas que les journalistes qui mélangent kW et kWh, ou bien s'encoublent entre les méga, les giga et les téra. Même à Berne on erre. Des rapports, établis en 2004 (Meteonorm) par un bureau spécialisé et repris en 2012 par ce même bureau :
http://www.bafu.admin.ch/energie/15461/index.html?lang=fr
sur mandat de l'OFEV, donnent comme potentiel éolien théorique en Suisse le chiffre astronomique de 4'800'000 TWh/an, C'est écrit noir sur blanc ! Sachant que toute l'énergie reçue du Soleil en une année en Suisse est de l'ordre de 41'000 TWh, on se demande quelle est la machine thermodynamique qui fabrique tout ce vent. Et personne des spécialistes ne met le doigt sur ce chiffre incongru. Il n'y a que SuisseEole qui le brandit pour montrer qu'on ne va en prélever qu'une infime partie sans conséquence pour le climat. Voire !

Écrit par : Christophe de Reyff | 16/06/2016

Commentaire de Jean-Pierre Jenni
"Y a t-il une énergie plus propre que l'énergie hydraulique?"

Toute construction dans la nature dérange forcément. Imagine-t-on aujourd'hui la construction de nouveaux barrages ? Vu les procédures juridiques actuelles c'est impensable alors que si l'on songe à la disparition progressive des glaciers on se demande bien quoi d'autre qu'un barrage pour réguler une trombe d'eau dans un entonnoir que représente la vallée glacière. On se souvient aussi que le projet de construction d'une petite centrale dans une vallée des Grisons, a été repoussé par l'assemblée communale; la raison: un couple de gypaète aurait été dérangé (il n'est pas le seul à l'être....)
Justement à propos on se souvient également qu'à Payerne même un immense terrain a été couvert de panneaux solaires alors que dans ce canton on se plaint de la LAT. Le bon sens indique que ces panneaux ont leur place sur des toits plats ou leur production électrique est directement absorbée.
On sait d'autre part que les panneaux photovoltaïques sont fabriqués avec l'énergie du charbon avec toutes les conséquences néfastes que cela engendre et que le recyclage n'est pas si simple.
Par contre le solaire thermique, capable autant de produire du chauffage, de l'eau chaude et ...de l'électricité, est particulièrement propre.


@Jean-Pierre Jenny
"Laquelle permet de surcroît de stocker des kilowatts"

On ne peut pas stocker une puissance,kW, mais de l'énergie en kWh

@Christophe de Reyff

Il y aurait tout un débat à faire concernant l'OFEN mais ce n'est probablement pas l'endroit. Cependant vos remarques démontrent l'orientation de ces gens soumis au lobby éolien contre l'hydraulique.

Écrit par : Christian Favre | 17/06/2016

Il y a un très gros problème de crédibilité dans les chiffres proposés par les scientifiques dans les domaines qui touchent à la politique. Les journalistes avalent tout cru des énormités, qu'ils s'empressent de transmettre dans leurs canards boiteux. Le réchauffement climatique est devenu un sujet religieux avec ses dogmes : par ex, le niveau des mers se serait élevé de 20 cm depuis le début du 20ème siècle. Oui, mais quel est le niveau d'exactitude des mesures géodésiques en 1900 ? Tous les chiffres sont donnés sans leur marge d'erreur. Augmentation annuelle du niveau des océans : 5 mm. Marge d'erreur probable : 20 cm ?
L'argument phare des zélotes du réchauffement : l'érosion des côtes, îles océaniques ou continentales. Il y a de l'érosion partout, c'est un phénomène inhérent à toute l'interface terre-atmosphère. Les Alpes perdent 1mm par an. Dans un million d'années, c'est mille mètres...
Si certaines côtes sont davantage touchées, c'est probablement dû aux mêmes causes que les perturbations atmosphériques bien connues : persistance d'un anticyclone par-ci, El Niño par-là...
A propos d'El Niño ou oscillation australe : cela provoque des dépressions du niveau de la mer de l'ordre de la centaine de mètres et ses causes ne sont pas vraiment connues. Et cela veut nous faire croire à l'infaillibilité de leurs modèles...

