22/08/2018

La flexibilité, la meilleure réponse pour le congé paternité

 

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Un congé parental de 38 semaines à répartir entre le père et la mère du nouveau-né! Le moins que l'on puisse dire, c'est que la Commission fédérale de coordination pour les questions familiales (COFF) a fait sortir les politiques et le monde économique de leur torpeur estivale avec cette proposition choc! Tout cela au moment même où une commission des États vient de se pencher sur l’initiative populaire qui réclame quatre semaines de congé paternité payés, durée qu'elle a d'ailleurs proposé de réduire de moitié. De l'art de donner un coup de pied dans la fourmilière.

Selon les résultats d’une analyse commandée par la COFF et publiée avant-hier, le congé parental se révélerait profitable non seulement aux parents et à l’enfant, mais également à la société et à l’économie. Les coûts de ce modèle sont estimés entre 1 et 1,5 milliard de francs. Leurs promoteurs assurent qu'«une augmentation de 1% du taux d’emploi des femmes permettrait déjà, avec les recettes fiscales engendrées, de couvrir les coûts d’un congé parental entièrement rémunéré de 18-20 semaines». Un peu trop beau pour être crédible…

Pour irréaliste qu'elle soit, cette idée généreuse ne saurait être contestée dans son esprit. Le monde de l'économie en est d'autant plus convaincu que ce congé est déjà une réalité dans de nombreuses entreprises, lesquelles aménagent, lorsque cela est possible, des politiques familiales particulièrement arrangeantes. Dans son enquête conjoncturelle d'automne 2017, la CVCI avait pris le pouls de ses membres à propos de l'initiative visant à introduire un congé paternité flexible de quatre semaines. Si une très légère majorité des répondants (51%) se déclarait favorable à un tel système, les avis étaient toutefois très partagés, puisqu'une majorité des industriels (56%) rejetait cette option. Seuls 22% des répondants accordent en fin de compte un congé paternité, pour une durée moyenne de 6,3 jours.

Pour des solutions personnalisées

Ce résultat montre donc une certaine évolution du monde de l'entreprise. Des freins importants subsistent toutefois, car 63% des répondants opposés à cette initiative mettaient en avant l'obstacle de la structure de l'entreprise, et 49% estimaient que cela impliquerait des coûts trop élevés. Des solutions personnalisées en fonction des moyens et organisations pourraient dans tous les cas être encouragées. La CVCI montre à cet égard l'exemple en prônant le temps partiel et le télétravail.

Mettre en place un modèle satisfaisant à la fois les employeurs et les collaborateurs ne saurait découler d'une obligation légale, qui pourrait se révéler particulièrement dommageable dans certains secteurs. Membre du Conseil stratégique de la CVCI, l'industriel Jean-Marc Probst n'a pas dit autre chose l'autre soir sur les antennes de la RTS. Selon lui, le choix d'un tel congé devrait être laissé aux patrons, car toutes les organisations ne disposent pas de grands effectifs permettant des remplacements aisés entre collègues. C'est pourquoi il faut agir sur la flexibilité des horaires de travail, disposer d'horaires scolaires harmonisés, prévoir des périodes de vacances compatibles avec les temps de vacances scolaires et améliorer le système de garde.

C'est un fait: la flexibilité constitue une réponse adaptée pour le congé paternité.

Photo: AdobeStock

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