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21/12/2016

Immigration de masse, quelle suite?

Le parlement est finalement parvenu à concilier accords bilatéraux et mise en œuvre de l'initiative "contre l'immigration de masse". La solution adoptée vendredi dernier constitue une excellente nouvelle pour l'emploi et la prospérité de notre pays. Nous finissons ainsi l'année sur la levée d'une grosse incertitude, qui permet, avec notamment la réintégration de la Suisse dans l'accord européen sur la recherche Horizon 2020, d'envisager 2017 avec optimisme.

La démarche retenue prévoit des mesures restrictives pour les branches et régions qui connaissent un taux de chômage supérieur à la moyenne et permettra d'agir avec pragmatisme. C'est cette approche qui doit être privilégiée dans la mise en œuvre concrète de la loi. Il s'agira d'être le moins bureaucratique possible, en respectant les besoins spécifiques des régions, qui sont sensiblement différents au Tessin que dans l'Arc lémanique.

Bien sûr, et je l'ai déjà dit dans ce blog, le compromis trouvé aux Chambres fédérales ne reprend pas complètement l'initiative adoptée le 9 février 2014. Il n'y aura pas de contingentement de la main-d'œuvre européenne… parce que ce n'est pas compatible avec les Bilatérales. Mais l'initiative prévoyait aussi que l'on prenne en compte les besoins de l'économie… En fin de compte, l'arbitrage opéré par nos élus met davantage de poids sur ces derniers. A juste titre puisqu'il en va de la capacité de nos entreprises à rester dynamiques, innovantes, compétitives et pourvoyeuses de postes de travail.

Les initiants soutiennent aussi les Bilatérales

Cette décision est d'autant plus justifiée que les initiants n'ont jamais prétendu vouloir la fin de la voie bilatérale et qu'ils assurent continuer à la défendre. Le peuple suisse a lui-même confirmé cette politique à plusieurs reprises dans les urnes au cours des quinze dernières années. Et tout tend à démontrer que cette volonté demeure intacte: le dernier sondage annuel du Credit Suisse mené pour connaître les préoccupations des Suisses fait ressortir que 67% des personnes interrogées tiennent la poursuite des accords bilatéraux pour la priorité absolue de la politique européenne de la Suisse, contre 47% en 2015.

Les artisans de l'initiative ont déclaré qu'ils ne lanceraient de référendum. On en déduit qu'ils tiennent le compromis pour correct, car s'ils souhaitaient réellement mettre en œuvre leur initiative, il leur suffirait de contester le paquet ficelé au parlement et de mener campagne devant le peuple. L'initiative prévoit en effet qu'en l'absence de loi d'application en date du 9 février 2017, le Conseil fédéral doit imposer par ordonnance des contingents ainsi que la préférence nationale à l'embauche (art. 197, ch. 11, al. 2 de la Constitution fédérale).

Fin de l'épisode? Je ne le pense pas: le peuple devrait pouvoir préciser son propos. Il y a même nécessité. Et la piste à privilégier, la plus aisément praticable, réside dans un contre-projet direct à l'initiative Rasa, qui permettrait à ses promoteurs de retirer leur texte qui demande de biffer l'article constitutionnel introduit en 2014. Le Conseil fédéral a ouvert ce mercredi le débat sur la question en proposant deux options qui ouvriraient la voie à une clarification de la volonté populaire. Il s'agit de les analyser sans a priori. Notre démocratie directe est là pour éviter que la "classe politique" légifère dans sa tour d'ivoire. Utilisons-là!

Commentaires

"constitue un bonne nouvelle" vous avez des termes un peu particuliers pour nous dire que le parlement a montré peu d'estime pour la démocratie. Malgrès cela, je vous souhaite de joyeuses fêtes de Noel.

Écrit par : patrice favre | 22/12/2016

La décision des politiques ressemble grandement à une mascarade par rapport à la volonté populaire.
Comment expliquer que les entreprises doivent privilégier les employés suisses mais n'auront aucun comptes, ni justification à donner en cas d'engagement d'étrangers.
Le statut de frontalier est un statut assez scandaleux, puisque l'argent gagné dans un pays fini dans un autre.
J'ajoute que directement après le vote aux chambres, on se trouve soudainement face au fait qu'il faudra payer le chômage des frontaliers...et comme on connait la mentalité de certains....


et il faut arrêter de dire qu'il n'y a pas de dumping salarial de la part des entreprises. elles jouent sur cet avantage de payer moins les frontaliers.
Quant aux arguments qu'on ne trouve pas de mains d'oeuvre qualifiées, je n'y crois que moyennement, mais cela n'engage bien évidemment que moi.

Écrit par : Olivier | 22/12/2016

""Le parlement est finalement parvenu à concilier accords bilatéraux et mise en œuvre de l'initiative "contre l'immigration de masse"""

Appelons un chat un chat, le parlement à presque entièrement fourvoyé la volonté populaire. Ressasser une contre vérité n'en fait pas une vérité. Cette posture de se congratuler que tout est maintenant réglé et que tout va bien dans le meilleur des mondes est assez risible, c'est la politique de l'autruche.

Par cette décision, nous couvons au contraire une véritable crise institutionnelle qui est loin d'être réglée. Bonnes fêtes à tous.

Écrit par : Frédéric | 23/12/2016

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