21/02/2018

Crèche rime encore avec dèche

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Trouver une place de crèche en Suisse romande s'apparente à un parcours du combattant pour les parents. Selon une enquête récente menée par «Le Matin dimanche» auprès d’une quinzaine de municipalités de ce côté-ci de la Sarine, il faut compter près de sept mois d’attente en moyenne avant de pouvoir espérer placer son enfant. À Vernier (GE), le délai d’attente peut dépasser les deux ans. Dans notre canton, il faut compter douze mois dans la région de Lavaux-Oron, et entre six et douze mois du côté d'Yverdon-les-Bains.

Durant ces quinze dernières années, la Confédération a soutenu la création d'environ 57'400 places de crèches avec une manne de 370 millions de francs, a indiqué la semaine dernière l'Office fédéral des assurances sociales (OFAS). Le nombre de nouvelles places demeure toutefois très insuffisant. Cette problématique est centrale pour les parents, car les modèles familiaux ont évolué, de même que les aspirations des salariés. Le modèle traditionnel, à savoir un seul actif par ménage, est de moins en moins la règle. Que ce soit par choix ou par nécessité importe peu, il s'agit d'un fait.

C'est l'occasion de rappeler que le canton de Vaud est un précurseur dans le domaine des structures destinées aux élèves du primaire, en dehors des heures de classe, une politique que la Chambre vaudoise du commerce et de l'industrie soutient de longue date. Depuis 2009, la loi sur l’accueil de jour des enfants (LAJE) assure un financement complémentaire pour la création de places en crèches ou garderie, à charge uniquement des employeurs. Ceux-ci y participent à hauteur de 0,08% de la masse salariale. Cette contribution va doubler d'ici à 2019 à la faveur d'un accord négocié entre le canton et les organisations économiques dans le cadre de la réforme vaudoise de l'imposition des entreprises (RIE III). La charge, pour ces dernières, était de 24 millions au départ, puis elle est passée à 36 millions, et elle devrait grimper à 48 millions d’ici à 2019. Un geste qu'il convient de relever.

L'avenir de l'entreprise au féminin

Vu les besoins en places d'accueil, des initiatives privées se font également jour, non sans difficulté. Une enquête de «24 heures» parue mardi dernier met en évidence les freins que rencontrent ces acteurs dans leurs démarches. En tête des problèmes pointés du doigt: la réglementation des crèches et leur mode de subventionnement, qui créerait des disparités entre les communes. Des partenariats publics-privés fonctionnent pourtant, comme l'illustre le quotidien avec un exemple nyonnais. La Fondation pour l'accueil de jour (FAJE) favorise ainsi la mise en réseau, qui consiste à regrouper collectivités publiques, partenaires privés, structures d’accueil à but non lucratif et structures de coordination. Le réseau s’organise librement sur un plan juridique et organisationnel. Il doit être reconnu par la FAJE et, pour cela, satisfaire un certain nombre de critères. Une réflexion sur ces derniers et sur le «swiss finish» pourrait faciliter la création de nouvelles structures.

Le manque de personnel lié au départ à la retraite attendu des baby-boomers, ainsi que le tarissement de l'immigration auquel on assiste déjà aujourd'hui, offre aux femmes des opportunités de faire valoir leurs compétences et d'accéder à des postes dirigeants. La création de places de crèches et d'accueil de jour des enfants reste donc une condition sine qua non pour y parvenir. N'ayons pas peur de conjuguer l'avenir de l'entreprise au féminin.

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