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08/02/2012

Résidences secondaires: des milliers d'emplois sont en jeu!

On voudrait asphyxier les régions périphériques que l'on ne s'y prendrait pas autrement! Si elle était acceptée le 11 mars prochain, l'initiative visant à limiter à 20% au maximum la part de résidences secondaires dans chaque commune de Suisse sonnerait le glas de larges pans de l'économie. Dans la construction, le gros-œuvre serait le premier à en pâtir. Mais ce n'est que la partie émergée de l'iceberg, bon nombre de chauffagistes, cuisinistes, charpentiers, plâtriers, peintres ou carreleurs ne survivraient que difficilement à cette interdiction générale de bâtir. Des milliers d'emplois sont en jeu.

On aurait tort de croire que le bâtiment serait le seul touché. Hausse du chômage (qui n'a pourtant pas besoin d'un tel auto-goal pour augmenter dans la période actuelle) et accélération du dépeuplement des régions périphériques sont également à redouter. Le commerce de détail, les restaurants, les salons de coiffure, les garages… tout le monde ressentirait une baisse des affaires.

Avec leurs propositions simplistes, les initiants oublient que le tourisme est une activité clé pour notre pays. Il occupe indirectement des dizaines de milliers de personnes. Et ce, toute l'année, y compris durant l'entre-saison!

Quelques chiffres suffisent à se convaincre du drame humain qui menace bon nombre d'entreprises des stations alpines ainsi que de l'arc jurassien (Saint-Cergue et la Vallée de Joux notamment): sur un peu plus de 2500 communes que compte la Suisse, 650 dépassent déjà la barre fatidique des 20% de résidences secondaires (dont quatre sur cinq appartiennent à des Suisses, soit dit en passant). Un quart de ces localités se retrouverait donc du jour au lendemain avec une seule perspective: la rénovation. Franchement, prétendre qu'il n'y aurait aucune baisse d'activité en interdisant de construire relève de la mauvaise foi la plus crasse. Vaud, le Valais, Berne le Tessin et les Grisons seraient les plus touchés.

Cette initiative est arbitraire et punitive. Dans les 650 communes concernées, les propriétaires autochtones ne pourront même plus céder leurs logements à leurs enfants si ceux-ci n'habitent pas la commune! Ce diktat pénalise par ailleurs lourdement les régions de montagne, qui n'ont pas mille alternatives pour diversifier leurs activités. Le tourisme est, et restera, leur avenir.

N'oublions pas que la loi sur l'aménagement du territoire vient d'être révisée. Depuis le 1er juillet 2011, cantons et communes sont déjà tenus de limiter les nouvelles résidences secondaires en fonction des particularités locales. Si l'on tient réellement à lutter contre les lits froids, d'autres solutions existent. Par exemple le recours à des incitations fiscales pour que les propriétaires louent leurs chalets ou appartements inoccupés. Ou l'octroi de rabais pour les remontées mécaniques.

L'arme utilisée par Franz Weber reviendra à empêcher de nombreuses régions du pays de vivre décemment d'une activité où la concurrence est déjà vigoureuse. On tire au canon alors que le développement d'un tourisme durable a besoin d'interventions ciblées et intelligentes. Un non résolu à  l'initiative «pour en finir avec les constructions envahissantes de résidences secondaires» s'impose!

25/01/2012

Salaire minimum: gardons-nous d'une erreur fatale!

Plein feu sur la mauvaise cible! Si elle était acceptée, l'initiative de l'Union syndicale suisse (USS) pour un salaire minimum à 4000 francs ne diminuerait en rien la pauvreté en Suisse. Elle entraînerait au contraire des suppressions d'emplois, des délocalisations, un frein à l'embauche, et donc une augmentation du chômage et du nombre de personnes au seuil du minimum vital. Les assurances sociales seraient du même coup davantage sollicitées et tout le monde en ressortirait un peu plus pauvre qu'aujourd'hui. Beau gâchis.

Vous en doutez? Tout d'abord, tout le monde conviendra qu'un montant fixé dans l'absolu ne suffit pas à lui seul à garantir un niveau de vie décent à celui qui le perçoit. Tout dépend de la situation familiale du salarié: la personne est-elle célibataire sans enfants? Divorcée? Avec enfants à charge? Si oui, combien? Père ou mère célibataire? Dispose-t-elle d'une pension alimentaire? Doit-elle au contraire verser une pension? A-t-elle contracté des dettes pour acheter son logement avant de divorcer? Où habite-t-elle?

