29/06/2016

Brexit: la Suisse a de l'avance sur la Grande-Bretagne. Profitons-en!

La Grande-Bretagne a tranché… la Suisse politique peut et doit maintenant passer à l'action. Il ne reste que quelques mois pour finaliser une solution qui permette à la fois de sauvegarder les Bilatérales et d'appliquer l'initiative "contre l'immigration de masse". La meilleure voie à suivre réside dans un contre-projet opposé à l'initiative Rasa (qui demande d'abroger l'article constitutionnel voté le 9 février 2014).

Cette option n'a que des avantages. Elle permettra tout d'abord aux Suisses de préciser leur choix, de manière démocratique. Lors de leur vote, il y a deux ans, les citoyens ne se sont pas prononcés sur les Bilatérales – que les initiants, pendant la campagne, ont toujours affirmé soutenir. Ils se sont prononcés sur l'immigration.

Les sondages montrent que l'attachement de nos concitoyens aux accords passés avec l'Union européenne est plus important qu'une application rigide et économiquement nuisible de l'initiative. Un contre-projet permettra d'apporter des solutions flexibles, qui tiennent compte des préoccupations de la population concernant l'afflux de main-d'œuvre étrangère, mais également de leur volonté de préserver une Suisse prospère. Une Suisse qui s'est bâtie sur son ouverture en gagnant un franc sur deux à l'étranger.

L'initiative Rasa, qui doit de toute façon être soumise à votation à moins que ses promoteurs ne décident de la retirer, nous fournit une excellente occasion de trouver une solution consensuelle. Il en va de la responsabilité de chacun d'y aboutir.

Aucun intérêt à faire cavalier seul

Dans le contexte déprimé de cet après-Brexit, n'oublions pas que la Suisse part avec un net avantage sur les Britanniques dans les négociations à venir. Nos accords bilatéraux sont déjà place. Ils nous garantissent un plein accès au marché européen pour l'industrie… Il ne tient qu'à nous de les maintenir. Londres doit en revanche tout réinventer, alors que le pays n'a jamais été aussi divisé depuis des siècles et que les partis et le gouvernement doivent faire table rase, sans leader capable (du moins à ce stade) de rassembler l'ensemble de la nation.

La Suisse n'a aucun intérêt à se lancer dans une application unilatérale de l'initiative du 9 février 2014, car elle pourrait conduire, dans le pire des cas à une dénonciation de l'ensemble des accords bilatéraux. Au minimum à des mesures de rétorsion imprévisibles, durables et désagréables, c'est-à-dire à une insécurité du droit qui serait le parfait contraire de la "marque suisse".

Qui pourrait souhaiter cela, alors que le franc fort pénalise déjà notre économie depuis des années? Ce souci permanent de la stabilité, de la sécurité et de la prévisibilité est ce qui nous rassemble, de Genève à St-Gall. Ces ingrédients sont la recette du succès suisse. L'incertitude liée au vote du 9 février 2014 n'a que trop duré, nous ne pouvons plus esquiver le débat. En clarifiant rapidement la situation, nous accentuerons notre longueur d'avance sur la Grande-Bretagne!

Commentaires

" La meilleure voie à suivre réside dans un contre-projet opposé à l'initiative Rasa (qui demande d'abroger l'article constitutionnel voté le 9 février 2014). "

Je pense toujours que le résultat de la votation du 9 février était une erreur. Mais j'estime que ce qui à été voté loyalement ne doit pas être abrogé de cette façon pour proposer ce contre-projet. Si l'on veut vraiment respecter les règles du jeu démocratique pour l'avenir du pays et surtout pour ne pas faire le lit des partis populistes ou d'extrême droites; n'est-il pas mieux et plus légitime de proposer ce contre-projet devant le peuple suite à une récolte de 100'000 signatures en tant initiative populaire?

D.J

D.J

Écrit par : D.J | 29/06/2016

Il ne faut en aucun cas se poser en rivaux de la GB mais bien au contraire renforcer le camp des non-UE. L'UE, en raison de sa faiblesse bien visible de tous, adopte une position ultra-arrogante. Il s'agit de punir les insoumis. En renforçant leur camp (AELE...), les états non-UE ne trouveront peut-être plus systématiquement la porte de Junker fermée, comme c'est le cas pour la Suisse ces temps...

Écrit par : Géo | 30/06/2016

L' Europe va s' effondrer d' un pied ou de l' autre.
La question qui se pose c' est de savoir si nous allons continuer de "collaborer" avec cette dictature larvée ou respecter les choix démocratiques de la population.
Allons-nous donner raison à monsieur junker qui dit "qu' il ne peut y avoir de choix démocratiques contre l' europe?"

