05/10/2016

Parlons "travail" plutôt que "social"

Les dépenses sociales dépasseront pour la première fois le budget de la formation l'an prochain dans le canton de Vaud. Est-ce une fatalité? Dans un pays qui compte l'un des taux de chômage parmi les plus bas au monde, cette tendance doit nous interpeller. Le système social constitue un filet de sécurité. Il n'a pas vocation à s'étendre constamment: nous devons miser en priorité sur l'insertion et la réinsertion dans le monde professionnel.

Lorsque l'on parle social, le débat et les actions politiques dérivent trop souvent vers des instruments techniques et une extension continue des dispositions en place. Pour corriger ce qui ne va pas, on parle par exemple de "diminuer les effets de seuil", ces paliers qui font qu'un bénéficiaire de l'aide n'a pas d'incitation à travailler s'il reçoit une somme équivalente ou presque en restant au social.

C'est bien là le cœur du problème… Le travail ne se limite pas à une simple question de revenu, à un moment donné. Je le disais dans ce blog lorsque nous avons voté sur un revenu de base inconditionnel, un emploi permet aussi et surtout de se réaliser, de se motiver, de s'affirmer socialement. Financièrement, une personne insérée dans le monde professionnel a de toute manière de meilleures perspectives sur le long terme que si elle reste dépendante de l'aide sociale. Quant aux plus jeunes, ces questions d'effet de seuil ne font pas sens: ils doivent impérativement être incités à trouver un emploi.

Pour être claire, je ne remets pas en cause la nécessité du social, mais son développement en vase clos. Nous ne pouvons pas nous satisfaire d'un système où certaines familles ne connaissent que cet horizon, purement administratif et sans perspectives. Le social ne doit pas être, ni devenir, une fin en soi.

Il existe d'autres manières d'entreprendre le problème. La Chambre vaudoise du commerce et de l'industrie (CVCI) est ainsi partenaire du projet LIFT, qui permet à des jeunes en difficultés scolaires de trouver une place dans le monde de l'entreprise. Ces méthodes marchent et il serait judicieux que l'Etat les applique lui aussi, avec plus de cohérence qu'actuellement. Ce sont sur elles qu'il faut miser.

Commentaires

Excellent billet et n'oublions pas que le Social conduira à la dépendance tous ceux qui rêvent de se faire entretenir
Peu mais il y en a et qui vont faire perdre leur temps aux responsables des services , temps qui pourrait être octroyé à ceux qui sont vraiment dans le besoin

Écrit par : lovejoie | 06/10/2016

Je pense que nous nous trouvons dans une grave crise sociétale (peut-être une fin de civilisation?). Effectivement le travail n'a plus la cote. Il est pénalisé fiscalement. Dans certaines villes à tendance gauchiste, comme Lausanne ou Vevey, les gens actifs sur les chantiers sont harcelés par une police municipale hyper-zélée alors que les très nombreux marginaux traînant la savate dans les rues bénéficient d'une paix royale. Enfin l'hostilité de la population en général envers les gens qui ont la chance d'avoir un travail est palpable.
On peut en concevoir de l'amertume, car rien ne permet d'imaginer un renversement proche de cette philosophie.

Écrit par : Jean-Pierre Jenni | 06/10/2016

Population + climat + eau + agriculture + énergie = fin de la civilisation. Les raisons pour lesquelles une telle évidence s'impose à tous ? Vous et moi les évoquons jour après jour par nos critiques.
Je ne voudrais pas forcer sur le pathos et provoquer des cauchemars ou des insomnies, Monsieur Jenni, mais il a fallu 400 ans après la chute de l'empire romain et les grandes invasions, pour voir germer une civilisation qui mérite ce nom. Avez-vous la patience d'attendre ?
Moi, non. Il faut agir avec courage: fuyons !

Écrit par : rabbit | 06/10/2016

Je partage les deux avis précédents mais après avoir écouté une vidéo sur youtube dont l'auteur met en valeur tous les avantages du néo communisme on comprend que de plus en plus de jeunes rêvent de fonctionner comme dans des kolkozes New âge
On se prête tout on partage tout on devient dépendants des uns des autres pour finir au social et qui paiera quand les défricheurs de la scientologie bons prêteurs pour aider ceux qui veulent se sortir de la gonfle ou d'autres les y auront mené à nouveau avec chantages financiers pour les contraindre à rembourser leurs prêts ?
Sans compter tous ceux qui se font avoir au jeu de l'Avion
Un peu de gratuité ne fait pas de mal mais tout gratuit est une belle utopie désirée par des gens qui ont tout et qui sans le savoir seront les bons payeurs de la farce qu'ils ont créé eux mêmes ou ce sera à leurs descendants de payer pour leur déconnologie intellectuelle
Ces intello qui veulent tout solutionner sans travailler oublient une chose importante, les Universités ont été construites grâce aussi à l'argent d'honorables citoyens travailleurs
Et trop de gratuité donne pleins pouvoir à l'Etat
Jusqu'à preuve du contraire l'argent ne tombe pas tout seul du ciel !
On va finir par croire que ces gens sans doute adeptes du jeu de société le Monopoli ou d'Alice au pays des merveilles confondent de plus en plus le virtuel avec la réalité

Écrit par : lovejoie | 07/10/2016

"Sans compter tous ceux qui se font avoir au jeu de l'Avion" Comme ceux qui font rentrer de plus en plus de travailleurs pour payer les retraites de ceux qui partent ? Si ce n'est pas une pyramide façon Ponzi, ça...

