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06/04/2011

Un café TTC? Vraiment?

Hier soir, TTC, le magazine économique de la TSR, diffusait un intéressant reportage signé Nicolas Burgy et consacré à la baisse du pouvoir d’achat. Monsieur Burgy appuyait son analyse sur un simple exemple : l’évolution des fiches de paie d’une serveuse genevoise employée à plein temps de 1990 à 2010. En vingt ans, son salaire a augmenté de 41.4% (de 3’000 à 4’230.- en valeur nominale), soit plutôt une bonne nouvelle. L’analyse se gâte lorsque le magazine examine les déductions obligatoires sur le salaire. En 1990, celles-ci se montaient à 11% du salaire brut (349.-), alors qu’en 2010, elles en représentent 14% (594.-).

Conclusion du journaliste de la TSR : l’augmentation du poids sur le salaire des déductions obligatoires est une des sources majeures de la baisse du pouvoir d’achat! Nicolas Burgy souligne, avec raison, qu’il faut encore y ajouter la hausse des primes d’assurances maladie et le poids des loyers. Par contre, il omet l’introduction, durant la période étudiée, de la TVA et sa nouvelle hausse au début de l’année qui diminuent encore le pouvoir d’achat.

Par conséquent, prenons une décision sociale bénéfique pour le pouvoir d’achat des travailleurs vaudois : votons NON le 15 mai prochain au projet de prestations complémentaires qui rajoute aux prélèvements salariaux une brique de plus, une brique de trop sur le dos des travailleurs et des entreprises qui produisent la richesse de notre canton.

10/06/2010

Le salaire minimum : un réel progrès social ?

C’est annoncé. L’Union Syndicale Suisse (USS) va lancer une initiative fédérale pour instaurer un salaire minimum. Après la publication de certaines rémunérations excessives, cette idée a de quoi séduire une partie de la population. Mais passé la première réaction, la solution proposée engendre de nouveaux problèmes sociaux, plutôt qu'il n'en résout.

 

Le salaire minimum demandé par l'USS - de l’ordre de 3800 francs par mois, soit 22 francs de l’heure - sur tout le territoire national, est inégalitaire. Des salariés à Genève ou à Appenzell, sans parler de Nyon et La Vallée, n’ont pas les mêmes charges, ni les mêmes aides. Par conséquent, il serait injuste de leur verser le même salaire, car leur revenu disponible - ce qui leur reste dans la poche à la fin du mois - serait tout sauf égal.

 

En outre, ce montant ne tient aucunement compte des différences par branche économique, ni par qualification des collaborateurs. C'est un fait, certains secteurs économiques ont des salaires bas. Ce n'est pas par plaisir, mais tout simplement une question de survie des emplois.

 

L'observation des pays qui ont instauré un salaire minimum confirme cette analyse. En France par exemple, que constate-t-on ? De plus en plus de salariés qualifiés ne sont payés qu'au salaire minimum et ne sont plus augmentés. Il s'ensuit ainsi une baisse des salaires et finalement une absence de reconnaissance des qualifications et de l'engagement du collaborateur, soit exactement l'inverse de ce que semble promettre le syndicat suisse.

 

A fin 2007, l'Institut de recherches économiques de Munich a même conclu que l'instauration d'un salaire minimum généralisé en Allemagne, de seulement 7,50 € de l’heure, se traduirait par la suppression de 1,9 millions d'emplois ! Les premiers touchés seraient, à n'en pas douter, les travailleurs non qualifiés et les jeunes. C’est précisément les catégories que les syndicats veulent protéger. N’est-ce pas un magnifique autogoal ?

 

La Suisse, en comparaison avec les pays qui ont instauré le salaire minimum, a le taux de chômage le plus bas et le niveau de vie le plus élevé. Cette réussite est le résultat du partenariat social, de l'engagement des collaborateurs, de leur motivation à se former, de la reconnaissance par des salaires adaptés et de la création d'emplois par les entreprises. Pourquoi vouloir tout casser ?

08/02/2010

Le vrai poids des sociétés cotées dans l’économie

L’initiative Minder veut imposer un certain nombre de règles organisationnelles aux entreprises suisses côtés en bourse. Sans s’engager dans le débat pour ou contre l’initiative, examinons ensemble le poids de ces entreprises dans l’économie suisse.

 

Les entreprises suisses cotées en bourse sont moins de 300. Selon economiesuisse, elles représentent 0.15% des sociétés anonymes du pays mais 20% de l’emploi total. Elles sont, en général, plus productives que la moyenne de l’économie et fournissent 18% du PIB national. Elles favorisent la recherche en finançant 51% de la R&D privée en Suisse. Elles paient 42% des impôts sur les entreprises. Un cinquième des diplômés de nos hautes écoles décrochent leur premier emploi dans une entreprise cotée en bourse. En outre, 250'000 emplois supplémentaires dépendent indirectement de ces sociétés,. Les grandes entreprises et le dense tissu des PME sont étroitement imbriqués. Les sociétés cotées sont indiscutablement un des piliers de notre prospérité.

 

C’est en raison de ce poids considérable que toute révision du droit des sociétés doit se faire avec soin et pas à la va vite suite à certaines affaires. Une erreur dans la loi ou un manque de flexibilité auraient des conséquences très graves sur l’ensemble de l'économie suisse.