11/07/2018

S’accorder avec l’UE ou se saborder

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Pour le cinquième mois consécutif, le taux de chômage baisse dans le canton de Vaud (3,4% fin juin). Sur cette période, le nombre de demandeurs d’emploi a reculé de 14%, soit 3745 personnes. Cette bonne nouvelle est révélatrice du dynamisme de notre tissu économique, mais aussi de la reprise au-delà de nos frontières. L’Europe incarne en effet notre premier partenaire économique : la Suisse exporte davantage dans le Bade-Wurtemberg – Land du sud-ouest de l'Allemagne – que dans l’ensemble de la Chine ! Quant à notre canton, depuis la crise des années 90, c’est l'ouverture des frontières et l'internationalisation de son économie qui lui ont permis d’afficher une croissance supérieure à celle du pays.

Ces dernières années, nos entrepreneurs ont donc su saisir les opportunités offertes par ce grand marché européen, tout en innovant sans cesse. On entend trop souvent parler de nos relations avec l'Union européenne en termes de « problèmes ». Dans ces relations résident surtout des solutions et des opportunités. Les derniers chiffres publiés tordent le cou aux préjugés. Non, notre marché de l’emploi n’est pas submergé par un afflux de travailleurs européens. Bien au contraire, ces derniers risquent de manquer. Quand la conjoncture se porte bien dans les pays voisins, les entreprises ont plus de difficultés à y recruter des ressources, pourtant indispensables. Le 14ème rapport de l'Observatoire de la libre circulation des personnes, publié le 3 juillet, le souligne clairement. Le nombre d'immigrants en provenance des États de l'UE28/Aele a baissé de 11% en 2017, par rapport à l'année précédente. Et de plus de 50% par rapport à l'année record 2013.

Une main-d’œuvre recherchée

Ce rapport démontre également que cette immigration, comprenant des personnes très qualifiées comme peu qualifiées, est complémentaire à l'offre de travail dans notre pays. Les chiffres sont clairs : il n’y a pas d'éviction des travailleurs « indigènes », y compris au Tessin et en Suisse romande. Au contraire, ces deux régions ont besoin de cette main-d’œuvre. La libre circulation des personnes ne s’avère pas un frein, mais bien un accord profitable à la Suisse, à son économie et, enfin, à l’emploi.

Notre pays ne peut pas se permettre de jouer les divas en prônant la fermeture et le protectionnisme. Nous ne sommes pas Donald Trump, nous n'avons pas les moyens de ses errances économiques. Notre prospérité actuelle, enviée internationalement, est largement liée aux accords bilatéraux qui ont été négociés, patiemment et intelligemment. Un avenir positif pour la Suisse, ses habitants et ses entreprises, passe par l'amélioration de ces accords, et en aucune façon par la rupture! La position de faiblesse de la Grande Bretagne à la suite du Brexit éclaire cette réalité. Souvenons-nous en, à l'aube de voter sur l'initiative « pour l'autodétermination » ; un texte qui porterait dramatiquement atteinte à nos accords internationaux.

Pour cette même raison, parvenir à négocier un accord institutionnel avec l'UE dans les mois qui viennent est impératif. Les entreprises ont bien sûr besoin que les bilatérales restent efficaces, mais aussi d’améliorer leurs conditions d'accès au marché européen. Le développement de notre tissu économique en dépend largement. Il importe de se montrer constructif, et même créatif, pour que le Conseil fédéral puisse sceller un nouvel accord avec l’UE. L’équation à résoudre n’est pas impossible : garantir un niveau de protection équivalent aux mesures d’accompagnement, sous une forme acceptable pour les deux parties, et assurer les conditions-cadres nécessaires à la compétitivité de la Suisse. Acteurs politiques, économiques et syndicats portent ensemble cette responsabilité.

Photo: DAE

Commentaires

L'exploitation des données est une source inépuisable de bonnes ou mauvaises nouvelles: il suffit de modifier un critère pour obtenir le résultat escompté. À commencer par les chiffres de l'emploi, comme cela se fait depuis que les statistiques existent. Idem pour le commerce extérieur: à comparer les exportations en direction de l'Allemagne (40 milliards CHF) avec celles avec la Chine (17 milliards CHF) on pourrait en rester là. S'il n'y avait l'étude (*) menée par Switzerland Global Enterprise, avec le Centre de recherche conjoncturelles (KOF) de l’ETH Zürich, pour élargir le champ de vision.

(*) http://www.s-ge.com/fr/article/communiques-de-presse/20174-marches-dexportation-pour-les-pme

Écrit par : rabbit | 11/07/2018

Un pays, ce n'est pas que l'économie, c'est une population aussi.
L'économie doit faire vivre la population résidente pour améliorer la qualité de vie. Quel est l'intérêt de créer des entreprises si il faut aller chercher les travailleurs hors de Suisse.
A court terme ça rapporte, à moyen, ce sont de nouvelles infrastructures et de moins bonnes conditions de vie.

Il faut changer de disques.

J'ajoute que la Suisse est le pays qui a vu sa population le plus augmentée en Europe. En quoi le citoyen y trouve son compte ?

L'enjeu n'est plus de faire venir des entreprises sauf si elles n'ont pas besoin massivement de travailleurs extérieurs à la Suisse.

L'économie doit être en osmose avec la population. C'est ceci qui est devenu le plus important.

Écrit par : motus | 11/07/2018

Nous pouvons bien sûr porter des regards différents sur la situation. Toutefois, le faible taux de chômage est une réalité. Et les entreprises qui sont dans le canton, qu’elles soient suisses ou étrangères, emploient des collaborateurs qui participent non seulement au dynamisme économique de la région, mais aussi à la vie sociale. Les équilibres sont importants, la flexibilité et l’ouverture aussi. Cette recette a prouvé qu’elle permet de développer les entreprises, l’emploi, pour assurer au final la prospérité du canton et de ses citoyens.

Écrit par : Claudine Amstein | 13/07/2018

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