UA-64206590-2 UA-101278801-1

14/09/2016

AVSplus, NON à une initiative du passé!

L'initiative AVSplus mettrait à mal la solidarité entre les générations. Les ménages les plus fragilisés économiquement aujourd'hui sont souvent des familles monoparentales ou avec plusieurs enfants. Donc les salariés, selon l'Office fédéral de la statistique… Et ce sont ces salariés qui devraient financer, selon le texte soumis à votation le 25 septembre, la hausse de 10% octroyée à tous les rentiers. C'est donc un non-sens de leur demander de passer à la caisse.

AVSplus n'est pas ciblée. Censément venir en aide à une minorité de retraités, le texte sort l'arrosoir: à chacun la même augmentation. Peu importe le niveau de revenu réel. Je le disais dans un récent blog, il y aurait en outre aussi des conséquences indésirables pour des milliers de retraités bénéficiaires de prestations complémentaires (PC). Ces personnes se retrouveraient plus pauvres qu'avant, perdant le droit à des aides pour l'assurance-maladie et au financement des soins.

Les initiants prétendent aider en particulier les femmes, qui ont très souvent moins cotisé que les hommes durant leur vie active. Mais AVSplus pèsera sur les femmes et les couples actifs d'aujourd'hui, qui auraient au contraire besoin de soutien, notamment en matière de structure d'accueil des enfants. C'est là qu'il faut agir et non accorder des hausses tous azimuts qui coûteront 4 milliards de francs par an, une somme qui sera ponctionnée en partie sur les salaires. Avec son gaspillage à grande échelle, l'initiative ne met pas l'accent sur les bonnes priorités et c'est en cela qu'elle est une initiative du passé.

Ne pas jouer les jeunes contre les seniors

Ce n'est pas en jouant une génération contre une autre que l'on apporte des solutions durables à l'AVS. L'effort doit être équilibré alors que cette initiative se contente de faire supporter un lourd fardeau supplémentaire aux jeunes et aux entreprises d'aujourd'hui.

Notre système de prévoyance basé sur trois piliers a fait ses preuves. Beaucoup de pays le considèrent comme un modèle. En mettant l'accent sur la seule AVS, la gauche affaiblirait ce système, qui repose en partie sur l'épargne personnelle. Une épargne personnelle qui sera plus difficile à constituer si l'on augmente les prélèvements pour le 1er pilier.

Déjà déficitaire actuellement, la prévoyance a besoin d'une consolidation (qui elle-même implique déjà un financement supplémentaire). Or ce projet va exactement dans le sens contraire, détricotant le délicat équilibre en AVS, 2e pilier et épargne personnelle. Pour maintenir un système de retraite juste et équitablement solidaire, un NON s'impose le 25 septembre

Commentaires

Les familles monoparentales les plus fragilisées ont droit à l'aide sociale; celle-ci payée par les impôts. Elles ont droit aussi aux subventions pour tous et cela représente un beau montant.

Ce n'est de loin pas le cas des Retraités, ceux qui ont travaillé depuis l'âge de 16-18 ans et qui aujourd'hui pour beaucoup encore n'ont pas de deuxième pilier et paient en plein leurs assurances maladie qui correspond facilement à 20% de leur revenu.

Un point de TVA ce n'est pas la mer à boire, cela d'autant que les bénéficiaires de ce plus 10% consommeraient un peu plus et 0,4 % pour les patrons et employés, déduits reviendraient quasiment au même montant imposable.

Ceux qui paieront plus avec l'effet de levier se sont les plus aisés des rentiers; avec 2ème et 3ème pilier. Se sont déjà ceux qui avaient les meilleurs revenus tout au long de leur vie active, alors c'est peu redistribuer à l'ensemble des retraités les plus démunis.

Le système de toute manière devra être revu de fond en comble dès lors que les jeunes d'aujourd'hui rentrent assez tard (25-30 ans) dans le paiement des cotisations; because Erasmus et autres années sabbatiques avant d'entrer réellement dans la vie active.
Ce qui d'ailleurs profitent largement aux employeurs qui eux s'appuient sur des stages en tous genres et de fait ne paient pas non plus de cotisations pendant pas mal d'années.

Écrit par : Corélande | 14/09/2016

@Corélande
Merci pour votre commentaire. Mais je maintiens mon analyse car:
- Les subventions aux familles monoparentales devraient être accrues si on leur ponctionnait davantage sur les salaires (cela augmenterait parallèlement les impôts des autres contribuables, en plus...)
- Le 2e pilier est obligatoire depuis 1985, mais de nombreuses entreprises l'avaient introduit bien avant. Il est donc faux de dire que "de nombreux" retraités n'ont pas de 2e pilier. Il y en a, c'est vrai, mais ce n'est pas, et de loin, la majorité.
- un point de TVA + 0,4% de prélèvements sur les salaires: cela fera toujours 4 milliards de francs en moins dans l'économie (le coût annuel des 10% de hausse), prélevés sur les actifs et les entreprises. Contrairement à ce que vous écrivez, une grande partie de cette somme ne se retrouvera pas dans l'économie, car les rentiers qui ont des revenus confortables épargneront la hausse de 10%.
- "Le système devra être revu": 100% d'accord, l'AVS doit être revue tous les 5 à 10 ans. Cela a toujours été le cas (et c'est le cas avec Prévoyance 2020). Mais l'initiative mettrait le système dans la panade en creusant le trou, ou en pesant lourdement sur le revenu des plus jeunes actifs, en particulier les plus précarisés.

