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08/03/2017

L'immigration ralentit très clairement

Il est temps de faire tomber quelques légendes urbaines portant sur l'arrivée de travailleurs européens en Suisse, dans l'Arc lémanique en particulier. Que disent les chiffres? L'an dernier, la croissance du nombre d'habitants a continué à se tasser dans le canton de Vaud. Et celui-ci, comme Genève, compte davantage de Suisses que l'année d'avant. Tout cela alors que la mise en œuvre de l'initiative contre l'immigration de masse n'est pas encore effective...

Quelques statistiques le montrent: la croissance nette de la population s'est inscrite à 3100 personnes en 2016 à Genève, soit plus de la moitié moins que les 8000 habitants supplémentaires recensés en 2015. Le canton de Vaud compte de son côté 10'700 habitants en plus, un chiffre en baisse de 11% par rapport à la croissance de 2015. Il est également en recul de 20% par rapport à la croissance de 2014 et de… 34% par rapport à celle de 2009. Contrairement à ce que l'on entend souvent, l'évolution démographique n'est pas donc pas "hors de contrôle".

L'évolution de la population reflète la santé de l'économie. La conjoncture s'étant tassée, tout particulièrement depuis l'abandon du cours plancher du franc face à l'euro en janvier 2015, il est logique que les entreprises fassent moins appel à la main-d'œuvre étrangère. Il n'y a donc pas d'évolution inéluctable, à sens unique.

Rappelons que la libre circulation des personnes et les Bilatérales ont donné un formidable coup de fouet à l'économie lémanique, qui en avait le plus grand besoin il y a une vingtaine d'années. Avec un accès amélioré au marché du travail européen ainsi que de meilleures conditions d'exportation résultant de nos relations encadrées par les accords bilatéraux passés avec l'Union européenne, notre tissu industriel a pu se renouveler. Contrairement à de nombreuses autres régions en Europe, le canton de Vaud a réussi le tour de force de recréer des emplois industriels depuis la fin des années 1990. Oui, il s'est en partie réindustrialisé. Et cela n'aurait pas été possible si notre économie n'avait pas été ouverte.

Un débat dépassé

Le débat sur la libre circulation des personnes est déjà dépassé. Quel avantage aurions-nous à remettre en cause l'ensemble des Bilatérales alors que la croissance démographique se régule d'elle-même? Pourquoi devrions-nous affaiblir notre économie maintenant, alors qu'elle a déjà clairement ralenti?

Dans une interview publiée dans 24 heures la semaine dernière, le conseiller national Benoît Genecand reconnaissait lui-même qu'"il y aura certainement un choc à encaisser" si nous abandonnions la voie bilatérale. Gardons à l'esprit que la croissance a déjà été divisée par deux en quelques années en Suisse. De nombreuses entreprises ont dû se restructurer, certaines ont délocalisé. Beaucoup se débattent pour rester compétitives face à une concurrence de plus en plus vive.

Faisons preuve de bon sens: le maintien de l'emploi, des perspectives d'avenir pour les jeunes, dans tous les domaines, ainsi qu'un souci permanent de renouvellement de notre tissu économique font la force de notre pays. Ce sont ces éléments qui doivent guider nos futures relations avec nos partenaires commerciaux.

Commentaires

Entre économistes, on se comprend: l'essentiel est à la longévité du tissu économique d'un pays qui nous échappe.

Écrit par : rabbit | 08/03/2017

Par contre, si l'immigration ralentit, l'émigration progresse : « Dans son communiqué de presse du 1er mars 2017, le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) informe que le nombre total des membres de la «Cinquième Suisse» est passé à 774 923 en 2016, soit une progression de 21'784 personnes (+2,9%) par rapport à 2015. A la fin 2015, environ 10% du peuple suisse vivait en dehors du territoire national. En nombre total d’individus, les expatriés suisses se place derrière les cantons de Zurich et de Berne et devant le canton de Vaud. Ainsi la «Cinquième Suisse» est le troisième canton en nombre d’habitants.» Source "SwissCommunity.org".

Écrit par : rabbit | 08/03/2017

Effectivement, la Suisse devient de plus en plus inhospitalière pour...les Suisses. Hier encore, un article du "Semeur vaudois" nous expliquait qu'une hausse d'impôts n'est pas exclue à la retraite. Bon, à y regarder de près, c'était marqué "PUBLICITE" en tout petits caractères. De la pub de gérants de fortune qui eux, bien sûr, ne coûtent rien...
Querelles de truands que tout cela. Fuyons ! Tous au Portugal, puisque les Portugais sont bientôt tous chez nous !

Écrit par : Géo | 08/03/2017

Effectivement, dans la presse, on distingue facilement le rédactionnel du publicitaire (lui-même divisé en trois zones : annonces, petite-annonces et publicité rédactionnelle), grâce à des codes typographiques distincts et des emplacements sélectionnés. Je crois faire ici une fidèle transcription de votre information sur le sujet, Monsieur Géo. Sinon, n'hésitez pas à me le faire savoir.

