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10/08/2011

Franc fort: il faut aider les entreprises à s'adapter

1 franc = 1 euro. Le cauchemar des exportateurs suisses est désormais réalité, à quelques centimes près. Certains ont déjà dû prendre des mesures drastiques, comme augmenter le temps de travail sans hausse de salaires. D'autres risquent de licencier ou de délocaliser, selon le Secrétariat d'Etat à l'économie.  

 

Sur le front de la politique monétaire, la Banque nationale suisse (BNS) a désormais fait le maximum en ouvrant tout grand le robinet des liquidités à disposition des établissements financiers et en scotchant les taux à zéro: les dépôts en francs ne rapportent plus rien. Intervenir sur les changes? L'expérience de l'an dernier a montré les coûteuses limites de cette vaine bataille.

 

Les réponses à la situation aussi alarmante qu'exceptionnelle que traverse la Suisse se situent par conséquent sur le terrain politique. Le Département fédéral de l'économie travaille sur une révision de la loi sur les cartels qui permettrait de mieux faire profiter les consommateurs de la baisse de l'euro et du dollar, en combattant les ententes entre importateurs et fabricants étrangers. C'est bien, mais cette mesure ne suffira pas à elle seule à soutenir l'emploi dans les entreprises exportatrices.

 

Alors qu'il y a quelques semaines encore, certains faisaient l'éloge de la décroissance, on perçoit aujourd'hui à quel point cette politique serait néfaste. Elle ne ferait qu'affaiblir une place économique dont tout un pan – l'industrie d'exportation et le tourisme – se bat pour maintenir la tête hors de l'eau. Avec la flambée du franc, les prix des produits suisses payés par les Européens ou les Américains ont renchéri de 20% en moins de deux mois!

 

Les entreprises ont urgemment besoin d'un coup de pouce. Notamment d'allègements fiscaux, en particulier dans le canton de Vaud où la charge est la plus lourde de Suisse. Elles ont besoin de soutien dans leur politique d'investissement liée à l'innovation, car ces budgets risquent d'être les premiers à être diminués. Elles doivent être soulagées de certaines tracasseries administratives et surtout préservées de toute augmentation des charges sociales. Ce n'est en tout cas pas le moment d'instaurer un congé paternité ou d'imposer six semaines de vacances pour tous.

 

On objectera qu'aucune de ces mesures ne déploie ses effets immédiatement. Le processus de décision politique est lent, c'est indéniable. Mais la situation d'avant-crise ne peut pas être rétablie d'un coup de baguette magique. Nous sommes contraints de nous adapter, de manière permanente, aux bouleversements financiers qui balaient l'Europe et les Etats–Unis. Moins d'impôt sur les bénéfices favorisera les investissements. Et l'embauche. Il faut absolument agir pour garantir notre compétitivité à long terme!

 

06/04/2011

Un café TTC? Vraiment?

Hier soir, TTC, le magazine économique de la TSR, diffusait un intéressant reportage signé Nicolas Burgy et consacré à la baisse du pouvoir d’achat. Monsieur Burgy appuyait son analyse sur un simple exemple : l’évolution des fiches de paie d’une serveuse genevoise employée à plein temps de 1990 à 2010. En vingt ans, son salaire a augmenté de 41.4% (de 3’000 à 4’230.- en valeur nominale), soit plutôt une bonne nouvelle. L’analyse se gâte lorsque le magazine examine les déductions obligatoires sur le salaire. En 1990, celles-ci se montaient à 11% du salaire brut (349.-), alors qu’en 2010, elles en représentent 14% (594.-).

Conclusion du journaliste de la TSR : l’augmentation du poids sur le salaire des déductions obligatoires est une des sources majeures de la baisse du pouvoir d’achat! Nicolas Burgy souligne, avec raison, qu’il faut encore y ajouter la hausse des primes d’assurances maladie et le poids des loyers. Par contre, il omet l’introduction, durant la période étudiée, de la TVA et sa nouvelle hausse au début de l’année qui diminuent encore le pouvoir d’achat.

Par conséquent, prenons une décision sociale bénéfique pour le pouvoir d’achat des travailleurs vaudois : votons NON le 15 mai prochain au projet de prestations complémentaires qui rajoute aux prélèvements salariaux une brique de plus, une brique de trop sur le dos des travailleurs et des entreprises qui produisent la richesse de notre canton.

10/06/2010

Le salaire minimum : un réel progrès social ?

C’est annoncé. L’Union Syndicale Suisse (USS) va lancer une initiative fédérale pour instaurer un salaire minimum. Après la publication de certaines rémunérations excessives, cette idée a de quoi séduire une partie de la population. Mais passé la première réaction, la solution proposée engendre de nouveaux problèmes sociaux, plutôt qu'il n'en résout.

 

Le salaire minimum demandé par l'USS - de l’ordre de 3800 francs par mois, soit 22 francs de l’heure - sur tout le territoire national, est inégalitaire. Des salariés à Genève ou à Appenzell, sans parler de Nyon et La Vallée, n’ont pas les mêmes charges, ni les mêmes aides. Par conséquent, il serait injuste de leur verser le même salaire, car leur revenu disponible - ce qui leur reste dans la poche à la fin du mois - serait tout sauf égal.

 

En outre, ce montant ne tient aucunement compte des différences par branche économique, ni par qualification des collaborateurs. C'est un fait, certains secteurs économiques ont des salaires bas. Ce n'est pas par plaisir, mais tout simplement une question de survie des emplois.

 

L'observation des pays qui ont instauré un salaire minimum confirme cette analyse. En France par exemple, que constate-t-on ? De plus en plus de salariés qualifiés ne sont payés qu'au salaire minimum et ne sont plus augmentés. Il s'ensuit ainsi une baisse des salaires et finalement une absence de reconnaissance des qualifications et de l'engagement du collaborateur, soit exactement l'inverse de ce que semble promettre le syndicat suisse.

 

A fin 2007, l'Institut de recherches économiques de Munich a même conclu que l'instauration d'un salaire minimum généralisé en Allemagne, de seulement 7,50 € de l’heure, se traduirait par la suppression de 1,9 millions d'emplois ! Les premiers touchés seraient, à n'en pas douter, les travailleurs non qualifiés et les jeunes. C’est précisément les catégories que les syndicats veulent protéger. N’est-ce pas un magnifique autogoal ?

 

La Suisse, en comparaison avec les pays qui ont instauré le salaire minimum, a le taux de chômage le plus bas et le niveau de vie le plus élevé. Cette réussite est le résultat du partenariat social, de l'engagement des collaborateurs, de leur motivation à se former, de la reconnaissance par des salaires adaptés et de la création d'emplois par les entreprises. Pourquoi vouloir tout casser ?