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19/10/2016

Contingents de travailleurs extra-européens: une demi-mesure insuffisante

Couper la poire en deux n'est pas toujours très judicieux. Dernier exemple en date, la décision du Conseil fédéral, la semaine dernière, d'augmenter les contingents de travailleurs extra-européens de 1000 unités, à 7500, alors que les cantons et les entreprises plaidaient pour un retour à la situation qui prévalait jusqu'en 2014, soit 8500 permis. Ces petits marchandages nuisent à la prospérité de notre pays.

On se souvient que suite à l'acceptation de l'initiative "contre l'immigration de masse", le Conseil fédéral avait pris rapidement une action symbolique visant à endiguer la venue de travailleurs en provenance de pays extra-européens: 2000 permis supprimés dès 2015. Une disposition particulièrement problématique pour les cantons de Vaud et de Genève, région très dynamique qui compte de très nombreuses sociétés internationales, comme je l'avais indiqué à l'époque ici même.

Deux ans plus tard, le problème saute aux yeux. Pour l'exercice en cours, la totalité des 6500 permis avait été épuisée le 13 septembre. Les entreprises devaient-elles geler les projets qui nécessitent la venue de spécialistes que l'on ne trouve pas sur le marché de l'emploi suisse jusqu'à la fin de l'année? Evidemment non: tout le monde a intérêt à ce que les entreprises puissent développer leurs affaires.

La décision du Conseil fédéral ne sera toutefois effective qu'en novembre… Déjà pénalisée par le franc fort et une économie mondiale ralentie, nos entreprises n'ont pas besoin de tracasseries administratives supplémentaires. Les collaborateurs extra-européens recrutés par les entreprises locales ne prennent aucun emploi aux Suisses, car ils présentent des profils professionnels très spécialisés, nécessitant des compétences linguistiques et/ou culturelles qui ne sont pratiquement pas disponibles dans notre pays. Prenez un exemple concret: une entreprise qui développe des plats pré-cuisinés destinés aux marchés asiatiques… elle a évidemment besoin d'un goûteur asiatique.

Le conseiller fédéral Johann-Schneider Ammann l'a bien expliqué, sans malheureusement avoir été écouté: quatre à six emplois suisses sont associés à la venue d'un spécialiste extra-européen. Ces contingents peuvent donc contribuer à réduire le chômage en Suisse. Le tout petit ballon d'oxygène octroyé par la Confédération demeure insuffisant. Pour un effet nul sur l'immigration, car l'on parle ici de permis de courte durée et donc de travailleurs qui ne resteront pas en Suisse toute leur vie! La région lémanique et l'ensemble de ses entreprises ont urgemment besoin d'une politique responsable et d'une vision à long terme.

Commentaires

On en revient toujours la même chose.
Il y a le sentiment qui est que les entreprises ne se sentent pas concernées par leurs responsabilités sociales.

Cette liberté a permis de mettre en évidence dans certain secteurs des dumpings, et dans d'autre secteurs, il est préféré un frontalier à un suisse qui a les compétences. Par ricochet, ce sont les extras européens qui en font les frais.

L'Etat à travers les citoyens est obligé d'intervenir pour mettre un terme à ces excès.

Si vous ne voulez pas de paperasseries, donnez aux citoyens des faits qui redonnent la confiance que beaucoup d'entreprises méritent.
A ce moment là, je suis certain qu'il n'y aura plus de problème concernant les extra-européens.

C'est à travers une responsabilité sociale que les entreprises atteindront la liberté maximum. Comme les contrôles d'alcoolémie au volant qui ne seraient pas nécessaires si tout le monde était responsable.

Écrit par : motus | 19/10/2016

Non seulement des goûteurs de plats cuisinés, mais des scientifiques dont la formation est d'un niveau inégalé en Suisse.

Écrit par : rabbit | 19/10/2016

"mais des scientifiques dont la formation est d'un niveau inégalé en Suisse."
Quelles sont les données qui appuient une telle déclaration ? Comment comprendre cette affirmation comme autre chose qu'une profession de foi ?

Écrit par : Géo | 19/10/2016

L'expérience des 华人 passés par l'EPFL (docs et post-docs). Mais Mme Calmy-Rey préférait qu'ils aillent étoffer le niveau des universités US. On parle de mathématiques et physique, bien sûr, pas de sociologie ou d'économie politique, matières primordiales pour l'Afrique sub-saharienne.

Écrit par : rabbit | 19/10/2016

Les commentaires sont fermés.