UA-64206590-2 UA-101278801-1

09/08/2017

La classe moyenne a droit à une baisse d'impôt

Le moment est venu d'accorder une baisse d'impôt à la classe moyenne, qui n'a souvent que le droit de payer. Et cela tout particulièrement dans le canton de Vaud, qui connaît l'une des fiscalités parmi les plus lourdes de Suisse. L'idée d'agir via les déductions pour primes d'assurance-maladie, comme le prévoit l'initiative des jeunes PLR vaudois déposée fin juillet, est particulièrement judicieuse.

Le texte porterait de 2000 à 3200 francs par an la déduction du revenu pour une personne seule et de 4000 à 6400 francs pour un couple marié. L'initiative se justifie tout simplement par les chiffres: 3200 francs de déduction annuelle représentent une prime mensuelle d'environ 267 francs… alors qu'en 2016, la prime moyenne dont s'acquittaient les assurés vaudois était de 494,70 francs! L'assurance-maladie étant obligatoire, il est impossible de se soustraire au paiement de cette prime.

Impossible… à moins d'avoir un bas revenu, qui permet de percevoir un subside (pour tout ou partie de la prime). Sur ce plan, l'initiative corrigera une pratique totalement incompréhensible que notre canton est l'un des seuls de Suisse à appliquer: la déduction du montant maximal prévu par la loi, que le contribuable perçoive ou non une subvention. A l'avenir, on ne pourra soustraire du revenu que ce que l'on a réellement payé, ce qui est la moindre des choses.

Notre canton a les moyens de mettre en œuvre cette initiative, car ses finances publiques sont saines. Alors que les dépenses de l'Etat progressent chaque année plus rapidement que la croissance démographique et économique, il est normal que la classe moyenne, qui figure parmi les principales contributrices aux recettes publiques, bénéficie elle aussi de l'amélioration de la situation. Cette initiative est logique, souhaitons qu'elle soit rapidement soumise au vote du peuple!

Commentaires

Voilà un cadeau qu'il n'est pas trop difficile de faire ... à court terme. En revanche, s'attaquer sérieusement à l'équation des dépenses de santé qui croissent beaucoup plus vite que les revenus (et donc que les recettes de l'impôt) semble beaucoup moins intéressant pour les forces politiques. Jusqu'à quand fermerons-nous les yeux sur ce déséquilibre qui ronge le budget d'une part croissante des ménages avant de saper les finances publiques si cette initiative est acceptée?

Écrit par : Francis Neirynck | 11/08/2017

Le monde politique est parfaitement conscient que les primes sont beaucoup trop élevées mais on ne fait rien ou presque rien et ce n'est pas avec une déduction que le problème sera résolu : l'idée est alléchante et c'est tout !

Écrit par : Marie | 11/08/2017

Mesdames, Messieurs,

Effectivement la clase moyenne est fatiguée. Les factures sont très lourdes.
Nous sommes toujours a faire attention le pouvoir d'achats et des plus en plus réduit.

Les assurances maladies sont très chères, nous sommes obliges d'augmenter les franchises pour obtenir des meilleures offres, mais au risque de tomber réellement malade a forces de ne plus aller faire les contrôle annuel pour ne plus payer les factures.

Nous les femmes sommes toujours le plus démuni ni l'égalité dans les salaires ni dans les factures, toujours plus a payer.

Que pouvons dire pour enfin être entendu?

Écrit par : Luz Bouza | 14/08/2017

Et quid de l'impôt sur des valeurs virtuelles (fortune, revenu locatif)?

Écrit par : Jean-Pierre Jenni | 14/08/2017

Aucune théorie macroéconomique, depuis Adam Smith à Arthur Laffer en passant par Keynes, n'a encore proposé de baisse d'impôt uniquement pour soulager une catégorie socio-économique particulière. Suivant la situation, une politique fiscale est généralement associée à une politique monétaire et/ou à des investissements étatiques, dans le but de maîtriser l'inflation, d'améliorer l'emploi, de réduire le déficit public ou encore d'accroître le PIB. Mais, c'est toujours sympathique de le proposer, ça va faire du bien...

Écrit par : rabbit | 14/08/2017

J'ai dû mal à voir en quoi une déduction du revenu imposable toucherait spécifiquement la classe moyenne. Elle touche toute personne payant des impôts, en donnant le rabais le plus important aux personnes gagnant le plus (plus précisément, payant le taux marginal le plus élevé). C'est une sorte de subside inversé où plus une personne gagne, plus son subside est important. Si on combine subside et déduction d'impôts, la classe moyenne est même la grande perdante puisqu'elle n'a pas le subside mais gagne moins par la déduction d'impôt que les plus favorisés.


Ainsi pour 1 célibataire à Lausanne, les 1200 frs de déduction supplémentaires donnent les économies suivantes selon le revenu imposable:

revenu subside prime d’impôt
30'000 1212 224
40'000 360 252
50'000 0 251
70'000 0 280
90'000 0 336
120'000 0 350
150'000 0 364
200'000 0 393
300'000 0 434

Écrit par : Mathieu Capcarrere | 17/08/2017

@Mathieu Capcarrere
"Si on combine subside et déduction d'impôts, la classe moyenne est même la grande perdante puisqu'elle n'a pas le subside mais gagne moins par la déduction d'impôt que les plus favorisés."
Cette affirmation est erronée. De manière générale, une déduction fixe agit plus fortement, en %, sur les bas revenus.
1000 francs de déductions sur 70'000 francs amènent une plus forte diminution du revenu imposable, en %, que 1000 francs sur 200'000 francs. C'est une évidence.
La classe moyenne ne peut qu'y gagner.

