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27/03/2008

Stabilité entre les riches et les pauvres

Le rapport du Conseil fédéral sur sa gestion livre non seulement un bilan des actions du Conseil fédéral, mais aussi une série d'informations chiffrées très intéressantes.

Ainsi, peut-on apprendre que le rapport entre les ménages les plus riches et les plus pauvres est resté stable entre 1998 et 2005. La situation de 2005 est décrite de la manière suivante: le 20% des ménages, qui avaient les revenus les plus élevés, disposaient d'un revenu environ 5,9 fois supérieur à celui des 20% qui avaient les revenus les plus bas. Mais l'information la plus intéressante vient de la prise en compte des transferts sociaux, soit les prestations AVS/AI, chômage, etc. L'écart se réduit alors entre le revenu des plus riches est celui des plus pauvres à 3,8 fois supérieur. Premier enseignement de ces chiffres: les mécanismes de redistribution institués par l'Etat jouent parfaitement leur rôle. Deuxième enseignement: l'écart entre les plus riches et les plus pauvres ne s'est pas accru, certainement un signe que toutes les classes sociales ont bénéficié peu ou prou de la croissance économique.

La lecture de ces indicateurs pourrait être utile avant de tenir des propos dignes du "café du commerce" sur les riches qui doivent payer pour les pauvres!

13:40 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (12)

11/12/2017

NON à la décroissance!

Ecologie et croissance sont compatibles, la Suisse en est la preuve. L'air, l'eau et le sol sont plus propres aujourd'hui qu'il y a 50 ou 60 ans. Grâce à des mesures volontaristes et innovantes, menées en tenant compte de la rentabilité des entreprises, nous sommes à la pointe des pays qui agissent en faveur de l'environnement. L'initiative "économie verte", sur laquelle nous votons dimanche, casserait cette dynamique.

En voulant programmer et organiser la décroissance, par plans quadriennaux, d'ici à 2050, le texte des Verts ne propose rien de mieux qu'un retour en arrière. A marche forcée, donc à coups de taxes sur la mobilité – citant un scientifique de l'EPFZ, un article de la NZZ parlait récemment d'un prix de l'essence à 10 francs le litre -, les métaux… en fait, sur la plupart des produits importés. Pour le consommateur, c'est l'assurance de subir une hausse des prix massives sur les produits alimentaires, car la Suisse n'est pas et ne peut pas être autarcique dans ce domaine: l'agriculture ne couvre aujourd'hui que 50 à 60% de nos besoins.

Déplacements plus chers, nourriture plus chère… en visant une baisse de la consommation de deux tiers dans un horizon strictement défini, sans tenir compte de la capacité financière des entreprises et des habitants, l'initiative ne ferait qu'appauvrir notre pays. Sans apporter d'amélioration perceptible pour le climat, car la Suisse reste un nain sur le globe.

Faire moins plutôt que mieux n'est pas ambitieux

Toute entière basée sur la décroissance, un phénomène décrit comme inéluctable par les Verts, l'initiative n'a aucune ambition ni aucun projet d'amélioration de notre qualité de vie. On ne vise pas mieux, mais moins. L'industrialisation a effectivement apporté des problèmes, et nous nous devons de les résoudre, mais elle a aussi complètement changé nos modes de vie. En bien. Un enfant né en Suisse en 1900 pouvait espérer vivre 46 ans… contre plus de 80 aujourd'hui. Ses possibilités de développement personnel n'ont plus rien de commun avec ce qui existait il y a un siècle.

Notre défi, aujourd'hui, consiste à faire encore mieux tout en étant plus efficace en matière de gestion de l'environnement. C'est possible, comme nous l'avons démontré en assainissant nos lacs et rivières en quelques années seulement!

Nous devons mieux utiliser et réutiliser les ressources naturelles, moins consommer d'énergie, produire davantage d'énergie renouvelable. Oui. Mais pour mieux continuer à prospérer. Décroître n'est pas un projet d'avenir. C'est pourtant exactement ce que propose d'inscrire dans la Constitution l'initiative bien mal nommée "pour une économie verte". NON ce dimanche!