Écrit par : Géo | 17/06/2016

Au niveau Suisse, nous avons bien assez de toitures pour du solaire et un potentiel acceptable pour l’éolien (voir divers estimations scientifiques -> recherche google). Ces deux formes d’énergies peuvent remplacer le nucléaire à un prix et risque moindres. L’éolien et le solaire sont déjà les énergies les plus rentables en Europe, ce que peu de gens savent. Les évolutions de coûts et de technologie sont bien plus rapides que le commun des mortels le pense.

Alors certes, nous n’allons pas remplacer une centrale nucléaire par 2-3 éoliennes mais si les écolos arrêtent de bloquer les projets renouvelables, si l’on enlève les complications administratives qui sont très couteuses et ralentissent les projets solaires, nous pouvons aisément remplacer le nucléaire par du solaire et de l’éolien. Vous ne me croyez pas? Allez consulter des comparaisons de LCOE des différentes formes de production d’énergie en Europe et vous vous rendrez vite compte… L’intermittence? Nous avons des capacités de stockage sous forme de pompage turbinage. Jusqu’à ce qu’on arrive à un niveau de pénétration du renouvelable conséquent, les prix du stockage décentralisé chuteront de manière drastique ces 3 prochaines années pour arriver à un point où un projet éolien avec stockage sera moins cher que le nucléaire (sans stockage c'est déjà 3-4 centimes moins cher que le nucléaire).

Dans la transition énergétique, ce ne sont pas les technologies qui sont en cause, mais les gens qui ne sont pas au courant et pire encore la propagande des écolos est un frein énorme au progrès vers une énergie sûre, propre et indigène. Au lieu d’importer du gaz d’Azerbaïdjan ou de l’uranium du Kazakhstan, pourquoi pas l’eau, le vent et le soleil suisse à un prix moindre et une sécurité incomparable?

Vous êtes écolos? alors démontrez le en votant pour de l’énergie renouvelable.

Écrit par : Marcel | 17/06/2016

@Marcel
Vous vous en prenez aux écolos alors que vous savez très bien qu'une majorité d'entre eux abonde dans vos propos, simplement ils sont divisés sur les éoliennes.

Comme vous l'indiquez l'éolien et le solaire nécessitent un stockage, or si vous le faites avec une installation de pompage-turbinage il s'agit alors non pas d'une production hydraulique mais d'une installation complémentaire augmentant le coût de l'éolien. Le pompage-turbinage seul ne produit aucun kWh.

http://www.drgoulu.com/2008/08/30/rentabilite-des-eoliennes/#.V2PNQRLbtzk
C'est malgré tout rassurant de constater ceci:

"A quelques kilomètres de Collonges, l’installation du Nant de Drance va produire 1500GWh par an, soit l’équivalent de 341 énormes éoliennes. L’installation coutera 700 millions de francs suisses, soit le prix de 140 éoliennes « seulement ». Elle produira donc du courant tout aussi propre, sans bruit et avec un impact minime sur le paysage, mais surtout à moins de la moitié du prix de l’éolienne… Et en plus, le Nant de Drance produira l’électricité quand on en aura besoin, pas seulement quand il y aura du vent."

Donc 341 éoliennes + énergie stable - conflits ...ça fait beaucoup

Je suis sûr cependant que l'on va une fois de plus se lamenter sur le coût de l'hydraulique trop cher.

