UA-64206590-2 UA-101278801-1

17/08/2016

L'initiative AVSplus à contre-courant des réalités

Notre système de retraite a besoin d'être consolidé. Aujourd'hui déjà, l'AVS puise dans ses réserves pour payer les rentes. La situation n'est pas meilleure pour la prévoyance professionnelle, les actifs finançant en partie les retraités, alors que le système est en principe basé sur la capitalisation. C'est au niveau de ces deux piliers qu'il faut agir, afin de rééquilibrer les comptes… L'initiative AVSplus, soumise à votation le 25 septembre prochain, propose tout le contraire: augmenter les dépenses!

La population suisse vieillit. En moyenne, le temps passé à la retraite s'étend d'année en année grâce à l'allongement de l'espérance de vie. Le nombre de cotisants à l'AVS finançant un rentier régresse constamment: on comptait 6,5 actifs pour un retraité en 1948, mais plus que 3,5 en 2010. Selon les projections, les "payeurs" ne seront plus que 2,3 dans une quinzaine d'années. Berne a calculé que si nous ne procédons pas à une réforme rapide, l'AVS sera confrontée à un déficit annuel de l'ordre de 8 milliards de francs à l'horizon 2030. Ce n'est pas tenable.

En demandant une hausse de 10% des rentes AVS de tous les retraités, l'initiative AVSplus de l'Union syndicale suisse (USS) ne tient absolument pas compte de ces perspectives. Elle n'apporte pas davantage de réponse au défi – à l'heureux défi – posé par une population qui vit toujours plus longtemps. Cette problématique nous force aujourd'hui déjà à trouver de nouvelles ressources financières (et donc probablement une hausse des prélèvements salariaux et/ou de la TVA) et à procéder à de nouveaux aménagements de notre système fondé sur trois piliers.

S'accorder une augmentation d'une telle ampleur dans un tel contexte ne serait pas responsable. Ce serait d'autant moins sensé que la mesure n'aiderait même pas les retraités qui en ont le plus besoin, soit ceux qui disposent des plus petites rentes. De nombreux bénéficiaires de prestations complémentaires (PC) perdraient en effet leur droit à ces aides, subissant  au passage une augmentation d'impôts, les PC n'y étant pas soumises alors que les rentes AVS le sont…

Cette initiative est contre-productive. Elle ne ferait qu'accentuer les déséquilibres actuels. NON à AVSplus le 25 septembre!

Commentaires

On a trouvé de l'argent à rallonge pour l'asile, sorti d'un chapeau magique. On paie 6 milliards par an pour les coûts totaux de l'asile et l'aide au développement. On devrait donc pouvoir trouver quelque chose pour nos vieux dans ce chapeau. Non?

Écrit par : Guy De Troyes | 18/08/2016

Il va bien falloir dire la vérité aux baby-boomers. Avec l'allongement de l'espérance de vie, l'âge de la retraite ne peut pas être maintenu à 65 ans. Pour équilibrer durablement les comptes AVS avec la pyramide des âges actuelle et future, il faudra graduellement relever celui-ci à 70 ans tout en continuant à aider les familles avec enfants. La hausse des prélèvements salariaux et de la TVA ne seraient que des emplâtres sur une jambe de bois qui diminueraient la compétitivité de la Suisse.

Écrit par : Francis Neirynck | 18/08/2016

Quel débat sans fin et surtout hypocrite. Les prestations AVS n'ont pas à être augmentées. En revanche, certains prélèvements fiscaux - notamment ceux taxant des valeurs virtuelles (fortune, revenu locatif) - pourraient être adoucis.
Lorsque la rente AVS d'un retraité ayant commis l'erreur fatale de faire tout juste pendant toute sa vie ne sert qu'à payer l'impôt, on peut vraiment se demander si le système n'a pas mal à la patte.

Écrit par : Jean-Pierre Jenni | 18/08/2016

C'est OUI à AVS-plus car les rentes AVS uniquement, sont vraiment trop faibles au regard de ce que les gens ont cotisé LEUR VIE DURANT!
Et stop à votre hypocrisie crasse, ce n'est pas -seulement et de loin- l'allongement de vie des baby-boomers qui pose problème, c'est SURTOUT le manque de cotisants depuis 18 ans qui manque dans le tube de l'alimentation du fonds.

Regardez bien tous ces jeunes qui ne commencent à cotiser que depuis 25-30 ans! Etudiants à rallonge = 10 années de cotisations doubles (employé-employeur) manquantes. Entre-deux combien d'années sabbatiques, voyages et autres abus Eurasmus pour prendre du bon temps!

D'autre part, regardez de près aussi tous ces employés frontaliers et autres migrants voire réfugiés qui vivent avec nos -standards- (AI qui puise dans le fonds AVS par une créance sans limite) et qui n'ont jamais cotisés et ne cotiseront jamais quasiment ou très tard et en tout cas pas 44 années pour des rentes complètes.

Cela mène tout ce beau nouveau monde à 70-75 ans au regard actuel de ce que les retraités d'aujourd'hui ont payés et cotisés pour recevoir des rentes de misères; rien qu'en rapport avec ce que l'on offre gracieusement aux nouveaux arrivants. Ce sera donc OUI pour le respect dû, OUI pour le juste retour, OUI pour la nécessaire prise de conscience du devoir de solidarité communautaire des 20-30 ans!

Dès lors, en plus d'une augmentation de la TVA, des cotisations EMPLOYEURS-employés (employeurs en gros, car ils savent assez actuellement s'engraisser sur le dos des caisses chômage qui paient les chômeurs, alors qu'eux emploient des frontaliers moins onéreux) il faudra aller chercher des minimaux de cotisations dès 18 ans nettement plus importants que maintenant, puisque un très grand nombre estime qu'il peut -profiter tout de suite- et se foutre royalement du devoir de soutien financier des cycles générationnels.

Écrit par : Corélande | 20/08/2016

Les commentaires sont fermés.