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11/02/2015

Remplacer la TVA par une taxe sur l’énergie aurait des conséquences fatales

Tripler le prix de l’essence et de l’électricité serait donc favorable à l’économie! Les promoteurs de l’initiative populaire «remplacer la TVA par une taxe sur l’énergie» pratiquent-ils l’humour noir? Leur proposition (taxer massivement toutes les énergies fossiles) consiste en réalité à détruire complètement notre tissu industriel actuel pour – promettent-ils - le remplacer par une société totalement cleantech.

Pour les entreprises industrielles, remplacer la TVA par une taxe sur l’énergie revient à les imposer de plein fouet à un taux d’autant plus élevé que la production est intensive en machines (et donc en énergie). Car la suppression de la TVA de 8% ne changerait rien pour elles: les entreprises (toutes) peuvent actuellement déduire la TVA qui frappe leur activité entrepreneuriale imposable.

La taxe sur l’énergie ne serait en revanche pas déductible. Ni reportable sur le client final, dans un très grand nombre de cas.

Prenons l’exemple de l’industrie d’exportation (plus de 208 milliards de francs en 2014): ce serait tout simplement impossible. On le voit avec le franc fort, les entreprises doivent constamment abaisser leurs coûts pour rester compétitives. C’est extrêmement difficile, il faut parfois recourir au chômage partiel, d’autres fois à des licenciements. Tous les salariés qui travaillent dans ces entreprises le constatent au quotidien.

Chômage massif

Que se passerait-il si l’on triplait le prix du kWh par-dessus le marché. Lorsque l’on sait qu’en Suisse, les entreprises consomment 60% de l’électricité: pas besoin de mille études pour conclure qu’un tel choc se traduirait par des délocalisations immédiates. Et des faillites. Avec un chômage massif.

Mais les entreprises n’auraient qu’à consommer de l’énergie propre pour échapper à la taxe, affirment les initiants. Vraiment? La vérité, c’est que dans cinq ans (l’initiative donne cinq ans pour imposer la taxe), ou même dans dix ou quinze ans, il sera impossible de fournir toute l’industrie en courant vert. Les entreprises n’échapperont donc pas à la taxe. Comment peut-on prétendre vouloir vendre, du jour au lendemain des machines ou des instrument 10, 20 ou 30% plus cher?

Petite parenthèse: pourquoi une telle fourchette? Parce que l’initiative prévoit aussi de frapper de taxer l’énergie dite grise (celle qui sert à la fabrication du produit, sa reconversion/destruction): les industriels devront donc s’acquitter de taxe supplémentaires sur les équipements qu’ils acquièrent, ceux-ci étant rarement biodégradables… Or cette taxe sur les énergies grises est difficilement chiffrable.

Elle promet toutefois d’être très copieuse, car une acceptation de l’initiative se traduirait immédiatement par une baisse des recettes de la nouvelle taxe sur l’énergie. Les entreprise qui fermeraient ou délocaliseraient ne la paieraient pas. Les automobilistes rouleraient moins ou iraient encore plus faire le plein à l’étranger. Résultat, les recettes actuelles de 23 milliards de francs de TVA devraient bien être trouvées quelque part… tenez, sur l’énergie grise, par exemple! Au bout du compte, ce sont bien évidemment les ménages qui paieront les pots cassés. Et la facture – les impôts, pas seulement la taxe – augmentera encore, car la débâcle sociale due à la flambée du chômage aurait un coût énorme.

Aucun bénéfice

Cette initiative ne présente absolument aucun avantage. Notre pays gagne un franc sur deux à l’étranger, on ne peut pas se comporter comme si nous étions totalement isolés du monde. La seule certitude que l’on peut avoir d’une mise en œuvre de ce texte, c’est que notre pays s’appauvrirait très rapidement. NON!

02/04/2014

La route Aclens-Cossonay est enfin en vue!

On en parle depuis si longtemps qu'elle était devenue une véritable arlésienne. Vingt ans! Cette fois, pourtant, le projet de route entre la zone industrielle d'Aclens-Vufflens-la-Ville et la sortie d'autoroute de Cossonay est enfin concret. Le Grand Conseil en débattra à l'automne et le tronçon pourrait être inauguré en 2019. Il s'agit là d'un investissement essentiel pour toute la région et même pour tout le canton. Car la zone reliée est un pôle logistique romand.

