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08/02/2010

Le vrai poids des sociétés cotées dans l’économie

L’initiative Minder veut imposer un certain nombre de règles organisationnelles aux entreprises suisses côtés en bourse. Sans s’engager dans le débat pour ou contre l’initiative, examinons ensemble le poids de ces entreprises dans l’économie suisse.

 

Les entreprises suisses cotées en bourse sont moins de 300. Selon economiesuisse, elles représentent 0.15% des sociétés anonymes du pays mais 20% de l’emploi total. Elles sont, en général, plus productives que la moyenne de l’économie et fournissent 18% du PIB national. Elles favorisent la recherche en finançant 51% de la R&D privée en Suisse. Elles paient 42% des impôts sur les entreprises. Un cinquième des diplômés de nos hautes écoles décrochent leur premier emploi dans une entreprise cotée en bourse. En outre, 250'000 emplois supplémentaires dépendent indirectement de ces sociétés,. Les grandes entreprises et le dense tissu des PME sont étroitement imbriqués. Les sociétés cotées sont indiscutablement un des piliers de notre prospérité.

 

C’est en raison de ce poids considérable que toute révision du droit des sociétés doit se faire avec soin et pas à la va vite suite à certaines affaires. Une erreur dans la loi ou un manque de flexibilité auraient des conséquences très graves sur l’ensemble de l'économie suisse.

28/01/2009

Ciblons la relance !

Les idées de plan de relance hantent toutes les arènes médiatiques que fréquentent les politiques. Ces derniers donnent l'impression que d'un coup, nous allons tout résoudre et selon la recette qu'ils ont inventée. Si seulement c'était si simple !

 

La situation économique des entreprises est très contrastée. Il y a celles qui vont très mal, celles qui se maintiennent dans des chiffres satisfaisants et celles qui vont bien, voire très bien. Le plus étonnant est que, dans le même secteur, on peut rencontrer ces trois situations, même si c'est assez rare.

 

La conception d'un plan de relance est donc un exercice difficile, si on veut le cibler correctement. La marge d'efficacité est aussi limitée par l'exiguïté de notre territoire. A part faciliter la prise en charge d'un chômage partiel, donner des garanties à l'exportation et trouver des solutions pour favoriser le capital risque, il est difficile de concocter un plan de relance efficace et rapide pour le secteur d'exportation. Aucune mesure suisse ne pourra relancer la consommation et les investissements américains, afin que ceux-ci passent commande à nos entreprises.

 

L'encouragement des énergies vertes comme les rénovations écologiques des bâtiments - absolument indispensables - ont aussi des limites que personne n'ose évoquer devant ce concert politiquement correct. En effet, les entreprises à même de pouvoir procéder à ces travaux sont en nombre limité. De très gros investissements dans ce domaine n'auraient certainement pas les effets escomptés pour la relance. Ils auraient pour conséquence de remplir des carnets de commande d'entreprises dépassées par l'ampleur de la tâche, ce qui conduirait à un risque de hausse des prix et de baisse de qualité de travail, contraire au but poursuivi. Il est utile de se souvenir que Genève avait voulu, en son temps, exiger que tous les bâtiments soient équipés de doubles vitrages dans un délai très court. Une estimation réaliste du travail à effectuer montrait qu'il aurait fallu 20 ans pour y parvenir !

 

Alors soyons efficaces ! Déterminons les investissements dans la rénovation des bâtiments et les énergies vertes selon la capacité des entreprises à les absorber et encourageons la recherche et la formation ! Ainsi, lorsque nous aurons suffisamment de personnes formées pour assumer cet immense défi et réaliser davantage de travaux, nous pourrons décider d'en faire plus avec un nouveau plan d'investissement !

11:14 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (15)

27/03/2008

Stabilité entre les riches et les pauvres

Le rapport du Conseil fédéral sur sa gestion livre non seulement un bilan des actions du Conseil fédéral, mais aussi une série d'informations chiffrées très intéressantes.

Ainsi, peut-on apprendre que le rapport entre les ménages les plus riches et les plus pauvres est resté stable entre 1998 et 2005. La situation de 2005 est décrite de la manière suivante: le 20% des ménages, qui avaient les revenus les plus élevés, disposaient d'un revenu environ 5,9 fois supérieur à celui des 20% qui avaient les revenus les plus bas. Mais l'information la plus intéressante vient de la prise en compte des transferts sociaux, soit les prestations AVS/AI, chômage, etc. L'écart se réduit alors entre le revenu des plus riches est celui des plus pauvres à 3,8 fois supérieur. Premier enseignement de ces chiffres: les mécanismes de redistribution institués par l'Etat jouent parfaitement leur rôle. Deuxième enseignement: l'écart entre les plus riches et les plus pauvres ne s'est pas accru, certainement un signe que toutes les classes sociales ont bénéficié peu ou prou de la croissance économique.

La lecture de ces indicateurs pourrait être utile avant de tenir des propos dignes du "café du commerce" sur les riches qui doivent payer pour les pauvres!

13:40 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (12)