Écrit par : rabbit | 08/03/2017

Mais ce qui devrait vous “impacter le moral“, comme on dit maintenant dans les médias télévisuels, c'est que les chiffres de Madame Amstein ne sont peut-être pas représentatifs de l'évolution démographique, puisqu'ils ne tiennent pas compte de l'augmentation de l'émigration des Suisses. Si, par exemple, 20'000 personnes s'expatrient en 2016 et que la même années la Suisse en compte 30'000 de plus, qu'est-ce que ça donne en réalité, Monsieur Géo ?

Écrit par : rabbit | 08/03/2017

"Je crois faire ici une fidèle transcription de votre information sur le sujet, Monsieur Géo. Sinon, n'hésitez pas à me le faire savoir."
Pas vraiment fidèle. On ne distingue plus du tout facilement le rédactionnel du publicitaire. Mais cela fait quelques décennies que vous n'avez pas ouvert le Semeur vaudois, doit-on vous le rappeler, Monsieur rabbit ?

Écrit par : Géo | 08/03/2017

C'est donc que vous avez besoin de lunettes de lecture, ou que vous êtes victime d'un biais cognitif.
Le Semeur vaudois n'est pas distribué dans la cinquième Suisse (et troisième canton en nombre d'habitants). Par contre, il me semble avoir vu un nombre beaucoup plus élevé de semeuses que d'habitude sur le petit écran. Les prémisses d'un printemps précoce ?
A part ça, savez-vous que Vladimir Ilitch Lénine a vécu quelque temps à Ecublens, dans la maison de l'institutrice située ici: 46° 31' 43,82'' N - 6° 33' 52,93'' E. Bâtisse actuellement occupée par une congrégation religieuse. Je vous donnerai le nom de l'institutrice en échange d'informations confidentielles.

Écrit par : rabbit | 08/03/2017

Puisque vous parlez de Lénine, avez-vous vu ce documentaire sur arte :
http://www.arte.tv/guide/fr/065312-000-A/lenine-une-autre-histoire-de-la-revolution-russe
C'est exceptionnellement bon et pas très flatteur pour le camarade Oulianov. Eisenstein en prend aussi pour son grade, d'ailleurs, avec son film "Octobre".
Documentaire à voir absolument...

Écrit par : Géo | 09/03/2017

"L'immigration ralentit très clairement" ? Vraiment?

On peut difficilement tenir des raisonnements corrects sur la base de termes erronés. En l'occurrence, l'immigration ne s'est jamais aussi bien portée et ne ralentit pas du tout - ce qui serait le cas si plus d'étrangers quittaient la Suisse qu'il n'en entre, ou si la part de population étrangère baissait en proportion de la population totale, deux façons de parler d'une baisse, réelle, de l'immigration.

L'immigration, c'est la quantité d'immigrés au sein d'une population totale, pas la quantité de gens qui s'y rajoutent annuellement.

Ici, nous avons un ralentissement du rythme de l'immigration, c'est à dire que l'immigration continue d'augmenter, mais juste un peu moins vite que ces dernières années de folie.

J'écris "un peu", parce qu'avec un solde migratoire de 60'262 personnes en 2016, on est encore très, très loin des "8 à 12'000 nouveaux résidents" abusivement proclamés par le Conseil Fédéral avant la votation sur la libre-circulation.

Finalement, pour parler selon des termes précis, vous concluez en affirmant que "l'immigration n'est pas hors de contrôle". En l'occurrence, elle l'est, bel et bien, c'était même le but de l'accord de libre-circulation. La Suisse ne contrôle plus rien. Tout au plus peut-elle encore tenir quelques statistiques sur le sujet, pour l'instant.

Écrit par : Stéphane Montabert | 09/03/2017

@Stéphane Montabert
Merci pour votre commentaire. Je ne parle pas de "baisse de l'immigration", comme vous le suggérez.

Vous écrivez:
"En l'occurrence, l'immigration ne s'est jamais aussi bien portée et ne ralentit pas du tout" et puis quelques lignes plus bas: "Ici, nous avons un ralentissement du rythme de l'immigration".

Votre deuxième affirmation reprend exactement ce que je dis dans mon titre. Les faits sont les suivants: le solde net de croissance de la population a baissé de 34% par rapport à 2009 dans le canton de Vaud (-11% par rapport à 2015). A Genève, le recul du solde est de plus de 60% entre 2016 et 2015. Il s'agit donc d'un ralentissement "très clair".

Écrit par : Claudine Amstein | 10/03/2017

Les prévision du canton de Vaud est que la population actuel d'env 770'000 habitants, passerait à près de 1million vers 2040, principalement dû à l'arrivée de nouvelles sur le territoire vaudois.

Si on va plus loin, on peut projeter une population de 2millions vers la fin du siècle du à l'immigration.

Je ne suis pas d'accord avec ce futur où il n'y aurait plus qu'une ville de Genève à Saint-Gall

Écrit par : motus | 12/03/2017

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