Alors comment comprendre que les milieux écologistes annoncent déjà vouloir le combattre par un référendum? Cette route passera effectivement par-dessus la Venoge, que les Vaudois ont décidé de protéger en 1990. Mais le projet – qui est un projet rail-route avant tout - tient justement compte de cette obligation et prévoit de revitaliser la rivière!

Les habitants de la région souhaitent cette route (appelée RC 177). Les entreprises installées sur place depuis les années 1960 également. Certaines en ont même besoin pour se développer sur place, comme Coop, qui prévoit d'investir 100 millions. Le site pourra aussi accueillir de nouvelles sociétés, obligées de toute manière de déménager de la périphérie de Lausanne en raison de la construction du tram entre Renens et Le Flon. Leur départ permettra de construire des logements justement là où il en manque aujourd'hui. 

Ce projet a l'avantage d'allier économie, aménagement du territoire et écologie. Près de 1500 emplois pourraient être créés dans la zone d'Aclens-Vufflens-la-Ville. Des emplois dans la logistique, dont la région a aussi besoin. Les communes riveraines seront beaucoup moins importunées par le transit des camions tandis que ceux-ci émettront beaucoup moins de CO2 puisqu'une bonne part d'entre eux évitera le détour par la jonction de Crissier. Quant à la Venoge, elle en ressortira plus belle qu'avant. 

Décidément, le refus obstiné des écologistes est incompréhensible!

09/10/2013

Transition énergétique: l'ouverture du marché de l'électricité est un préalable!

La transition énergétique dans laquelle s'est engagée la Suisse est un chantier difficile. Il faudra veiller à garantir notre approvisionnement à des prix compétitifs. Tout cela en abandonnant progressivement 40% de la production actuelle d'électricité (nucléaire). Tout cela n'ira pas sans risques pour l'économie, c'est évident. Mais il y a aussi, il est vrai, de belles opportunités pour les entreprises, dans la production d'énergies renouvelables, l'efficacité énergétique et donc la rénovation des bâtiments, le stockage…

Cela dit, les plus fervents promoteurs de la nouvelle stratégie énergétique oublient souvent un élément essentiel: la transition ne pourra pas se faire sans une ouverture complète du marché de l'électricité. Aujourd'hui, seuls les grands consommateurs peuvent choisir leur fournisseur de courant. Le système marche bien: les entreprises mettent les sociétés électriques en concurrence et obtiennent le meilleur prix. Il s'agit maintenant d'étendre cette pratique à toutes les sociétés ainsi qu'aux ménages. Cette évolution est la bienvenue.

Dans un marché libre, les prix ne sont plus faussés. Le consommateur sait ce qu'il achète et il peut comparer les tarifs. S'il opte pour un produit axé "développement durable", il sait pourquoi il paie plus cher auprès de telle ou telle enseigne. Exactement comme dans le commerce de détail. La libéralisation du marché ne peut que stimuler la concurrence d'offres énergétiques "vertes", pour lesquelles de plus en plus de clients sont prêts à payer un supplément, pour autant qu'il soit justifié.

Mais l'ouverture du marché est surtout indispensable pour notre pleine intégration au marché européen de l'électricité. L'Union européenne (UE), vers laquelle nous exportons la moitié de notre production et de laquelle nous en importons la moitié (une question de saisons…), ne signera en effet aucun accord avec la Confédération si nous n'appliquons pas cette règle de base qu'est la libéralisation du marché. Sans accord, nous risquerions d'être isolés, la sécurité de notre approvisionnement pourrait ne plus être garantie!

Nous avons tout à gagner à trouver un terrain d'entente avec Bruxelles sur cette question. On apprenait la semaine dernière que les négociations vont désormais bon train et pourraient même déboucher sur un compromis dans les prochains mois. Tant mieux! En collaborant avec les pays voisins, les sociétés suisses pourront mieux planifier leurs investissements. Nos barrages pourront mieux jouer leur rôle de stockage de l'électricité produite par les énergies renouvelables, beaucoup moins planifiables (que l'on pense au solaire ou à l'éolien).

Mais il faudra libéraliser le marché. On se souvient que le peuple suisse avait refusé la libéralisation complète du marché de l'électricité en 2002, après un référendum lancé par la gauche. Mais le contexte n'est aujourd'hui plus du tout le même. Il est temps de tirer tous à la même corde.