On pourrait décliner longtemps encore les cas de figure, mais une chose est certaine: la simple inscription dans la Constitution de 4000 francs comme salaire minimal ne changera quasiment rien aux problèmes de tous les jours de l'énorme majorité des salariés, y compris ceux disposant des salaires les plus bas. Et cela même si – par miracle - l'initiative n'avait aucun effet pervers, ce qui est impossible.

Pas besoin de grandes théories pour s'en persuader. Le franc fort a montré l'an dernier à quel point la compétitivité de nos entreprises exportatrices et de notre tourisme est fragile. En imposant un salaire de base à des niveaux aussi stratosphériques – à 4000 francs, le salaire minimum serait quatre fois plus élevé qu'aux Etats-Unis - l'USS signerait en fait l'arrêt de mort de larges pans de l'industrie traditionnelle dans notre pays. Cette industrie qui est la dernière à offrir des postes de travail à des employés non qualifiés.

Que deviendront ces salariés, leurs familles, si les entreprises délocalisent? Les syndicats préfèrent faire comme si la Suisse vivait en autarcie. Comme si l'îlot de cherté pouvait être encore renforcé. La réalité est bien différente: plus d'un franc sur deux est gagné à l'étranger. Qu'on le veuille ou non, nos prix et nos coûts doivent s'aligner sur ceux de nos concurrents internationaux. A défaut, la clientèle achète ailleurs, et nos entreprises disparaissent.

Vous doutez toujours? Observez la France et son Smic, pourtant à seulement 1365 euros (1660 francs). Le chômage y stagne à 10% de la population active. Les entreprises n'engagent pas. L'Etat s'empêtre dans la spirale de la dette. Nous serions insensés de nous saborder nous-mêmes en adoptant exactement les pires travers de nos voisins. Le système suisse, fondé sur le partenariat social fonctionne bien, pourquoi y renoncerions-nous?

19/01/2012

Novartis ou la preuve par l'acte du partenariat social

L'heureuse issue trouvée chez Novartis à Prangins est une preuve de l'efficacité du partenariat social dans notre canton. Lorsque tout le monde – employés et syndicats, employeur, autorités politiques - se met autour de la table avec la ferme volonté d'aboutir à une solution acceptable par tous, ça marche. Et même mieux que ce que l'on pouvait attendre.

Le site de production et ses 320 emplois ont pu être préservés. Novartis disposera d'un outil de production plus efficace. La région y gagnera des logements. Il faut franchement vouloir à tout prix chercher l'erreur pour se plaindre d'une telle issue. Cheville ouvrière de ce compromis, le conseiller d'Etat Philippe Leuba l'a souligné: "il n'y a au final que des gagnants". Qui aurait prédit cela en novembre dernier?

Les concessions consenties de parts et d'autres en valaient la peine. Elles n'ont pu être possibles que grâce à la flexibilité dont disposent tous les partenaires en présence: flexibilité fiscale pour l'Etat, flexibilité en matière de conditions de travail pour les collaborateurs, flexibilité en termes d'aménagement du territoire pour Prangins, flexibilité stratégique et financière pour Novartis.

Cette souplesse, cette faculté d'adaptation rapide et déterminée, est la marque de fabrique du partenariat social suisse. En gros, c'est l'antithèse de ce que propose l'initiative de la centrale syndicale Travailsuisse réclamant six semaines de vacances pour tous, sur laquelle nous voterons le 11 mars prochain.

Une telle disposition, qui plus est inscrite dans la Constitution, limiterait la marge de manœuvre dont disposent employés et employeurs. Rappelons que dans le cas Novartis, la moitié des collaborateurs, qui étaient au bénéfice de la semaine de 37,5 heures, ont accepté de porter leur horaire à 40 heures. L'acceptation des 6 semaines de vacances effacerait une partie de cette concession. Le compromis négocié pour le site de Prangins tiendrait-il toujours la route?

Un oui à l'initiative sur les six semaines de vacances coûterait cher aux entreprises: 6 milliards de francs en plus au total par an. Il poserait de gros problèmes d'organisation aux petites PME disposant de peu de salariés (beaucoup n'ont même pas 5 semaines de vacances actuellement!). Les employés eux-mêmes ne seraient pas gagnants puisque les équipes devraient faire le même travail en moins de temps. La réalité du terrain montre que l'initiative tient davantage du slogan du 1er mai que d'une revendication sincère, tout particulièrement dans l'incertitude conjoncturelle actuelle!