Écrit par : Christian Favre | 17/06/2016

@ Marcel. Votre enthousiasme est à féliciter. Rapelons que la Suisse est déjà championne du monde en renouvelable, car son électricité est déjà à plus de 60% déjà renouvelable. Mais il y a plusieurs "mais" ! Remplacer la production annuelle de la centrale de Leibstadt (1,2 GW durant 8'000 heures et 9,6 TWh nets en 2015), ce sont 1'900 éoliennes comme celle de Martigny (2 MW et 4,9 GWh en 2015) ou 1'400 éoliennes comme celle de Charrat (3 MW et 6,7 GWh en 2015) à mettre en oeuvre ! Quant au stockage-turbinage : savez-vous que la Grande-Dixence a une capacité de 2 TWh avec une puissance de turbinage de 2 GW. Cela signifie qu'en 1'000 heures (40 jours) on aurait vidé le lac. Le Nant de Drance ? Six pompes-turbines de 150 MW, soit 0,9 GW et une capacité de production de 2,5 TWh. Il nous faudrait garantir un stockage saisonnier de surplus éolien et solaires produits en été pour assurer la demande électrique d'hiver. Combien ? En hiver notre consommation brute est de 34 TWh, dont 14 TWh sont assurée par le nucléaire. Au cas où celui-ci ferait défaut, il faudrait avoir de nouvelles capacités de stockage de 17,5 TWh pour assurer ces nécessaires 14 TWh (avec 80% de rendement de conversions pompage et turbinage), soit encore presque 9 fois Grande Dixence ou 7 fois Nant de Drance. Est-ce seulement réaliste ?

Écrit par : Christophe de Reyff | 17/06/2016

Une pression énorme en ce moment pour faire passer coûte que coûte les projets éoliens, délirants, en Suisse romande.
24Heures en profite pour laisser cette image de propagande à la une de son accueil WEB.(on se souvient que la RE fait partie de ses annonceurs partenaires. ceci explique cela?)
Tout le monde s'enthousiasme pour un mode de production marginal, intermittent, cher et qui pourrait bien nous apporter le prochain scandale sanitaire si le volontarisme des politiciens persiste. Relevé cette semaine cet article qui parlait de l'état du Valais qui sonnait l'alarme pour la survie de ses barrages. certaines installations pourraient être abandonnées et ne trouveraient pas repreneur, une fois les concessions échues, car trop chères! Il n'y a que moi que ça choque ou bien? On nous serine la transition énergétique en voulant hérisser les arrières pays. Les vrais nymbies sont bien les citadins de Genève et de Lausanne...des compagnies comme Alpiq qui mènent avant des projets combattus de partout et qui abandonnent leur barrages, ...Cette transition, ça devient n'importe quoi...Prix actuel sur le marché europpéen, environ 2-3cts le kwh. cout de l'hydraulique: 5-6 cts le kwh: trop cher on abandonne. Cout de l'éolien: plus de 20 cts, ça c'est cool et on hérisse le pays de machines.. Non mais ALLO QUOI....

Écrit par : Vent de Folie | 17/06/2016

Un mot encore concernant les chiffres des votations.
Certes 57 % ça impressionne plus le lecteur que de se pencher sur le détail. La votation de Vallorbe a été perdue pour 101 voix d'écart :((non+oui)/2)+1 .
Tout comme celle de Sainte-Croix cédait le pas au oui pour 70 voix. Dans les deux cas, la presse, 24H et les politiciens impliqués dans l'affaire, se sont saisis des chiffres pour présenter ce qu'ils ont qualifiés de plébiscite! Cet immense gag! Depuis quand 101 voix décident de la politique d'un canton? On a bien là un exemple de la manipulation de l'information pour faire avancer un concept politique mais surtout industriel...

Écrit par : Vent de Folie | 17/06/2016

"Il n'y a que moi que ça choque ou bien?" Faudrait lire les commentaires des autres, ça aide...

Écrit par : Géo | 17/06/2016

Ce n'est pas la première fois qu'un "vent de folie" frappe en Suisse. Dans les années 70 alors que la situation était hyper favorable à l'hydraulique et à l'arrivée du solaire, un matraquage inouï en faveur du nucléaire nous tombait dessus, en premier sur les ingénieurs des réseaux et producteurs d'électricité. On est tous tombés dans le piège, bien que de mon côté j'aie osé la question qui tue au grand manitou, à savoir si un débat aurait lieu ! Du coup tous le regards se sont tournés vers moi ! Un débat ? Quelle horreur...donc pas de débat, mais reconnaissons que dans ce cas précis il eut été difficile au peuple d'y comprendre quelque chose, le sujet étant hautement complexe.
Cependant ce qui se passe aujourd'hui avec l'éolien est de nouveau extrêmement démonstratif de la façon dont il est possible, en y mettant le prix, d'imposer tout ce que l'on veut à une population.
Si l'on se tourne du côté de Neuchâtel, je me souviens que le réseau neuchâtelois de l'époque des années 80, l'ENSA, possédait toute une structure de production hydraulique du côté de Fiesch en Valais. Seulement voilà, l'ENSA la vendue pour des raisons économiques. Donc les Neuchâtelois préfèrent une énergie subventionnée soi disant plus rentable ! Quelle farce. Les éoliennes qu'ils vont installer seront bien moins rentables que les usines hydrauliques qu'ils possédaient et fournissaient une énergie renouvelable stable. Mais encore une fois le subventionnement fausse tout.

