24/01/2018

L'économie va avoir besoin des femmes

Fotolia_Sergey Nivens.jpg

La 48e édition du Forum économique mondial – le WEF –, qui se déroule cette semaine à Davos, comporte une tonalité féminine cette année. Le rendez-vous incontournable des grands de ce monde a placé la femme au centre de ses réflexions. Les organisateurs de ce raout annuel se félicitent que plus de 21% des participants à la réunion sont de sexe féminin, un chiffre record.

Symbole fort de que l'on pourrait appeler une prise de conscience, sept femmes issues de l'économie, de la politique, de la science et du syndicalisme coprésident la manifestation sur les hauteurs grisonnes. Directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde a déclaré avec une pointe d'humour que «nous pouvons démontrer qu'il est possible de fournir de bonnes solutions sans testostérone».

Et elle a bien raison! Il n'est plus besoin de démontrer que les femmes disposent de toutes les compétences pour occuper des fonctions dirigeantes, notamment en entreprise. Encore faut-il, et c'est là que le bât blesse, qu'elles puissent accéder à de tels postes. Pour cela, il reste beaucoup à faire, notamment dans le domaine de la flexibilisation du travail et de la formation continue.

Car la Suisse reste en retard pour ce qui concerne l'égalité des sexes et la place des femmes dans le monde du travail. Selon un rapport de l'Institut européen d'administration des affaires (Insead) sur la diversité des talents, réalisé en partenariat avec Adecco et diffusé lors du WEF, notre pays occupe le 86e rang mondial dans la catégorie des travailleuses féminines possédant un diplôme universitaire, et la 21e place pour les postes de direction occupés par des femmes. Ce classement peu flatteur s'explique notamment par la problématique de la garde des enfants.

Les employeurs ont compris les enjeux

En comparaison internationale, les jeunes Suisses démarrent tardivement leur scolarité; le nombre de crèches étant insuffisant, cela contraint l'un des parents – très souvent la mère – à être présent à la maison, ce qui constitue un frein évident au développement d'une carrière professionnelle. Paul Evans, professeur à l'Insead, a évoqué hier au micro de la RTS un «plafond de verre» qui empêche les Suissesses d'accéder à de hautes fonctions managériales. Non sans rappeler que les femmes composent le 50% de l'humanité. Les employeurs vaudois ont compris ces enjeux il y a déjà des années, puisqu’en 2009,  ils ont accepté de participer au financement de l’accueil de jour des enfants et que, depuis, ils ont augmenté les montants alloués à cette tâche ô combien importante.

Pour faire avancer les choses, il faut également s'interroger sur le salaire lié à l'ancienneté. Les femmes, contraintes à des arrêts de travail pour cause de maternité, sont clairement perdantes avec ce système. Si l'on ajoute à ce tableau que celles-ci ne savent pas toujours se vendre, on se rend compte de l'ampleur de la tâche qui les attend.

L'accession des femmes à des postes directoriaux est d'autant plus souhaitable qu'elles disposeront sous peu d'une double opportunité de promotion: le monde du travail va, à terme, manquer de personnel en raison du départ programmé à la retraite des baby-boomers, ainsi que du tarissement de l'immigration que l'on observe déjà aujourd'hui.

C'est une certitude: le monde de l'économie va avoir besoin des femmes dans un avenir proche. Et ce n'est ni en mettant des quotas ni des obligations légales supplémentaires que les choses vont changer, mais c'est bel et bien par la formation, la flexibilisation du travail et des structures d'accueil que nous donnerons des chances aux femmes.

 Photo: Fotolia

25/05/2016

Les Suisses veulent le maintien des Bilatérales, comme les entreprises

Quel est l'avenir des relations de la Suisse avec l'Union européenne? Pour les entreprises, la réponse est limpide: il passe par le maintien et l'approfondissement des accords bilatéraux. Ce jeudi 26 mai, l'économie va à la rencontre de la population à Lausanne (dès midi, Place de l'Europe) pour discuter des enjeux et écouter les préoccupations de tous les citoyens.