Écrit par : Claudine Amstein | 14/09/2016

Non Madame, il y a beaucoup de Retraités avec seulement le 1er pilier. Vous oubliez totalement tous les Indépendants qui n'ont quasi jamais pu se payer un deuxième pilier; et encore les assurances des années 80-90 n'en proposaient pas!

Vous savez pertinemment que les 10% pour les plus riches; qui sont une minorité, déjà; sera repris sur leurs impôts, et c'est pas eux qui vont épargner 235.-- supplémentaires.

Par ailleurs, les Rentiers par le biais de l'augmentation de la TVA vont bien évidemment d'une certaine manière participer à ce financement.
Ce ne sont de loin pas que les employeurs et salariés qui vont payer cette maigre augmentation.

Je vais juste vous dire que moi, ayant eu 2 enfants (donc bonus éducatif) mais sans mariage et travaillé en tant qu'indépendante et salariée à mi-temps pour privilégier mes devoirs de maman, je touche aujourd'hui une retraite de Fr. 1'516.-- avec 44 années de cotisations. (Et je ne demande rien aux PC) C'est bien pourquoi je travaille encore un peu et que j'ai totalement changé mon mode de vie depuis l'âge de 50 ans.....car je savais ce qui m'attendais. J'ai pas eu de 2ème et 3ème pilier, mais j'ai tout misé sur un toit sur ma tête, une franchise maladie à 2'500 car je me soigne naturellement, sans chimie.

Écrit par : Corélande | 14/09/2016

Voyez-vous Madame, après avoir entendu ces jeunes témoignés hier soir au TJ de leur refus; trop soucieux de ne rien avoir pour leurs propres retraites, (imaginez ils n'ont même pas encore commencé à cotiser) j'ai fait mes calculs de PC.
J'aurai droit actuellement à Fr. 200.-- (x 12 = 2'400)de PC, cela paiera ma prime maladie. Si j'arrête de travailler cela sera Fr. 800.-- (idem x 12 = 9'600 annuels). Tout cela pris sur les impôts.
A mon tour je vais donc voir, que mon intérêt, et je vais demander les PC et surtout encourager tous ceux autour de moi qui ne l'ont pas fait non plus. (imaginez ma déclaration d'impôt, ce montant sera quasi à zéro dans mon budget; donc je ne participerai même plus à l'effort collectif par l'impôt).
En pouvoir d'achat cela va être très agréable, même si je vais allouer ce supplément à la liquidation de ma petite hypothèque, et bénéficier de ce 1% TVA qui par conséquent ne sera pas augmentée.

Merci aux socialistes d'avoir créé ce débat et mis à jour l'esprit très égoïste et individualiste de ces nouvelles générations 18-35 ans notamment.

Écrit par : Corélande | 15/09/2016

Dans vos explications, vous oubliez - comme d'ailleurs la Conseillère nationale présente à Infrarouge - que lorsque l'on s'est trouvé au chômage - presque six ans - dû à des licenciements avec des explications plus que boiteuses : restructuration et ... (cerise sur le gâteau) vous coûtez cher en assurances sociales !!!

Pendant ces mois de chômage, on ne cotise pas à la LPP et les cotisations usuelles le sont selon les jours ouvrables et non au mois !

Trouvez-vous ceci normal ?

Moi pas !!!

Écrit par : Marie | 15/09/2016

La conclusion Marie, qui est toujours la même, est que les politiques ou responsables en tous genres, sont tellement déconnectés des gens (pour ne pas dire le peuple) qu'ils ne connaissent même pas l'éventail des situations particulières............ Et pourtant se sont eux qui font les lois et les règles, qui les votent et qui les appliquent. Tout en ayant fait leurs calculs pour qu'elles leurs soient parfaitement favorables.

Les autres ils s'en foutent!

Écrit par : Corélande | 16/09/2016

Exact Corélande et merci.

De plus, j'ai apprécié à juste titre vos commentaires : je pense aussi que toute personne arrivant à la retraite devrait toucher le maximum et non pas selon les "calculs d'apothicaire" qui sont la règle générale pour bien faire comprendre que "Non Madame/Monsieur vous n'avez pas assez travaillé ce qui fait qu'en aucun cas on ne peut vous attribuer la rente pleine" ! La seule chose que l'on pourrait éventuellement rendre obligatoire c'est d'avoir travaillé au moins 20 ans - temps complet ou partiel -, ce qui l'est en général.