Voyez ce projet et demandez-vous pour quelles raisons il est défavorisé par rapport à l'éolien.
http://www.sollertia.ch/project/palier-hydroelectrique-rhone-mbr/

Écrit par : Christian Favre | 18/06/2016

http://www.20min.ch/ro/news/monde/story/La-plus-haute-tour-solaire-du-monde-dans-le-d-sert-30235796

C'est un exemple de plus démontrant l'erreur que l'on commet en Suisse en voulant utiliser toutes les sources d'énergies renouvelables alors qu'en se focalisant essentiellement sur la plus rentable, l'hydraulique, nous pourrions accélérer considérablement la sortie du nucléaire.

Écrit par : Christian Favre | 19/06/2016

On mésestime beaucoup en Suisse la capacité de production du solaire thermique, alors que celui-ci est d'une simplicité "angélique", n'utilisant que des technologies éprouvées et peu coûteuses. De nombreuses personnes, dont un ami proche, se sont lancées dans "l'autoconstruction" de telles installations, avec des résultats convaincants. Des entreprises telles que Sebasol organisent même des cours à l'intention des "bricoleurs" voulant se lancer sur cette voie. L'installation de mon ami, qu'il a construite entièrement lui-même, est en fonction depuis une dizaine d'années et fournit plus de 60% des besoins de sa maison en eau chaude sanitaire, chauffage et machine à laver, avec un investissement réduit.

Écrit par : François Bercher | 19/06/2016

C'est aussi mon avis, je suis convaincu que le complément d'énergie renouvelable à l'hydraulique c'est le solaire. En fait le solaire thermique est la seule énergie dont un subventionnement n'est pas nuisible aux autres comme le sont le solaire photovoltaïque et l'éolien allemands pour notre hydraulique.
Le solaire thermique pourrait réduire la consommation d'électricité des chauffages électriques, comme en Valais.

Je vais quand même aller un peu dans le sens de Marcel à propos des écologistes et de leur attitude à la fois anti nucléaire et anti hydraulique. Cette attitude est en fait pro importation avec aussi de l'électricité produite par du charbon. Car lorsqu'on prétend à la fois remplacer les 26 milliards de kWh nucléaire puis couvrir le taux de progression dû, entre autres, par l'augmentation de la population, l'augmentation des cadences des trains ainsi que les véhicules électriques on ne le fait pas avec le solaire photovoltaïque et l'éolien.

Pour être précis dans mes griefs aux écologistes concernant l'hydraulique c'est de tout ramener à des situations existantes lorsqu'une rivière n'a plus le débit minimum, on l'a vu par exemple avec l'Orbe. C'est clair que les débits minimums doivent être absolument respectés, en cela leur attitude est à considérer. Pourtant tout le monde constate qu'une énorme quantité d'eau pourrait être turbinée sans provoquer des dégâts écologiques. Et là je ne suis absolument pas d'accord avec les organisations écologistes.