Pour les entreprises, les chiffres parlent d'eux-mêmes. Près de 60% des exportations de nos industries prennent la direction de l'Europe, chaque année. L'an dernier, les entreprises vaudoises ont écoulé pour plus de 13 milliards de francs de produits à l'étranger, dont une proportion vers nos voisins semblable à celle observée au niveau suisse. L'exportation a contribué pour deux tiers à la croissance au cours des quinze dernières années. Elle permet de créer des emplois et d'assurer la poursuite de notre prospérité.

Le 9 février 2014, le peuple et les cantons suisses ont toutefois accepté l'initiative "contre l'immigration de masse". Elle demande la réintroduction de contingents de main-d'œuvre européenne, ce qui est contraire à l'accord sur la libre circulation des personnes. Il ne reste maintenant plus que quelques mois pour trouver une solution avec nos partenaires.

Pour une relation stable avec l'Europe

Le peuple suisse semble en tout cas clair sur un point: le maintien des accords bilatéraux prime sur toute autre considération. Selon un sondage de l'institut gfs.bern paru dimanche, 47% des personnes interrogées ont déclaré qu'elles voteraient désormais contre cette initiative et seulement 36% ont affirmé qu'ils la soutiendraient. Le même sondage montre que 82% des Suisses estiment que l'économie a besoin de rapports stables avec l'UE.

Ce sondage n'est pas isolé. Une autre enquête publiée il y a une semaine par "L'Hebdo", par exemple, montre que "s’il faut choisir entre le respect du vote et les accords bilatéraux, 54% des Suisses choisissent le maintien des accords avec l’UE".

Le Conseil fédéral dispose donc d'une marge de manœuvre pour négocier avec Bruxelles, à partir du 24 juin, soit au lendemain du vote des Britanniques sur leur sortie ou non de l'UE. Si l'Europe entre en matière sur une clause de sauvegarde – qui consiste en la fixation d'un seuil d'immigration européenne en dessous duquel il n'y a pas de contingents – nous devons saisir immédiatement l'occasion, avec un esprit de consensus de la part de tous les partis et tous les milieux.

Mais les entreprises entendent aussi le signal que leur a envoyé le peuple: il s'agit maintenant de davantage recourir à la main-d'œuvre locale. Il y a un gros potentiel, notamment du côté des femmes, qui sont 6 sur 10 à travailler à temps partiel (hommes: 1,6 sur 10 à temps partiel). L'économie s'engage en faveur de davantage de places d'accueil pour les enfants ainsi que pour des aménagements des horaires de travail afin de favoriser le travail des parents. Le vote du 9 février ne doit pas être une course folle dans le mur. Les initiants ont d'ailleurs toujours affirmé qu'ils ne demandaient pas la dénonciation des accords bilatéraux. Des solutions existent. Les Suisses les souhaitent!

16/03/2016

RIE III: OUI à une réforme profitable à tous!

Davantage de places dans les crèches et une importante augmentation des allocations familiales: la 3e réforme vaudoise de l'imposition des entreprises (RIE III-VD) ne se contente pas d'instaurer l'équité fiscale entre toutes les entreprises. Elle s'accompagne d'un sérieux coup de pouce aux familles. Un OUI clair et net s'impose ce dimanche dans les urnes!

Les employeurs vont doubler leurs cotisations destinées à l'accueil de jour des enfants, mettant 24 millions de francs de plus à disposition. Affirmer que l'on va couper dans le budget des crèches, comme on peut le voir sur certaines affiches à Lausanne, est donc totalement faux. Il y aura davantage d'argent à disposition, c'est indiscutable puisque prévu dans des textes de loi!

Pour les employeurs, aménager des structures qui permettent de mieux concilier vie professionnelle et privée va de soi. S'il y a bien une constante dans le monde du travail, c'est le manque chronique de main-d'œuvre qualifiée. Il est par conséquent indispensable de permettre aux femmes qui souhaitent augmenter leur taux d'activité de pouvoir le faire facilement. Le compromis trouvé dans le cadre de l'élaboration de la RIE III-VD est donc profitable à tous.

Ce n'est pas un hasard si la gauche (PS et Verts) fait front commun avec la droite pour soutenir ce projet porteur d'avenir. Avec la RIE III-VD, Vaud sauvegarde sa compétitivité, avec une fiscalité équilibrée et moderne qui permet d'abandonner les statuts spéciaux sans dégâts, tout en améliorant la situation de l'ensemble des familles. Dimanche, votez OUI à la RIE III!