20/12/2017

Méditation autour du sapin

La-neige-gele-les-achats-de-Noel.jpg

Les Fêtes de fin d'année constituent une parenthèse bienvenue dans nos existences trépidantes. Cette respiration est toutefois relative, car la fièvre acheteuse saisit la plupart d'entre nous pendant cette période. Dans le fond, nous sommes assez loin de la trêve des confiseurs chère à nos voisins français. Trêve qui n'en est pas une, dans les faits.

Outre-Jura, justement, les commerçants profitent pleinement de cette frénésie d'achats en ouvrant leurs échoppes le dimanche, et en proposant des produits souvent bien moins chers et plus variés qu'en Suisse. Songeons par exemple au riche assortiment de produits laitiers que l'on trouve dans leurs rayons et au prix de la viande. Pour les Helvètes proches de la frontière, il devient alors tentant d'envisager une petite escapade à Evian, à Divonne-les-Bains ou à Pontarlier. Et cela même si l'euro a tendance à remonter ces derniers temps.

Pour relever le défi de ce tourisme d'achat, les détaillants suisses doivent impérativement faire preuve d'imagination, car la période de fin d'année est celle où ils réalisent la plus grande partie de leur chiffre d'affaires. Il leur faut donc redoubler d'ingéniosité pour amener le client à acheter et à consommer local. Les solutions à disposition ont pour nom extension des horaires, fidélisation et efforts sur les prix.

Dimanche dernier, les commerçants de La Chaux-de-Fonds (NE) ont ouvert leurs magasins et mis sur pied un marché de Noël attrayant. C'est ce qu'on appelle le concept «d'expérience d'achat globale». Le bilan a été jugé positif, tant par les marchands que par la clientèle, ravie d'avoir - enfin - le temps d'effectuer ses achats de Noël.

Ce genre d'initiative doit être salué. Acheter sur place fait prospérer le commerce local et, par la même occasion, du bien à l'environnement. Celles et ceux qui font des dizaines de kilomètres - voire davantage -  pour acheter à meilleur prix oublient souvent de tenir compte des frais de déplacement, de la pollution induite et du temps finalement perdu au volant. Tout compte fait, les bénéfices escomptés n'en sont plus vraiment.

La même analyse vaut pour les achats sur Internet, dont les jeunes, en particulier, sont si friands aujourd'hui. Acquérir des marchandises par ce biais n'est pas aussi favorable que le prétend la génération Y. Tout d'abord, cela prétérite le commerce et l'industrie suisses, et donc l'emploi. En outre, s'ils ne se déplacent plus – sinon au bureau de Poste pour renvoyer leurs colis… -, ces consommateurs oublient de prendre en compte le transport des produits par camion, voire par avion. Quant à l'utilisation du Web, elle est loin d'être aussi écologique que certains l'avancent. En août dernier, le Conseil fédéral a révélé dans un rapport que les services liés à Internet consomment 7,8% de l’électricité dans notre pays! En cause: les data centers abritant des milliers de serveurs, qui stockent et qui servent de relais aux données numériques. Ils absorbent à eux seuls 1104 GWh, soit l'équivalent de la consommation électrique du canton de Neuchâtel!

Et si nous prenions le temps de méditer sur nos contradictions d'humains autour du sapin, au moment de distribuer les cadeaux? Notre économie et l'environnement s'en porteraient sans doute mieux.

Photo: MAXPPP

Commentaires

Article très intéressant, merci pour ces informations..

Écrit par : EdSverige | 25/12/2017

Il fut un temps, une trentaine d'années, où auprès d'un sapin de Noël quelques pasteurs redisaient en vain que les "achats" n'ont rien à voir avec la fête de Noël.

Les rois mages venu d'Orient pour arriver à la crèche ont fait une "escapade", certes, mais leurs cadeaux symboliques l'or, l'encens et la myrrhe de loin évoquent ce que seront les cadeaux des fées aux enfants nouveaux-nés principalement le jour de leur baptême à condition d'y avoir été invitées (La Belle au bois dormant).

En Inde on croit au fées des deux sexes plus ou moins bienveillants comme bienveillantes.

A Lourdes, le terrain conduisant à la grotte connue était un lieu de passage dévolu aux fées et une parente de Bernadette "guérisseuse" de son état pour autant qu'on sache non dénoncée ou condamnée par l'Eglise catholique pour délit/s de sorcellerie.

Notre société de marché et rien que de marché et "officiellement" décidée sans éthique par le fait est une baffe aux acquis sociaux durement gagnés.

Ne faudrait-il pas faire de chaque jour un moyen pour ne pas penser qu'à soi sans attendre la fin de l'année pour un sourire, un vœu, une invitation "gratuite" (sans arrière pensée) juste par et pour le cœur dont on nous a dit qu'il voit mieux que tout le reste?

Écrit par : Myriam Belakovsky | 30/12/2017

Les commentaires sont fermés.