Écrit par : Christian Favre | 20/06/2016

Je me permets de signaler à tous les contributeurs de ce blog un livre roboratif et riche en enseignements et renseignements chiffrés également : "Dormez tranquilles jusqu'en 2100 et autres malentendus sur le climat et l'énergie" de Jean-Marc Jancovici, un fin connaisseur de la scène énergétique, médiateur sans pareil et auteur d'autres ouvrages remarquables et remarqués. Il rappelle, entre autres, une étude (2009) du MIT démontrant qu'une large utilisation de l'énergie éolienne contribuerait au réchauffement : si 10% de l'énergie mondiale annuelle était fournie par l'éolien en 2100, cela conduirait à augmenter la température au sol de 1 °C dans les zones concernées par les installations. Une autre étude (2011) de l'Institut Max Planck à Jena montre que l'extraction de l'énergie éolienne peut conduire à des effets similaires à ceux associés à un doublement de la teneur atmosphérique en CO2. Il faut aussi savoir que le potentiel éolien mondial extractible est de 68 TW, soit une énergie annuelle de 596'000 TWh. En pure règle de trois pour la Suisse, le chiffre serait de 48,25 TWh par an (les études Meteonorm donnent une valeur un peu plus élevée, entre 51,8 et 58,5 TWh/an). Si on extrait un jour 10% de ce potentiel (la "Stratégie énergétique 2050" prévoit précisément 4,3 TWh/an pour l'éolien en Suisse en 2050, soit l'équivalent de la production annuelle de 818 éoliennes de 3 MWc chacune et avec un facteur de charge moyen de 20% !), on doit s'attendre à un réchauffement. L'éolien n'est donc pas anodin pour l'environnement, qu'on se le dise !

Écrit par : Christophe de Reyff | 21/06/2016

Et il explique par quels processus l'éolien participerait au réchauffement ?

Écrit par : Géo | 21/06/2016

Bien entendu ! En un mot : s'il y a moins de vents, il y a moins de refroidissement du sol.

Écrit par : Christophe de Reyff | 21/06/2016

Oui mais "cela conduirait à augmenter la température au sol de 1 °C dans les zones concernées par les installations" et parler de réchauffement...
Quand on parle de réchauffement, on donne à penser à réchauffement climatique au niveau de la planète, pas au niveau du Brasssus...

Écrit par : Géo | 21/06/2016

Je crois vraiment que c'est le dernier argument que j'utiliserais pour démontrer que l'éolien n'a pas droit à un tel engagement idéologique et financier dans un pays comme la Suisse.
Je ne suis d'ailleurs pas du tout anti éolien lorsque il est avéré que dans une situation donnée, il s'agit de la seule énergie à considérer. Par exemple les sommets du Jura sont particulièrement adaptés pour la complémentarité éolien-solaire comme le Mont Tendre ou le Chasseron. Le restaurant du Chasseron pourrait sans problème être autonome en énergie avec une éolienne...mais manifestement on préfère le diesel. En tout cas je n'ai pas aperçu d'éolienne sur google maps mais peut-être que je me trompe, si quelqu'un en sait plus je suis amateur.

Non, le couple solaire-éolien subventionné avec la complicité des écologistes, nous bousille l'hydraulique, seule énergie capable en Suisse de supplanter le nucléaire avec le solaire en appui. puis d'autres comme la géothermie, la biomasse, la pyrolyse du bois etc.

Il en ou ce projet ?

https://infoscience.epfl.ch/record/162408/files/2010-746-Muller-Bieri-Boillat-Schleiss-Barrage_de_lavey.pdf

Écrit par : Christian Favre | 21/06/2016

On imaginerait que les politiciens et les journalistes, enfin tout ce monde qui influence l'opinion, que ces gens donc se réfèrent à l'avis d'un professeur à l'EPFL spécialiste en la question. Manifestement ces gens prennent leur avis ailleurs...où ?

En tout cas voici la réponse d'un de ces professeurs et vous remarquerez qu'elle correspond point par point à ce que j'ai exprimé.

"Actuellement la rentabilité de l'hydraulique en Suisse est surtout menacée par les subventions massives des éoliennes et du solaire ainsi que le charbon en Allemagne, ce qui fait chuter les prix d’électricité sur le marché de ce spot et positionne l’hydraulique à la 4ième place dans le « merit order ». Le problème est donc surtout à l’étranger et moins en Suisse puisque les éoliennes ainsi que le solaire auront un impact relativement faible sur notre approvisionnement. Mais le mieux sera d’arrêter toute subvention et ensuite l’hydraulique sera sans doute la solution la plus rentable."