Écrit par : A:R | 30/06/2016

@Géo
"bien au contraire renforcer le camp des non-UE"
L'AELE même avec l'Angleterre ne peut être comparé à l'UE. L'AELE n'a pas la puissance économique de l'UE.
L'Angleterre, tel la Suisse et la Norvège, voudra des lien fort avec l'UE parce que son économie en dépend. Et c'est parce que son économie en dépend, qu'au final, l'Angleterre mangera dans la main de l'UE.

L'Angleterre a perdu encore plus dans le monde diplomatique. Elle n'a plus d'influence sur l'Europe. Et lors de rencontres diplomatiques importantes à travers le monde, l'Angleterre ne sera pas invité. Ses intérêts seront péjorés

L'AELE n'a pas défendu la Suisse contre les attaques américaines.
L'AELE n'aura pas pour but de défendre les intérêts anglais.
C'est une organisation purement économique, pas politique.

S'attaquer à un pays de l'UE, c'est s'attaquer à l'ensemble de l'UE. Donc même les USA, préfère la négociation avec l'UE plutôt que d'exercer une pression comme celle subit par la Suisse.

Paradoxalement, cette sortie a renforcé l'UE. Il a fait comprendre que dans ce monde, les petits suivent et les puissances dictent leur lois.

L'Angleterre fait partie des petits maintenant. Théoriquement l'Angleterre est plus indépendante, dans la réalité, elle a perdu de son influence, de l'indépendance.

En résumé, le Brexit c'est une victoire à la Pyrrhus

Écrit par : motus | 01/07/2016

motus@ Il faut nuancer. C'est pour éviter ceci :
"Et c'est parce que son économie en dépend, qu'au final, l'Angleterre mangera dans la main de l'UE."
que l'Angleterre (et la Suisse) aurait intérêt à trouver des appuis extérieurs à l'UE. C'est une victoire à la Pyrrhus, certes, mais une victoire tout de même. Vous êtes trop optimiste (sous l'effet des médias qui sont à 99.99% des zélateurs de l'Empire franco-allemand) pour l'UE. Cette victoire des conservateurs en lutte contre l'internationalisme forcené donne du courage aux autres opposants en Europe.
Sur l'économie, j'ai un point de vue de géologue, habitué au fait que nous sommes au quaternaire et non au primaire. Il y a déjà eu un certain nombre d'extinctions de masse. Nous nous intoxiquons des excès de tout. Les traders ne toucheront peut-être plus des boni de millions de livres chaque année et les produits de luxe vont en pâtir. C'est déjà le cas pour l'horlogerie suisse. Ce n'est pas mon job, mais cela fait des années que je me fais du souci pour cette branche. J'ai un proche qui dirigeait une petite boîte, la montre bas de gamme à 80'000 balles. Il a démissionné il y a quelques mois, il a eu bien raison. Quoi de plus aléatoire économiquement parlant que ces joujoux de luxe qui n'ont aucune autre fonction que de détourner de l'argent, corrompre ou au mieux, frimer ? Sur l'introduction massive de main d'oeuvre, condition sine qua non des relations avec l'UE qui ressemble au gavage des oies, cela me fait penser au système de Ponzi - le jeu de l'avion, si vous voulez - : il faut toujours plus de gens pour payer les rentes de ceux qui sont à la retraite. Et c'est sans fin jusqu'à ce que le système s'effondre...
Alors vive les victoires à la Pyrrhus, c'est tout ça de gagné...

Écrit par : Géo | 01/07/2016

...et maintenant c'est l'invalidation de l'élection présidentielle en Autriche. Gentillement et surement nous allons bien voir qui sont les tricheurs et les malhonnêtes. Il suffira plus de l'asséné toutes les demi-heures pour que cela devienne une vérité!

L'AELE est parfaitement capable de se transformer et d'ouvrir un -contre-feu- à l'UE. Pas difficile, vu le contexte, de présumer que de nombreux pays européens viendront grossir l'AELE. D'ici quelques années, nous aurons enfin une communauté juridique et politique européenne qui respectera les pays, les souverainetés et les peuples, tout comme une juste capacité à commercer ensemble.....comme avant quoi!

Écrit par : Corélande | 01/07/2016

C'est ça, comme avant, sachant que les peuples des nations européennes ont bien compris la leçon de la guerre mondiale a et b, 14-18 et 39-45 sans que cela nécessite de supprimer les nations. La nation est déjà un ensemble qui aurait tendance à écraser le citoyen - et qui l'a fait durant ces guerres...-, mais alors l'Empire...

Les fantasmes de paix des européistes passent sur le fait qu'une fois que les Carolingiens et les Lotharingiens se seront arrogé tout le pouvoir sur le continent, ils voudront s'affronter inévitablement aux autres empires. Russie, Chine, etc, etc...
Ils le font déjà sous couvert de l'OTAN.

Écrit par : Géo | 01/07/2016

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