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04/01/2012

Sport et canton de Vaud: un mariage à préserver

Le moins que l'on puisse souhaiter, en ce début d'année 2012, c'est que la bataille juridique entre le président du FC Sion et les instances suisses et internationales du football trouve un rapide épilogue. De dérapages verbaux en blocages légaux, la situation n'a fait que se détériorer depuis l'été, ternissant l'image des uns et des autres. Quel triste feuilleton!

 

En arrière-fond, il faut bien se rendre compte que la grande lessive publique du foot dépasse la simple guérilla entre Christian Constantin, le Tribunal arbitral du sport, l'UEFA (à Nyon) et la FIFA (à Zurich). Si elle devait durer encore des mois, cette lutte fratricide risquerait de gâter la réputation de l'ensemble des instances sportives et celle de leur terre d'accueil.

 

Vaud serait alors un bien plus grand perdant qu'on ne le pense. Il faut savoir que le canton abrite pas moins de 55 fédérations et organisations sportives internationales (les activités couvertes allant des sports équestres au hockey sur terre en passant par l'escrime et le cyclisme), ce qui représente pas moins de 1200 emplois. Chiffrées dans une étude publiées il a trois ans, les retombées économiques étaient estimées à 200 millions de francs. Ce montant est toutefois déjà sous-évalué – et largement - puisque plusieurs fédération ont choisi de déménager dans le pays de Vaud  depuis lors (parmi elles, l'imposante Fédération internationale de gymnastique).

 

Lausanne est la capitale olympique, le canton est un centre d'excellence au niveau mondial dans le domaine de l'administration du sport. D'autres pays ne se gênent pas de faire les yeux doux aux organisations sportives implantées chez nous pour les inciter à déménager, en utilisant les mêmes armes que la Suisse: des exonérations fiscales et des conditions d'implantation avantageuses. Parce que les retombées en termes d'image et de tourisme sont loin d'être négligeables. Pensez aux 200'000 visiteurs annuels du Musée olympique (qui va prochainement faire peau neuve pour 55 millions de francs), aux milliers de participants du monde entier l'été dernier à la Gymnaestrada à Lausanne…Il faut continuer à favoriser ce secteur d'avenir!

14/12/2011

Dettes et promesses, la duperie prend fin

Plus jamais de montagnes de dettes? Les Européens sont (enfin) tombés d'accord sur le principe que les Etats doivent limiter leurs déficits, viser l'équilibre des finances. Etablir des "règles d'or", plus connues en Suisse sous le nom de "frein à l'endettement", sous peine de sanctions. Il a tout de même fallu deux ans de palabres…

 

Problème résolu? On le souhaiterait, mais les engagements des dirigeants pourraient bien être balayés ça et là par des référendums, des changements de majorité, la négociation d'exceptions toutes plus "exceptionnelles" les unes que les autres. En dépit de ces péripéties, la machine semble pourtant sur les rails. C'est la seule issue possible.

 

Pourquoi? Parce que la croissance par la dette a touché ses limites. Observons: depuis une quarantaine d'années, l'endettement a été systématiquement privilégié. Pour les ménages comme pour l'Etat. D'abord les premiers: "achetez votre appareil électroménager maintenant, payez dans trois mois", le slogan publicitaire chante encore dans nos têtes. Empruntez pour consommer, au risque de ne plus pouvoir payer, mais aussi pour vous loger. L'Etat privilégie  dans le monde entier l'endettement hypothécaire via des abattements fiscaux. Avec des désastres immobiliers à la clé: Suisse au début des années 1990, Etats-Unis, Grande-Bretagne, Irlande, Espagne récemment.

 

Pourquoi les Etats se seraient-ils privés du festin gratuit? Abaissement de l'âge de la retraite en France dans les années 1980, puis passage à la semaine de 35 heures, administration boursoufflée et ouvrages olympiques pharaoniques en Grèce (et en Espagne), explosion des budgets dans le social et la formation dans toute l'Europe du Sud.  L'addition? Vous paierez demain…

 

Les citoyens européens se retrouvent comme Pinocchio au Pays des jouets… changé en baudet après avoir succombé aux tentations. L'âge de la retraite est revu à la hausse partout en Europe, les administrations publiques sabrent dans leurs dépenses… Les seules promesses dont sont aujourd'hui certains les ministres européens sont celles de sacrifices. Car la dette reste et il n'y a que deux alternatives: un remboursement douloureux ou une faillite tout autant douloureuse.

