UA-64206590-2 UA-101278801-1

22/11/2017

Des pistes contre le chômage longue durée des seniors

Recherche_job2.jpg

Le constat est unanime : en Suisse, si le taux de chômage des plus de 55 ans reste relativement bas (il est inférieur à la moyenne), la part des chômeurs de longue durée est préoccupante. Dans cette tranche d’âge, plus de quatre chômeurs sur dix épuisent leurs droits à l’assurance, et tombent à la charge de la collectivité. Cette tendance n’a fait que se renforcer ces dernières années.

Comment combattre ce phénomène ? Dans son programme de législature présenté le mois dernier, le Conseil d’Etat vaudois ambitionne de « créer » un millier d’emplois destinés aux chômeurs seniors. Des emplois soumis à un contrat à durée déterminée d’une année, afin de replacer ces personnes sans emploi dans le marché du travail, de leur remettre le pied à l’étrier. Le gouvernement compte sur les entreprises pour « jouer le jeu ».

A vrai problème, mauvaise solution. Sauf si l’on veut en inventer pour faire joli dans le paysage statistique, les emplois ne se décrètent pas ex nihilo. Ils ont une existence tangible, ils répondent à une nécessité, ils sont utiles – et c’est bien ainsi qu’ils permettent à l’individu, en plus d’engranger un revenu, de se réaliser en tant que personne. Définir des emplois par catégorie d’âge, en leur fixant qui plus est une durée limitée d’engagement, c’est nier à ces personnes la valorisation que procure un travail réel, et ôter la motivation qui accompagne le cursus professionnel.

Sans compter la difficulté pratique de trouver les domaines d’activité où l’on pourrait forcer la création d’emplois non désirés, pour des personnels non formés, dans un contexte de concurrence exacerbée, de numérisation de la société, de charges réglementaires et de pression sur les coûts.

Des idées plus inspirantes...

Mais que faire alors ? Des pistes existent. Examinons deux éléments fondamentaux. Les seniors au chômage souffrent souvent d’un décrochage de compétences, face à un environnement professionnel qui change rapidement. Pour favoriser leur réinsertion, quatre cantons alémaniques (Saint-Gall – initiateur du projet –, Aarau, Schaffhouse et Bâle-Campagne), aidés par le Pour-cent culturel Migros et Pro Senectute, ont mis sur pied le programme de mentorat Tandem Plus. Cette initiative fonctionne depuis douze ans déjà à Saint-Gall. Elle a permis à plus de 600 personnes de se réinsérer dans le marché du travail, avec l’aide d’un mentor qui non seulement prodigue conseils et soutien au chômeur dont il s’occupe, mais qui, de manière décisive, lui ouvre son réseau. Un élargissement de cette expérience à la Suisse romande serait certainement intéressant.

Par ailleurs, dans le canton de Vaud, l’obligation légale de passer à un système de curatelles volontaires dès le début de l’an prochain pourrait ouvrir des possibilités de confier à des seniors en recherche d’emploi ces tâches à responsabilité, qui nécessitent une solide expérience de la vie.

L’autre point touche évidemment au coût des charges sociales des seniors. Notre système de prévoyance professionnelle aggrave le problème des plus de 55 ans qui cherchent un emploi : à qualification égale, ils « coûtent » nettement plus chers que des candidats plus jeunes. Il vaut la peine de se pencher sérieusement sur une réforme du système de cotisation au 2e pilier, pour unifier le taux de prélèvement des cotisations quel que soit l’âge, et ne plus calculer qu’en nombre d’années de cotisations plutôt qu’en tranches d’âge. Cette réflexion s’accompagnerait d’une reconsidération du calcul global des cotisations et des rentes LPP, afin d’en simplifier et d’en moderniser le fonctionnement. Les entreprises sont prêtes à faire leur part en ce sens.

Ces améliorations concrètes des conditions d’emploi et d’employabilité des seniors valent mieux que des mesures forcées à court terme. Il serait plus constructif de les envisager.

Commentaires

Si l'expatriation pour raison économique permet d'améliorer les statistiques concernant la précarité des aînés, cela reste toujours une initiative personnelle ressentie comme une mesure forcée.

Écrit par : rabbit | 22/11/2017

Ex responsable d'un centre de contact pour personnes au chômage je puis affirmer que l'emploi retrouvé pour une durée déterminée d'une année serait au moins aussi pénible à gérer que les stages des chômeurs qui ne durent que quelques mois après quoi tombe le couperet alors que la plupart de ces chômeurs se disent qu'ayant bien travaillé pendant leur stage le poste étant à repourvoir ils garderont leur emploi.
Ce qui, généralement, ne se confirme pas.

Les bonnes raisons consolations en fait sorte d'alibi: expérience enrichissante, retour pour un temps au marché de l'emploi pour ces chômeurs sont connues, certes, mais une fois le stage terminé retour à la case départ avec après plusieurs stages à leur ressenti sans "résultat" non seulement découragement mais désespoir de plus d'un.

