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21/06/2017

Attention à ne pas pénaliser les entreprises et l'emploi

Trop en faire peut parfois se révéler contre-productif… La semaine dernière, le Conseil fédéral a défini les modalités concrètes d'application de l'initiative contre l'immigration de masse: les entreprises devraient annoncer aux Offices régionaux de placements (ORP) les postes vacants pour toutes "les catégories professionnelles" dont le chômage dépasse les 5% à l'échelle nationale. Ce niveau ne tient pas compte de la réalité économique et va engendrer beaucoup de bureaucratie inutile.

Ce seuil de 5% doit en effet être mis en perspective avec les taux de chômage que connaissent d'autres pays: 9,6% en France en avril, 11,1% en Italie, 8,6% en Autriche et 7% en Belgique. Avec notre taux actuel de 3,1%, nous avons l'un des chômages parmi les plus faibles au monde. On voit que la barre des 5% reste encore assez loin de la situation qui prévaut chez beaucoup de nos voisins. Même en Allemagne (3,9% actuellement), le chômage était supérieur à ce niveau jusqu'il y a peu.

En fixant un seuil à 7 ou 8%, bien des chômeurs des professions des secteurs de l'hôtellerie, de la restauration ainsi que du commerce et de la vente, entre autres, bénéficieraient d'une information privilégiée concernant les places vacantes dans les entreprises. Nous aurions ainsi une attitude plus pragmatique, plus favorable aux entreprises, et donc à l'emploi.

Des délais et des exceptions

Rappelons que la mise en œuvre de l'initiative du 9 février 2014 prévoit une préférence indigène à l'embauche: les entreprises cherchant à embaucher une personne tombant dans une catégorie professionnelle frappée par un chômage plus important que la moyenne seront obligées d'annoncer les emplois à un ORP. Mais cela ne s'arrêtera pas là, elles devront attendre un certain délai avant de recruter au-delà de ces ORP. A ce stade, le Conseil fédéral prévoit cinq jours.

Il y aura des exceptions, parfaitement justifiées. Les employeurs n'auront ainsi pas besoin d'annoncer les embauches de membres de la famille ou les embauches internes, par exemple d'apprentis qui seraient engagés au terme de leur formation. Les postes de courte durée (deux semaines ou peut-être un mois) ne tomberont pas sous le coup d'une obligation d'annonce. C'est un minimum!

Pour les milieux économiques, il est clair qu'il faut veiller à recourir autant que possible à la main-d'œuvre locale (comme il faut privilégier le retour sur le marché du travail des femmes qui ont cessé leur activité professionnelle pendant quelques années pour des raisons familiales). Mais la multiplication des actes administratifs inutiles n'aiderait personne; elle ne serait qu'une source de coûts et de tracasseries inutiles pour les employeurs. Les projets d'ordonnances vont partir en consultation dans quelques semaines et leur entrée en vigueur est prévue pour le début 2018. Il est donc encore temps de les modifier.

Commentaires

Les lois sont là pour combler le manque de responsabilité.
Il n'y aurait pas eu de loi si il n'y avait pas de problème.

La responsabilité des tracas administratif ne vient pas de l'Etat, mais est la conséquence de comportements inacceptables, même si il est minoritaire.

L'Economie joue les victimes, mais au lieu de se plaindre devrait agir pour que l'Etat ne soit pas contraint d'édicter des lois.

Si l'Economie se plaint des moutons noirs, elle ne donne pourtant pas les moyens à l'Etat de les chasser.

Si l'Economie veut plus de liberté moins d'administratif, elle doit être prête, à l'image des USA, de payer des amendes très fortes en cas d'infraction.
Au vu des amendes ridicules contre les entreprises utilisant des travailleurs au noirs, il est certain que l'Economie se satisfait de la paperasserie.

Écrit par : motus | 21/06/2017

donc, on se renvoie la balle ! réglementer, faut voir ! si c'est une réglementation qui tombe à côté du but visé, elle ne sert à rien.
les patrons, comme moi, ont toujours embauché des gens du pays de préférence. Encore faut-il en trouver on a déjà vécu cette situation après Schwarzenbach. ça été un fiasco. toute cette réglementation envisagée ne sert à rien. mieux vaut se pencher sur les gens au chômage qui ont plus de 50 ans et les remettre en circulation.
former ceux qui peuvent travailler mais qui pour une raison ou une autre ne le peuvent pas. c'est là que l'état doit participer au bon fonctionnement de l'économmie.

Écrit par : Barbey | 30/06/2017

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