 

La bonne nouvelle: le problème est désormais admis, d'Helsinki à Athènes. L'Europe reconnaît le dérapage et veut y mettre un terme (alors qu'elle martelait il y a encore quelques semaines à peine que les problèmes ne découlaient que de la spéculation!). L'emprunt est en voie de redevenir l'instrument profitable à tous qu'il devrait toujours avoir été. Celui qui permet de bâtir et de promettre aujourd'hui ce que l'on est sûr d'être en mesure de payer demain.

 

07/12/2011

Magique, la fiscalité écologique? Non, illusion

 Existe-t-il une "quatrième dimension" dans le domaine de l'impôt? Un monde parallèle à la Orson Wells ou Lewis Carroll, nommé "fiscalité écologique"? Dans ce pays dont les contours restent à dessiner, individus et entreprises paieraient des taxes "incitatives" sur l'énergie qui remplaceraient une partie de leurs impôts directs sur le revenus, alors que l'Etat conserverait le même budget? Le Conseil fédéral nous fait miroiter la découverte de cette exoplanète pour l'été prochain…

 

Bercée de légendes, la période de l'Avent invite bien entendu à la fantaisie. Passé les fêtes de fin d'année et le renouvellement de notre gouvernement fédéral, le tour de magie promis par Eveline Widmer-Schlumpf et consistant à ne pas payer davantage malgré de nouvelles taxes, risque pourtant de tourner au vinaigre. Car la promesse est illusoire. Et pour le moins hasardeuse.

 

En français de tous les jours, opérer une réforme fiscale écologique signifie taxer l'habitat (le chauffage, l'éclairage, les appareils électriques), la mobilité (les carburants, les voitures, les scooters, les déplacements en trains), le tourisme (les remontées mécaniques, les chemins de fer de montagne, l'aviation), le travail (ordinateurs, photocopieuses, imprimantes), et l'industrie traditionnelle (machines).

 

Pour les deux premiers, l'habitat et la mobilité, une baisse de l'imposition directe, ou de la TVA, pourrait effectivement conduire à une neutralité des charges. A la condition, bien sûr, d'observer les contribuables dans leur ensemble et non individuellement. Je m'explique: il est hautement improbable que tous les locataires lémaniques (environ 70% de la population) puissent réduire leur exposition aux nouvelles taxes "incitatives". Et pour les ménages qui le pourront – qui opteront pour un logement répondant aux normes Minergie, dont la construction est plus chère - ils paieront tout simplement beaucoup plus pour leur loyer.

 

Quant à ceux qui habitent les régions périphériques, ils seront les premiers à passer à la caisse. Bref, pour beaucoup, la pilule s'annonce amère: davantage de taxes et peu d'impôts en moins. Incitatif rimera avec punitif…

 

Plus grave, ces taxes risquent d'être carrément toxiques pour les entreprises industrielles. Grosses consommatrices d'énergies, ces sociétés se verront  affublées d'un désavantage compétitif supplémentaire, qui s'ajoutera à la cherté des loyers et des salaires ainsi qu'au franc fort. 

 

Suffit-il d'abaisser l'impôt sur les bénéfices pour résoudre le problème? Et bien c'est faux: même la suppression de cette forme d'imposition n'empêcherait pas une accélération des délocalisations industrielles. Car l'importance de la taxe sera plus élevée que cet impôt. Les secteurs traditionnels (machines, métallurgie, chimie, notamment) tutoient périodiquement les seuils de rentabilité. Les taxes incitatives se transformeront alors en sacs de plomb dans les comptes, qui plongeront profondément dans les chiffres rouge.

 

Qu'elles soient introduites progressivement ou non n'y changera rien, notre place industrielle en sortira fragilisée. Une telle politique fiscale nous garantit à coup sûr une hausse du chômage. Et qui financera alors la réparation de cette débâcle? Comment l'Etat arrivera-t-il à maintenir ses standards actuels avec une économie moins forte?

 

Quelle que soit l'habileté du prestidigitateur fédéral en matière fiscale, n'oubliez pas que la magie n'est qu'illusion. La fiscalité doit sans aucun doute être réformée de manière à inciter à investir dans les énergies durables et les économies d'énergie. Mais les taxes ne sont pas la solution!