A propos des curatelles: un senior en recherche d'emploi éventuellement stressé exactement comme les chômeurs moins âgés mal dans sa peau jouit-il forcément d'un bon état d'équilibre comme de stabilité?

Ne faudrait-il pas accorder davantage d'attention aux licenciements professionnels des seniors pour raison d'âge car il y a des formules toutes faites ne mentionnant pas la raison réelle justifiant de telles fins d'emplois en réalité parfaitement imméritées!?

Écrit par : Myriam Belakovsky | 23/11/2017

Si l'idée de vouloir "imposer" aux entreprises les plus de ... ans, je crains les remarques désobligeantes des personnes plus "jeunes" dans l'entreprise, ce qui ne facilitera guère leur insertion.

C'est déjà désagréable de subir les "vos parcours et CV sont excellents mais nous avons le regret de vous informer que notre choix s'est porté sur une autre candidature" : j'en parle en connaissance de cause !!!

Les personnes de plus de 55 ans ont une qualité : elles sont libres et dans la grande majorité des cas plus aucune charge de famille, ce qui signifie qu'elles peuvent s'investir sans demander des congés pour enfants malades, médecins, etc...

Écrit par : M.A. | 23/11/2017

Réforme du 2ème pilier:
Oui, il m'est apparu depuis longtemps que ce système avait un gros défaut.
On avait voulu arriver rapidement à un assez bon niveau de rentes.
Et le résultat est que la progression des cotisations avec l'âge a un effet pervers inadmissible: engager des collaborateurs âgés coute cher au niveau de 2ème pilier.
On peut parfaitement imaginer que la cotisation de l'employé croisse au cours du temps; plus il avance en âge, plus il est intéressé au niveau de sa retraite et à partir d'un certain âge, il a souvent moins de charges familiales.
Mais il serait possible que la cotisation de l'employeur soit linéaire au cours du temps. On peut parfaitement faire un système qui aboutisse à la parité des cotisations sur le long terme. Ainsi l'employeur ne paierait pas plus ni moins de cotisations pour un collaborateur âgé que pour un jeune.
Reste à donner un coup de pouce temporaire pour combler les cotisations de l'employeur des employés âgés durant une phase transitoire. Ça peut couter moins cher que du chômage et des prestations sociales!

Écrit par : Jean Gnägi | 23/11/2017

Pour parler franc, l'économie n'aime pas les "vieux", point final. Il ne s'agit pas de manque de compétence, voir de coût, mais de manque de jeunesse.

Les solutions, il y en a pas des tonnes. L'économie en tant que acteur de la société a le devoir de prendre ses responsabilité.

Vos pistes, elles n'en sont pas, c'est du blabla, les mêmes qui durent depuis des années pour éviter les responsabilités.
Et vous voulez augmenter l'âge de la retraite ?

Écrit par : motus | 23/11/2017

Des pistes....En Suisse on manque de personnes qualifiées mais refusons d'engager des personnes avec de l'expérience pour raison de coûts même si ces personnes acceptent des salaires inférieurs.
Beaucoup se mettent à leur compte car ils n'arrivent pas à trouver un emploi. Au début d'une nouvelle activité, ce n'est pas toujours facile et essayent de trouver des emplois temporaires pour compléter leurs revenus. Même constat : Aucun engagement et lorsqu'ils demandent de l'aide au chômage, ils doivent abandonner leurs activités pour recevoir des indemnités. Résultat, à la fin de leur période, ils se retrouvent au social jusqu'à la retraite....
Voilà de quoi méditer !

Écrit par : IPO | 24/11/2017

Je pense que pour parler de chômage, il faut l'avoir connu. Stress, incompréhension face à des personnes qui font un travail routinier en ORP, voir le tournus, fonds de formation dilapidé sans aucuns but si ce n'est d'utiliser les Bons reçus, cours donnés par des frontaliers alors qu'en Suisse il ne semblerait pas qu'il y ait des gens capables. L'état est en partie responsable des dérives qui au final coute des millions dans des actions sans avenir. j'en veux pour preuve des salaires de 150'000.00 annuel donné aux ''fondateurs des quartiers solidaires ''. cet argent serait bien mieux utilisé à réellement créer des emplois en venant en aide à la création d'entreprise.

Écrit par : Sudan | 25/11/2017

@ Sudan : exact !

Avant de parler chômage, il faut en connaître les rouages tels qu'ils se pratiquent, surtout lorsque l'on vous explique par A+B etc.. qu'il ne faut pas faire ceci, cela, etc... mais "FAIRE" uniquement ce que l'on vous dit !

Il ne faut pas oublier que c'est devenu à la mode d'engager des personnes sans formation, principalement dans la vente, alors qu'il y a des professionnels/professionnelles au chômage mais trop âgés/âgées ! Il est évident que c'est moins cher !!!

Écrit par : M.A. | 26/11/2017

Écrire un commentaire