Écrit par : Géo | 07/10/2016

@Géo je pensais à tous ceux qui prennent au premier degré des conseils médicaux qu'on trouve en abondance en lieu et place d'aller chez un médecin
Sas compter les nombreux autres domaines ou beaucoup d'isolés se font avaler le réalisant trop tard
Comme tous ceux qui déjà en 2002 pianotaient sur Internet
Ils ont tous juré mais un peu tard qu'on ne les y reprendrait plus et tous ont quitté la toile pour ne plus jamais y revenir
J'aurais pu écrire *le jeu du Poisson de Marseille* téléguidé grâce aux rumeurs transformées en certitudes par les plus naifs

Écrit par : lovejoie | 07/10/2016

La vie est un parcours d'obstacles du genre vicieux. Malheur aux naïfs. Nous compatissons sincèrement.

Écrit par : rabbit | 07/10/2016

Une opinion réductrice et caricatural.
Les victimes de l'exclusion sont des personnes avec des handicapes, des "vieux" au chômage, etc..

Lorsque les entreprise choisissent, elles ne font pas dans le social, et auront une préférence à des gens expérimentés sans handicape, plutôt jeune.

Que peut-on faire. Imposer un quota de +50 ans, +60 ans et handicapé ?
La droite refuserait.
Des entreprises d'Etats qui pallierait le manque de responsabilité social des entreprises ? La droite refuserait.

C'est à la droite de faire des propositions censées qui permettent à ces groupes de personnes exclues, de s'échapper du social par le travail.

"Taper" sur ces groupes de personnes qui vivent déjà assez mal leur situation, ça ne coute rien, et la honte les empêche de répondre.

Avec l'avenue actuel de l'intelligence artificiel, ce seront des postes de décision qui vont être remplacé. Et là je suis certain que la droite va vouloir introduire des quota max pour ces systèmes qui remplace l'humain.

Écrit par : motus | 08/10/2016

Les humains ne sont pas tous naïfs au point de croire que l'emploi est garanti à vie. Bon gré mal gré, certains arrivent même à tirer parti de ce que le système met à disposition, quitte à changer de métier, de ville ou de pays. Si un manuel d'instructions vous est nécessaire pour piloter votre destinée, continuez à vous en remettre à l'Etat-Providence. Dans le cas contraire, laissez votre place à ceux qui en ont véritablement besoin.

Écrit par : rabbit | 08/10/2016

Vos préceptes sont contradictoires, rabbit. La question se pose pour beaucoup de gens à partir de 50 ans. Il est clair que vos compétences vous ont mis à l'abri de ce genre de contingences, mais les gens comme vous représentent au mieux 1% de la population (ou plutôt 1 p.1000, mais ne chipotons pas). Qu'est-ce qu'on fait du reste ? Poubelle ?
"Laissez votre place à ceux qui en ont véritablement besoin". Bien, mais après ?
Vous avez qqch à dire sur ce sujet ?

Écrit par : Géo | 08/10/2016

Oui, la dernière fois que j'ai changé de métier, j'avais 51 ans. Ce poste devait me suivre jusqu'à retraite. Comment ai-je trouvé ce job ? Grâce à mon réseau privé. Avant cela, j'ai envoyé 400 C.V. sans résultat, quand bien même je bénéficiais de la Rolls des transitions de carrière, qu'il fallait encore traverser un divorce et que je n'arrivais plus rembourser mes hypothèques. Question expérience, avouez que je ne fais pas uniquement dans la théorie. Chez moi, vous le savez, il y a plus de paradoxes que de contradictions.

Écrit par : rabbit | 08/10/2016

Oui mais vous c'est vous. Je vous parlais des autres 999/1000 des plus de 50 ans AUJOURD'HUI. Avec les robots qui vont mettre sur le carreau ceux qui auraient résisté à la vague d'immigration. 193'000 personnes de plus en 2030 dans le canton de Vaud selon la De Quattro (qu'elle brûle en enfer !(dommage qu'il n'existe pas...)).

Écrit par : Géo | 08/10/2016

« selon la De Quattro (qu'elle brûle en enfer !) »

Vous êtes sévère ! Qu'elle retourne bosser sur la chaîne chez Audi, ça serait déjà pas mal.

Écrit par : petard | 08/10/2016

Cette dame passe des vacances en Suisse, comme les autres déjà citées ?
Merci, Géo, mais vos éloges font souffrir ma modestie naturelle. Je crains que vous ne surestimiez mes maigres capacités. Mais, OK: si ces 999 personnes ne veulent pas fabriquer des robots, je peux essayer de leur trouver un job en Chine. Super-rabbit ne va pas abandonner ses concitoyens malchanceux finir comme des poules en batterie dans leur propre pays.

Écrit par : rabbit | 08/10/2016

Cette dame passe des vacances en Suisse, comme les autres déjà citées ?
Merci, Géo, mais vos éloges font souffrir ma modestie naturelle. Je crains que vous ne surestimiez mes maigres capacités. Mais, OK: si ces 999 personnes ne veulent pas fabriquer des robots, je peux essayer de leur trouver un job en Chine. Super-rabbit ne va pas abandonner ses concitoyens malchanceux finir comme des poules en batterie dans leur propre pays.

Écrit par : rabbit | 08/10/2016

La souris folle a encore frappé. Je lui arrache ses piles.

Écrit par : rabbit | 08/10/2016

Les résultats ne se feront pas attendre, j'en suis persuadé.

Écrit par : rabbit | 10/10/2016

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