Bon week-end à vous

Écrit par : Marie | 17/09/2016

Marie@ "toute personne arrivant à la retraite devrait toucher le maximum et non pas selon les "calculs d'apothicaire"

Oui mais non. Ceux qui ont cotisé chaque année ont évidemment des raisons d'être traités mieux que ceux qui ne l'ont pas fait. Ceux-ci sont dans cette situation pour diverses raisons et le contexte dans lequel ils ont évolué a changé dans le temps (c'est mon cas...). Donc situation très compliquée et donc comptes d'apothicaires, comment faire autrement ?

Par contre, je pense que la société suisse doit assurer un minimum vital à tous ses citoyens arrivant à la retraite et non pas un maximum. Raison pour laquelle la citoyenneté suisse ne devrait pas être accordée trop facilement, soit dit en passant.

Sur le 2ème pilier : au début, dès que vous quittiez une boîte, la part patronale de votre compte vous était retirée. Vous travaillez pour le CICR une année en Angola, contrat à durée limitée, et quand votre contrat s'achève, le CICR reprend ses billes. Ce système a été aboli pour les djeunes, mais ceux qui en ont été victimes, adios...

Écrit par : Géo | 17/09/2016

page 16 du nouvelliste 17.09.2016 - 18 hommes qui refusent l'initiative AVSPLUS.

Et les femmes ne touchent-elles pas d'AVS, ou leurs rentes sont si insignifiantes qu'elles n'ont pas droit à une petite photo.Oui c'est vrai leur salaire est si faible, voire nul...........

Allez les hommes protégez-vous, plus machos, et sexistes que la photo du bureau des métiers, est-ce que cela existe?

Je voterai oui, pour moi et pour mes enfants, car je suis convaincue du bon droit de cette augmentation.

Vous laisse régler cela entre homme pour vos belles paroles de hausses de cotisation si exhaustives qu'elles vont vous ruiner.

Écrit par : marie-noelle | 17/09/2016

@ Géo : votre commentaire résume très bien ce qui ne fonctionne pas !

Est-ce normal qu'en raison d'une situation qui change - sans que la personne n'en soit responsable -, vous touchiez une rente AVS diminuée alors que les autres "les sans soucis d'emploi" soient valorisés au moment fatidique de quitter la vie professionnelle ? Ma réponse est négative.

Il n'est pas normal de pénaliser une partie de la population et ainsi de devoir les obliger à quémander ces fameuses PC pour pouvoir vivre correctement alors que si les rentes versées l'étaient plus justement - comme je l'écrivais plus avant -, on épargnerait sans doute des situations extrêmes comme l'a souligné Corélande.

Un fois de plus, l'égalité homme/femme n'est pas respectée !!!

Écrit par : Marie | 17/09/2016

"les obliger à quémander ces fameuses PC pour pouvoir vivre correctement"
Vous devriez absolument renoncer à culpabiliser sur ces PC. Vous y avez droit ou pas, point barre. Ces prestations sont justement prévues pour ceux qui n'ont pas eu un parcours professionnel tout droit. Alors, si vous y avez droit, vous pouvez entrer dans le processus sans vous sentir dévalorisée de quelque manière que ce soit. L'attitude des fonctionnaires en charge de ces questions ne doit vous influer en aucune manière. Les femmes doivent probablement faire des progrès dans ce domaine...

Écrit par : Géo | 17/09/2016

Marie a raison quand il s'agit de période de chômage. Les montants (pour le revenu déterminant) devraient être maintenu. Cela se fait bien avec ceux qui ont l'AI et qui arrivent à l'AVS. Alors que pendant des années les rentiers AI n'ont cotisé que 1'200-1'500 par an, souvent de nombreuses années, ils ne voient pas leur rente AVS diminuer.
(Et l'AI bénéficie d'un autre calcul; sur le salaire et nettement plus favorable).

Par ailleurs, imaginez au 1.1.2015 nos fabuleux réviseurs ont fait un progrès énorme ils ont enfin attribuer l'entier du bonus éducatif aux
femmes célibataires qui ont élevé seules leur(s) enfant(s). Avant elles n'avaient droit qu'à un demi bonus.

J'espère au moins que toutes ces informations attireront l'attention de Mme Amstein!

Écrit par : Corélande | 17/09/2016

Savez-vous que, Géo, lorsque j'ai fait effectuer le décompte AVS en vue de ma retraite, j'ai appris que j'avais versé deux millions et demi de francs à l'AVS au cours de ma longue carrière. Il me reste maintenant à vivre assez longtemps pour profiter du retour sur investissement (à moins que vous estimiez nécessaire de partager, bien sûr...).

Écrit par : rabbit | 17/09/2016

L'AVS n'a aucune limite dans les prélèvements mais bien dans ce qu'elle verse. Alors il ne vous reste plus qu'à supporter la bêtise humaine quelques centaines d'années de plus. Bon courage...

Écrit par : Géo | 17/09/2016

Les commentaires sont fermés.