Écrit par : Christian Favre | 22/06/2016

Pourquoi ne pas citer le nom de ce professeur ? Cela dit, on a entendu Darbellay, alors président du PDC, faire des déclarations dans le même sens. Ce débat est loin d'être transparent. Entre les intérêts des pro-nucléaires, des pro-éoliens et des producteurs de charbon, il y a place à beaucoup de confusions...

Écrit par : Géo | 22/06/2016

Il y a eu du temps de Leuenberger à la tête du DETEC une volonté de favoriser les énergies renouvelables à l'exception de l'hydraulique qui avait le défaut d'être, comme le nucléaire, une énergie au service des puissants électriciens. Le subventionnement reste en économie, une façon d'empêcher que le meilleur gagne, on le voit effectivement avec ce qui nous intéresse.

Écrit par : Christian Favre | 22/06/2016

Je ne sais pas si un franc investit dans l'éolien est un franc bien investit.

Je pense qu'il faut ôter les lunettes des promoteurs et réfléchir consommateur, par exemple investir ce franc dans un système qui économise l'électricité.

C'est con-con j'en conviens, mais l'électricité qu'on économise n'a pas besoin d'être produite.

Par exemple le réseaux de distribution d'électricité perd 7% d'énergie, le faire évoluer serait une direction à suivre. Mais nous sommes dans le cas de l'immeuble mal isolé, le propriétaire s'en fout ce sont les locataires qui paient les charges.

Écrit par : Brand Pierre | 23/06/2016

En effet 7% n'est pas négligeable. En 2015 cela a fait en Suisse 4,38 TWh (presque la moitié de la production de Leibstadt !) "bêtement" dissipés par effet Joule classique et par effet Kelvin de rayonnement électromagnétique des lignes à haute tension à courant alternatif. Il y aurait deux remèdes : on peut supprimer le second effet en transportant du courant continu et non plus alternatif ou en remplaçant les câbles compacts par des câbles-tuyaux. Dans le cas du courant continu, il faut prévoir en entrée et en sortie de ligne, d'un côté un redresseur et de l'autre un onduleur puisque aussi bien la production d'électricité que sa consommation se font en courant alternatif. Ces deux dispositifs sont aussi la cause de pertes de transformation. On a pu démontrer que pour des lignes d'au moins quelques centaines de km, le jeu en valait la chandelle. Cette technique est mise en œuvre pour relier les éoliennes en pleine mer au continent. En Suisse les lignes sont en général trop courtes pour gagner quoi que ce soit en transportant du courant continu.

Ces pertes de transformation existent aussi dans le pompage-turbinage (au moins 20% de pertes pour l'ensemble des deux opérations ; ci dessus on a montré qu'il faudrait stocker 17,5 TWh par pompage en été pour en retrouver 14 TWh par turbinage en hiver), ainsi que dans la transformation de l'eau par électrolyse en hydrogène (un gaz transportable par tuyau ou transformable en un liquide facilement transportable ou stockable à température ambiante comme le méthanol ou l'acide formique ou le cyclohexane) et ensuite production d'électricité par piles à combustible. Là, les pertes cumulées des deux opérations sont encore plus grandes. Toute transformation d'énergie se paye aussi en énergie !

Le deuxième remède sera d'avoir des lignes de transport enterrées faites de matériaux supraconducteurs, donc n'ayant plus de résistance. La technologie existe maintenant pour des températures encore au-dessous de -100 °C, mais il n'y a pas encore de supraconducteurs à température ambiante. On ne sait pas s'il existera un tel matériau, mais aucune loi physique connue n'interdit par principe un supraconducteur à température ambiante.

