UA-64206590-2 UA-101278801-1

22/02/2017

Une usine à gaz pour financer les soins dentaires?

Faut-il que le canton de Vaud se dote d'un système étatique de prise en charge des soins dentaires pour les enfants, les jeunes et une partie du reste de la population? Et si oui, qui doit payer? Le Conseil d'Etat vient de concocter un projet de loi qui prévoit de faire passer à la caisse les salariés et… les vendeurs de boissons sucrées. A raison de 18 millions de francs chacun. Il faut être clair: ce mode de financement est irréaliste.

Les raisons de la faiblesse de ce contre-projet à l'initiative de la gauche de gauche (qui demande une assurance dentaire pour tous financée par les seuls travailleurs et entreprises) sont avant tout pratiques. Il est prévu que chaque détaillant  - magasins, mais aussi restaurants, kiosque… il y a 6700 points de vente recensés – "devra déclarer à l’Etat l’identité de son ou de ses distributeurs tout comme le volume de boissons délivré".  Ce sont donc ces derniers qui passeront à la caisse.

Passons sur le délire bureaucratique imposé aux détaillants, qui nécessitera la création de 2,8 postes de fonctionnaires…  Et prenons un exemple concret: que se passera-t-il lorsqu'un restaurateur broyard, de la Côte ou du Chablais ira se fournir, en payant cash, chez un distributeur fribourgeois, genevois ou valaisans? Ce dernier sera-t-il contacté préalablement par le canton de Vaud afin d'identifier le client vaudois, de manière à pouvoir lui facturer la taxe? Ou bien se verra-t-il envoyer une facture fiscale sans crier gare si le commerçant le désigne comme fournisseur?

L'anecdote nous démontre que cette taxe sur les boissons sucrées n'a aucun avenir…  ce qui rend le contre-projet bancal. Sans cette taxe, il manque 18 millions de francs pour financer les nouveaux soins envisagés par l'Etat, sachant que les 18 autres millions proviendront d'une taxe de 0,06% prélevées sur les salaires des salariés et des indépendants.

Disons-le d'emblée: ce n'est pas à l'employeur d'apporter l'autre partie du financement. Le Conseil d'Etat le rappelle d'ailleurs lui-même (p. 70, EMPL): il s'était engagé à ne pas demander de nouvelles contributions aux entreprises jusqu'à la mise en œuvre pleine et entière des avancées sociales introduites par la troisième réforme vaudoise de l'imposition des entreprises (RIE III-VD). Nous en prenons acte.

Commentaires

Bonjour,

Non seulement c'est un projet irréaliste mais qui fera apparaître le tourisme d'achat de boissons sucrées, pas entre la Suisse et la France mais entre le canton de Vaud et les autres cantons. Comment voulez-vous que l'état puisse contrôler cela ?
Les propositions pas toujours correctement ciblées, voire absurdes et finalement coûteuses comme les PC famille, la nouvelle LPPPL dont on ne voit pas encore les conséquences du vote et maintenant cette taxe bizarre, montre que le conseil d'état s'est clairement égaré à gauche. Vivement les élections et que ce déséquilibre disparaisse.

Bonne journée.

Écrit par : Coenegracht Patrick | 22/02/2017

Le Canton de Vaud confirme sa dérive vers le totalitarisme. Ce qui l'amènera immanquablement à faire sécession un jour sous forme de “république populaire démocratique“ indépendante de la Suisse. On lui souhaite bon retour dans l'un des épisodes les plus noirs du XXe siècle.

Écrit par : rabbit | 22/02/2017

Mais comment font-ils pour imaginer des idioties pareilles ? Peut-être faut-il en effet imaginer une solution économique à la prise en charge de la médecine dentaire, mais en aucun cas de cette manière...

Écrit par : Géo | 22/02/2017

Paradoxalement, Ordinary Citizen est subjugué par les faiseurs d'opinion, et autres stipendiés de l'information, qui dénoncent la surenchère de la consommation et l'escalade des prix. Mais dès qu'un charlatan lui propose la gratuité d'un soin ou d'un service, à condition de s'incliner devant lui, il perd toutes ses facultés. Va comprendre, Charles !

Écrit par : rabbit | 22/02/2017

Toujours le meme principe: sous pretexte de bon sentiment et que c'est pour votre bien, on vous ponctionne d'un côté pour reverser de l'autre. Sauf qu'entre temps 30% du produit de la taxe sert au fonctionnement du système: fonctionnaires, collecteurs, contrôleurs, préposés à la redistribution, bureaucratie, paperasse.... et au final une classe moyenne qui se fait tondre une fois encore.

Écrit par : Fabrice P | 25/02/2017

Disons plutôt que le centre de la classe moyenne s'est décalé vers le bas. Elle existe toujours, mais ce n'est plus le même pouvoir d'achat d'il y a 30 ans et l'effectif a considérablement diminué. La dèche, quoi...

Écrit par : rabbit | 25/02/2017

L'idée de taxer les boissons trop sucrées est une excellente idée, n'en déplaise à certains commentateurs !

En revanche on pourrait y adjoindre (dans le désordre) : le vinaigre, certaines huiles, la moutarde, la mayonnaise, les cornichons et oignons les confitures dont certaines en contiennent beaucoup trop puisque la mode est d'a rajouter du miel, les pâtes, les sauces toutes prêtes, etc... etc ... d'autant que la plupart de ces produits contiennent aussi trop de sel!!!

Dans ce débat intéressant, il ne faut pas non plus oublier les personnes qui ne vont pas chez le dentiste parce que trop cher et c'est là le gros problème des soins dentaires. Certains diront que oui il existe des cliniques dentaires avec un point relativement bas, ce qui est exact lorsque l'on compare les tarif.

Écrit par : M.A | 28/02/2017

M.A @ Vous ne faites que dire ce que disent "certains commentateurs", sauf que vous n'avez pas mené votre réflexion jusqu'au bout.
Votre proposition consiste à tout interdire et vous ne vous en rendez pas compte.
En alimentation, tout est nocif potentiellement, même l'eau. Buvez six litres de suite, vous êtes mort...
Et maintenant comparez mon commentaire précédent et le vôtre...

Écrit par : Géo | 28/02/2017

Savez-vous que la plupart des arguments, employés dans les commentaires de ces blogs, sont du type "évidence anecdotique“, “cueillette de cerises“ ou “biais de confirmation“ ? Ce qui m'incite à vous recommander de ne pas vous exciter inutilement sur chaque cas, mais d'éradiquer le mal à la racine. A vous de choisir le type d'explosif.

Écrit par : rabbit | 28/02/2017

Les commentaires sont fermés.