Écrit par : Claudine Amstein | 18/08/2017

OK, mais Géo vient de me dire que si les dépenses de l'état augmentent plus que le PIB réel, cela risque de déplacer la courbe descendante de la demande agrégée, avec conséquence sur la place du point d'équilibre situé au croisement avec la courbe ascendante de l'offre agrégée, provoquant ainsi une hausse générale des prix. On verra ce qu'on verra.

Écrit par : rabbit | 18/08/2017

Vous seriez aimable de me laisser en dehors de vos histoires d'agrégation d'offres, rabbit...

Écrit par : Géo | 19/08/2017

C'était une couverture au cas où je me serais trompé de théorie. Mais, si c'est la bonne, la gloire retombera sur vous.

Écrit par : rabbit | 19/08/2017

Pour le moment, vous êtes un aimable fumiste, Rabbit. Continuez d'être aimable...

Écrit par : Géo | 19/08/2017

Profondément navré que vous me considériez comme “aimable“, Monsieur Géo. Mais ces fumisteries font partie du programme de 2e année à HEC Lausanne. Je n'y ai ajouté que l'élément "dépenses de l'état", emprunté au même cours enseigné cette fois à l'Université de Californie, Irvine. Si l'indice des prix n'augmente pas dans l'année qui suit la mise en oeuvre de cette politique fiscale, je m'engage à manger mon chapeau (avec la plume)...

Écrit par : rabbit | 19/08/2017

La vraie justice fiscale serait la déduction intégrale de la prime maladie. Car le rapport en baisse d'impôts serait mieux proportionné pour les petits revenus, ou les malades avec une franchise à 300.-- et donc des primes plus élevées.
Par ailleurs, il serait aussi CORRECTE d'abaisser à 2% du revenu le seuil pour déductions supplémentaires des frais médicaux. Cela aussi permettrait aux plus faibles revenus et aux malades de faire des déductions plus conséquentes et ainsi d'avoir une vraie baisse d'impôt.

Il vous faut faire quelques déclarations d'impôts pour voir les réels impacts avant d'arroser de méthodes soporifiques rien que pour de la propagande politicienne, et en aucun cas dans l'intérêts des contribuables les plus faibles.

Écrit par : Corélande | 19/08/2017

Le terme de “justice fiscale” est un oxymore, sachant que dans certains milieux on affirme que les taxes sont le prix à payer pour une société totalitaire.

Écrit par : rabbit | 19/08/2017

@Claudine Amstein "1000 francs de déductions sur 70'000 francs amènent une plus forte diminution du revenu imposable, en %, que 1000 francs sur 200'000 francs. C'est une évidence. La classe moyenne ne peut qu'y gagner."

Sauf qu'avec les taux progressifs, les 1000 frs de déductions de revenus sur 70'000 frs apportent moins en francs que 1000 frs de déduction sur 200'000.

Vous ne pouvez nier qu'en francs par mois, les ménages à bas revenu touchent plus par les subsides, les ménages à haut revenu touchent plus par les déductions d'impôts et ceux qui touchent le moins (en frs) sont bel et bien la classe moyenne.

Précisément, la déduction proposée donne 251 frs à un célibataire qui a 50'000 frs de revenu imposable mais 434 frs à un célibataire qui a 300'000 frs de revenu imposable. Certes 251/50'000 sont un plus haut pourcentage que 434/300'000, mais je laisse chacun juger l'opportunité de subventionner plus quelqu'un qui gagne 300'000 frs que quelqu'un qui gagne 50'000frs.

Écrit par : Mathieu Capcarrere | 21/08/2017

@Mathieu Capcarrere
Vous convenez donc avec moi que la classe moyenne n'est pas "la grande perdante" puisqu'elle va voir ses impôts diminuer. C'est le but de cette initiative. Dans votre exemple, le célibataire économisera 251 francs d'impôts. Il n'économisera pas un centime si elle est refusée.

Écrit par : Claudine Amstein | 21/08/2017

"Il n'économisera pas un centime si elle est refusée." Ah oui, et qui nous dit que les communes et l'état de Vaud ne vont pas revoir à la hausse leurs taux d'imposition?
Et bien évidemment vous n'avez aucune conscience de ce que sont les effets sur les petits budgets, cela d'autant que l'on annonce déjà une augmentation minimum de 5% des primes 2018. Donc ce soi-disant petit bénéfice sera bouffé par l'augmentation des primes ( 22,50 x 12 = 270.--).

Vous êtes toujours en retard d'un char d'assaut et ne prenez jamais de bonnes décisions anticipatives. Et la petite et moyenne classes ne vous dises pas merci et seraient heureuses de vous voir les talons!

Écrit par : Corélande | 21/08/2017

@Claudine Amstein "Dans votre exemple, le célibataire économisera 251 francs d'impôts. Il n'économisera pas un centime si elle est refusée."

Une économie d'impôts n'est pas gratuite, c'est une dépense de l'Etat. Comme pour toute dépense, il s'agit de réfléchir quelle est la meilleure dépense à faire. Je ne crois pas que les gens trouvent que dépenser 1000 frs en donnant 100frs aux bas revenus, 200frs aux moyens, 300 frs aux revenus supérieurs et 400frs aux hauts revenus soient une excellente dépense... et ce n'est en tout cas pas une dépense _spécifiquement_ en faveur de la classe moyenne.

Le vrai titre de votre article devrait être : "La classe moyenne a droit à une baisse d'impôt... et les hauts revenus encore plus!".

Écrit par : Mathieu Capcarrère | 21/08/2017

Les commentaires sont fermés.