Écrit par : Christophe de Reyff | 24/06/2016

Oui mais les pertes en ligne font partie de la technique de distribution en électricité alors on peut et on doit les diminuer dans la mesure du possible et là encore il s'agit d'un calcul de rentabilité. Mais c'est bien d'en parler. Il y a déjà quelques années j'ai fait une petite étude sur l'influence du niveau basse tension (230V) sur la consommation. Déjà il faut dissocier l'amenée du 230V depuis la sous-station et dans ce cas plus la tension est élevée moins il y a de pertes, c'est le distributeur qui en profite, d'où le passage en 1995 de 220V à 230V. Par contre dès que le 230V agit en consommation, donc à l'intérieur des bâtiments, c'est exactement le contraire, plus la tension est élevée plus il y a de pertes payées par le consommateur.
Il y a bien sûr une tolérance

jusqu'à 1995 : 220 +/- 10%
depuis 1995 : 230+ 6% -10%
dès 2003 : 230 +/- 10%

Pourquoi ce passage de 6 à 10% qui augmente le gaspillage chez le consommateur ? Par simple adaptation aux normes CE. Lorsqu'on fait remarquer à l'OFEN que cela ne va pas dans les économies on m'a répondu que cela n'avait aucune influence !

Il faut tout de même relever que +10% cela donne une tension de 230 + 23 = 253V alors qu'aucun appareil n'est livré avec une tension de plus de 240V.

Donc voici un seul exemple, de surconsommation inutile avec un circulateur d'eau:


230V puissance consommée: 71,7 W
+ 5% 241,5V puissance consommée: 77,8 W
+ 10% 253V puissance consommée: 84,7 W

En prenant que le 5% cela donne donc 77,8 - 71,7 = 6,1W par 24h: 146,4Wh et pour une demi-année 26,7 kWh et pour 1000 bâtiments: 26718 kWh donc comme on aime parler en ménages, cela donne 26718 / 4000 = environ 10 ménages !
Je n'ai pris que 1000 bâtiments et cette surconsommation concerne d'autres moteurs comme la ventilation, les machines, les ascenseurs etc.

Où la diminution de consommation fut spectaculaire c'est dans l'éclairage avec la pose d'un régulateur par exemple

gare de triage à Milan: économie 44,6% soit 247'000 kWh

En fait cette question devrait faire l'objet d'une sérieuse étude qui pourrait dans sa conclusion proposer l'installation généralisée de régulateurs de tensions à l'entrée d'un bâtiment. C'est clair que toute diminution de consommation entraîne des pertes chez le fournisseur dès lors on peut tout à fait envisager une augmentation de tarif pour les compenser. Pour le client il n' aurait aucun changement dans la facture, par contre des économies dans la durée de vie des appareils, leds comprises. Il faut toutefois noter que la technologie a évolué et que des appareils modernes peuvent admettre une tension plus élevée sans surconsommation. J'ai remarqué par exemple que les lampes fluorescentes dites économiques, restaient stables en puissance.

Pour rester dans la question des économies on constate que les leds sont devenues rapidement très performantes ! Economies ? Quelqu'un m'a fait remarquer: tu as vu la quantité de leds que les gens installent ?

Écrit par : Christian Favre | 24/06/2016

L’analyse de Mme Claudine Amstein manque du réalisme et de la lucidité que l’on pourrait attendre de l’économie et de sa chambre de commerce. Sur le fond : en matière de production d’électricité, comme en matière de production agricole, il y a une idée générale propagée par une certaine écologie politique, qui peut faire rêver, qui a un certain succès dans l’opinion publique, mais qui est irréaliste. Cette idée générale est la suivante : dans le cas de l’agriculture le développement des jardins potagers nous permettrait de nous passer des agriculteurs, des chaînes de distribution et même des petites épiceries. Je crois que l’opinion publique ne se laisse pas avoir : elle sait qu’un jardin potager c’est bien, mais de là à remplacer l’agriculture et tout ce qui va avec, elle garde les pieds sur terre. Par contre, une idée analogue fait miroiter que les éoliennes de village et les panneaux solaires sur nos toits pourraient être les jardins potagers de l’électricité qui nous libéreraient des électriciens, de leurs centrales et de leurs réseaux de lignes. Or c’est du rêve entretenu à la fois par un manque de bonne information et beaucoup de désinformation. La CVCI ne devrait pas cautionner ce rêve. Pour vérifier, il faut pas mal de compétences qu’il s’agit d’aller chercher auprès de relais scientifiques des hautes écoles et de l’industrie. Christian Favre a raison de plaider pour une meilleure écoute de professeurs de l’EPFL par exemple. Et encore avec prudence : on a vu des professeur qui cherchent et enseignent dans le domaine des cleantechs, avoir des position intéressées et s'écarter d'une analyse scientifique objective. De fait, dans un domaine où les décisions devraient s’appuyer sur des connaissances scientifiques saines, il faut constater que la transition énergétique du Conseil fédéral s’écarte gravement des réalités scientifiques. Il y a sur ce point un problème particulier de l’administration fédérale (OFEN), dont la position a dérivé depuis plusieurs années (l’époque Leuenberger) vers un certain militantisme politique et un manque de rigueur scientifique.

