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28/06/2017

La réussite vaudoise marque le pas

Vaud devient-il un canton pauvre? L'Etat va en tout cas recevoir de l'argent de la Confédération l'année prochaine, pour la troisième année de suite, grâce à la péréquation fédérale. Cette évolution est inquiétante parce qu'elle montre que notre région perd en dynamisme financier. Une tendance qui risque d'avoir des conséquences pénibles pour tous à moyen et long terme.

Tout d'abord une précision importante: le canton de Vaud ne passe pas dans le camp des bénéficiaires de la manne fédérale parce que ses recettes fiscales régressent. Les revenus de l'impôt sur les personnes physiques ont au contraire augmenté de 1,9% entre 2015 et 2016 tandis que l'impôt sur le bénéfice apportait 5,3% de recettes supplémentaires. Et cela malgré une baisse du taux d'un demi-point pour ce dernier!

Le problème, c'est que bien d'autres cantons font mieux. Ils partent évidemment de situations parfois nettement moins enviables, que ce soit en termes de gestion des deniers publics ou des rentrées fiscales. Mais la tendance y est actuellement positive et le phénomène de rattrapage semble bien enclenché.

Finances publiques sur la mauvaise pente

Pour ne rien arranger, notre canton a pris la très mauvaise habitude, au cours des dix dernières années, d'accroître plus rapidement ses dépenses que la croissance de l'économie et de la population. La progression des charges a ainsi connu un pic de +5,5% en 2011, avant de ne ralentir que très lentement, L'augmentation était encore de 3,8% en 2015 et de 2,2% en 2016. Un taux à mettre en relation avec une progression du PIB cantonal de 1,4% seulement l'an dernier pour une augmentation du nombre d'habitants de 1,4% également. Les raisons de ce dérapage sont bien sûr multiples, mais le fait que notre canton connaît l'une des fiscalités parmi les plus lourdes de Suisse y contribue largement.

Alors que faire? Ajuster le tir relève du pur bon sens. Et l'une des voies à privilégier consiste à favoriser l'emploi, les investissements et l'activité économique. Permettre aux entreprises de se développer. La RIE III-VD, qui permettra aux PME d'investir davantage grâce aux moyens financiers accrus dont elles bénéficieront suite à la baisse du taux d'imposition, doit être mise en vigueur rapidement. Les chiffres de 2016 montrent qu'une baisse du niveau de l'impôt peut se traduire par une… hausse des recettes fiscales.

Dans le même temps, il est indispensable de stabiliser le budget de l'Etat et de cesser d'augmenter les charges salariales et fiscales. Une nouvelle assurance dentaire cantonale, qui ponctionnerait ménages et entreprises (via une taxe arbitraire sur les boissons sucrées), n'a ainsi aucune raison d'être. Notre priorité doit aller au rétablissement d'un canton compétitif, aux investissements nécessaires et urgents, que ce soit dans les infrastructures routières ou la formation. Pas à l'extension de l'Etat social… dans un canton qui assure déjà des prestations maximales en Suisse. Les chiffres de la péréquation financière fédérale doivent être interprétés comme un signal d'alarme.

Commentaires

Chère Madame,

Merci de votre billet. En tant que chef d'une des nombreuses PME qui font la richesse de notre canton je suis très sensible à votre avertissement.
Vous citez en exemple de dérive dépensière le projet d'assurance dentaire. Il faut savoir qu'il y a non seulement un "projet de contre projet", actuellement analysé par le Gd conseil, 38 mio CHF quand même..., mais surtout l'initiative pour une assurance dentaire, qui prévoit une ponction de 1 à 1,5 % de la masse salariale, sur le modèle du prélèvement pour l'AVS. C'est considérable. Et ce pour financer un projet mal défini dont les coûts ne pourront qu'augmenter (on a des exemples dans les pays autour de nous).
Bref, si cet objet apparemment très circonscrit pouvait servir de drapeau rouge et souligner l'importance du signal d'alarme que vous évoquez, alors tant mieux.

Olivier Marmy

Écrit par : Olivier Marmy | 28/06/2017

Trop d'Etat finit par tuer l'économie. Gardons-nous d'imiter le modèle français.

Écrit par : Jean-Pierre Jenni | 29/06/2017

@ Olivier Marmy : je comprends votre point de vue concernant les frais dentaires.

En revanche, pour de nombreuses personnes, les traitements dentaires sont chers et c'est là où le bât blesse.

Que proposez-vous ?

PS : j'ai fait l'expérience d'une clinique dentaire qui s'est très mal terminée.

Écrit par : Marie | 30/06/2017

Bonjour Marie,

Je suis un peu embarrassé que le thème que j'ai soulevé phagocyte ce blog, dont ce n'était certes qu'on exemple cité à titre illustratif.

Je vous livre un lien en guise de réponse (partielle)
https://www.sso.ch/fileadmin/upload_sso/3_Patienten/10_zahninfo/zahninfo_4_13_f.pdf.
première chose à faire: en parler avec son médecin-dentiste.

Je n'ai pas la prétention d'avoir une réponse toute faite au problème du renoncement aux soins (pas seulement en médecine dentaire d'ailleurs), qui touche en moyenne 4,5 % de la population suisse, selon l'OFS, avec une différence marquées entre ls résidents d'origine suisse et ceux issus de l'immigration. Cela ne doit pas être négligé mais justifier des mesures ciblées, efficaces, adaptées, et certainement pas générales et universelles.

Écrit par : olivier marmy | 01/07/2017

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