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12/10/2017

Le travail ne va pas disparaître !

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C’est la nouvelle théorie à la mode, le nouvel épouvantail : le travail disparaît. L’automatisation de la société s’accélère, l’intelligence artificielle s’immisce dans les recoins les plus inattendus de notre vie quotidienne, des métiers disparaissent aussi vite que les espèces sur la planète. Bref, comme le dit la chanson, c’est la fin du monde tel que nous le connaissons.

Quelques prophètes de la technologie triomphante nous prédisent un avenir digne des meilleurs films de science-fiction, où les machines devenues toutes-puissantes seraient bien plus capables que nous de discernement, et que leur association avec les esprits les plus malfaisants promettrait au monde un chaos destructeur. C’est faire fi de l’histoire, de la faculté d’adaptation de l’être humain, de sa créativité, et d’un élément qu’il faut sans cesse rappeler : les machines, les algorithmes, les logiciels, aussi perfectionnés soient-ils, ne produisent que ce pour quoi ils ont été conçus. L’avenir est sans doute différent du présent, c’est une tautologie, mais il suffit de se pencher sur les prédictions faites dans un passé récent pour constater leur inexactitude.

Du réalisme et de la souplesse

D’autres prophètes serinent un refrain bien connu: si le travail disparaît peu à peu, il faut mieux le partager. Comme si « le travail » était un élément fini, un gâteau standard que l’on répartit en tranches d’égale valeur. Les exemples peu convaincants abondent (la France et ses 35 heures, au hasard), mais cela n’arrête pas les inconditionnels du collectivisme. Ainsi des Jeunes socialistes suisses, qui proposent une semaine de travail à 25 heures, sans diminution de revenu, bien entendu. Le tour de passe-passe serait réalisé par la seule grâce de l’augmentation de la productivité – et financé par les riches patrons, bien entendu.

Les jeunesses partisanes font souvent œuvre de provocation pour avancer des idées nouvelles. En l’occurrence, les Jeunes socialistes recyclent et exagèrent une idée qui sent déjà l’obsolescence. Si nous devons retenir une leçon globale de l’évolution technologique de notre société, c’est qu’elle exige de nous davantage de souplesse et d’inventivité que de rigidité.

Des métiers disparaissent, d’autres se créent. Les tâches rébarbatives, répétitives, qui ne demandent aucune créativité, sont de plus en plus prises en charge par des robots ou des logiciels. Mais les exigences en matière de services individualisés et de gestion de la complexité ouvrent de nouvelles perspectives. L’urgence n’est donc pas de brider le travail, mais de mieux accompagner ses mutations, en adaptant notre cadre législatif et régulatoire à ces réalités. Et en insistant sur la formation, à tous les niveaux, pour éviter que cette révolution n'engendre des cohortes de victimes.

Commentaires

Madame,

Le travail ne disparaitra pas mais sa forme, sa quantité, sa qualification vont drastiquement changer. Il y a 100 ans l'on passait d'agriculteur à cheminot en 1 à 2 semaines de formation. De nos jour il faut une génération car la caissière qui perd son travail par le remplacement de sa caisse par une caisse automatique et numérique ne sera jamais ingénieure pour la concevoir. Son fils ou sa fille peut être!
Opposé aux 35 comme aux 25 heures, ingénieur ouvert aux nouvelles technologies, je me pose quand même certaines questions sur ces sujets et la lecture, entre autres, de publications comme "l'Innovation destructrice" de Luc Ferry ou celle de Johann Ruppert (que l'on peut difficilement taxer de gauchiste) qui est, alors je ne le suis pas, favorable au RBI justifie une réflexion un peu plus élargie et soutenue que votre prise de position superficielle aussi calibrée dans un sens (c'est votre travail il est vrai!) que les propositions des jeunes socialistes le sont dans l'autre.
Bonne soirée

Écrit par : Jean-Michel Hostettler | 12/10/2017

Je vous remercie de vos réflexions et je comprends vos interrogations. iI est intéressant de constater sur le terrain des changements que nous n'aurions pas imaginés, il y a quelques années seulement. Des industries rapatrient la production de masse qu'elles avaient délocalisée en Chine et voient même de nouvelles synergies avec la production de niche qui était restée en Suisse. Ce sont des nouveaux emplois, certes pas en masse, qui sont créés. Quant aux caissières, elles ont déjà changé de rôle en devenant des assistantes à l'achat qui est un rôle bien plus valorisant que celui de rester assise à journée faite à une caisse. Quant au petit robot que vous voyez sur la photo qui accompagne mon blog il est utilisé en EMS pour des activités que nous ne pourrions pas offrir aux résidents pour des raisons financières, mais il est programmée de manière simple par le personnel actuel de l'EMS. Ces quelques exemples montrent que le travail évolue et qu'il offre de nouvelles perspectives dont nous n'avons pas encore mesuré l'ampleur, mais qui nécessite souplesse et ouverture d'esprit et non un nouveau carcan.

Écrit par : amstein | 12/10/2017

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