Il est réjouissant de voir que l’analyse de Mme Amstein a suscité une abondance de commentaires soulevant de très bonnes questions et/ou fournissant des infos intéressantes. La CVCI devrait, par ses relais dans l’industrie et dans les hautes écoles, fournir une analyse plus élaborée et plus proche des réalités scientifiques.

Écrit par : Jean-François Dupont | 25/06/2016

@Christian Favre
Vous dites : « Dans les années 70 alors que la situation était hyper favorable à l'hydraulique et à l'arrivée du solaire, un matraquage inouï en faveur du nucléaire nous tombait dessus, en premier sur les ingénieurs des réseaux et producteurs d'électricité. »
La réalité : dans les années 60, l’hydraulique étant pratiquement épuisée, les électriciens avaient le choix entre le mazout et le nucléaire. Les projets de Mühleberg et de Beznau étaient au mazout, comme Chavalon. En 1963, le Conseiller fédéral (socialiste) Willy Spühler, lors d’une Assemblée générale de l’UCS (Union des centrales suisses d’électricité) à Sion avait recommandé aux électriciens de sauter l’étape mazout et de passer directement au nucléaire. Les électriciens, étaient réticents alors sur le nucléaire parce qu'il y avait trop peu de centrales en service dans le monde pour avoir une idée précise du prix de revient réel. Ils ont suivi cette recommandation, pratiquement à leur corps défendant. C’était avec le recul une décision politique visionnaire.
La construction de Chavalon était trop avancée pour renoncer. Elle fut donc terminée au mazout. Les projets de Mühleberg et de Beznau ont été réalisés en passant au nucléaire. Chavalon a déclassée économiquement dès 1990 et maintenue comme réserve, puis finalement mis hors service en 1999. Pendant que les exploitants de Mühleberg et de Beznau faisaient de bonnes affaires et se félicitaient de prolonger aussi longtemps que possibles des centrales restées rentables. Leur prix de revient est même inférieur à la moyenne de l’hydraulique.

Les grands barrages ont été touchés avant le nucléaire par la chute des prix à la bourse européenne de l’électricité. Ce problème est lié à la politique de Transition énergétique et à son subventionnement massif de l’éolien et du solaire. Mais pas seulement. Il y a aussi en cause une ouverture du marché de l’électricité qui manque de certains garde-fous.

Écrit par : Jean-François Dupont | 26/06/2016

@Jean-François Dupont

Merci pour vos commentaires. La CVCI a pour vocation de défendre les intérêts des entreprises. Le but de ces dernières n'est pas d'opposer une source d'énergie à une autre, mais de s'assurer que l'approvisionnement soit assuré, à un prix concurrentiel. La transition énergétique étant engagée, il s'agit de l'aménager de manière à ce que l'économie ne soit pas lésée. A ce titre, l'ouverture du marché a permis à nos industries de pouvoir s'approvisionner en électricité à un coût compétitif. Le maintien de ce marché ouvert pour les grands consommateurs – et même son extension à toutes les PME, pour des raisons d'égalité de traitement - est d'autant plus essentiel aujourd'hui, dans le contexte du franc fort.

Cinq ans après son lancement, la question de la transition énergétique suscite un important débat, comme le reflète les commentaires apportés sur ce blog. Merci pour toutes les contributions, qui sont maintenant fermées pour ce billet.

Écrit par : Claudine Amstein | 27/06/2016

Les commentaires sont fermés.