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12/06/2013

Pas d'éoliennes à Daillens, mais un nouveau message clair à destination des autorités!

L'éolien vaudois a du plomb dans les pales après les refus massifs de Daillens (78%) et d'Oulens (84%) d'un projet de parc de 10 hélices. Ces mâts de 180 mètres de haut auraient permis de fournir l'équivalent de la consommation d'électricité de 11'000 ménages, dix fois plus que ce que consomme la population de ces deux communes.

Rappelons que la région d'Echallens devrait accueillir 66 éoliennes, environ le quart de ce que l'Etat ambitionne pour l'ensemble du canton. D'autres projets, en particulier sur les crêtes du Jura, sont déjà contestés par les défenseurs du paysage. L'objectif du gouvernement consistant à vouloir couvrir, à terme, 25% de la consommation électrique du canton grâce à l'éolien est déjà périmé…

Il n'y a en réalité rien de surprenant dans le vote des citoyens d'Oulens et de Daillens. Il s'inscrit dans une lignée d'échecs de nouvelles lois sur l'énergie: à Neuchâtel, Fribourg, puis Berne. La transition dans laquelle s'est engagée la Suisse se fait de manière chaotique et précipitée, alors que l'abandon du nucléaire décidé par les Chambres fédérales nécessite tout au contraire une politique réaliste.

Que le citoyen suisse veuille s'affranchir à terme de l'atome est une chose, mais il n'est visiblement pas prêt à le faire n'importe comment. Il veut des éoliennes, mais pas près de chez lui (plutôt en Allemagne…). Il veut du photovoltaïque, mais pas partout (pas sur les bâtiments anciens, pas sur de grandes surfaces agricoles…). Il veut de la géothermie, mais la technique l'effraie, depuis le tremblement de terre de Bâle en 2006

La Confédération et les cantons ont tout intérêt à écouter ces signaux d'alarme, car ils ne pourront rien faire sans le concours de la population. La stratégie énergétique 2050 doit être adaptée de manière à ce que notre pays ne coure pas de risques de pénurie d'ici à dix ou quinze ans. La plupart des experts jugeaient déjà extrêmement ambitieux (voire carrément inatteignables) les objectifs de développement du renouvelable tels qu'envisagés par la Confédération il y a deux ans. Aujourd'hui, les faits renforcent ces mises en garde. Les citoyens, parfois les administrations cantonales, rejettent même les projets qui produiraient beaucoup d'électricité et qui sont donc les plus à mêmes de remplacer les centrales nucléaires: les éoliennes de Daillens-Oulens dimanche dernier, mais aussi la centrale solaire d'Inwil, dans le canton de Lucerne, qui aurait permis de couvrir les besoins de 2200 ménages. 

La transition énergétique nécessitera de la souplesse. Le remplacement des centrales nucléaires par de nouveaux moyens de production (éoliennes, solaire, mais aussi centrales à gaz) doit se faire en concertation avec les souhaits de la population, mais également en tenant compte des besoins de l'économie (sécurité de l'approvisionnement à des prix compétitifs). Le Conseil fédéral aurait tout intérêt à tenir compte des nombreux signaux reçus ces derniers mois.

06/06/2013

La suppression des statuts spéciaux, un investissement en faveur de l'emploi

Quel est le "juste" taux d'imposition sur les bénéfices des entreprises? Plus de 23% ou 24% en moyenne, comme dans les cantons de Vaud et Genève? Nettement moins? On pourrait disserter des heures sur la question. Mais à l'heure où la Suisse s'engage sur la voie de l'abandon des statuts spéciaux (qui permettent aux multinationales qui réalisent l'essentiel de leurs affaires à l'étranger de payer moitié moins d'impôts que les entreprises locales), il y a en tout cas une excellente nouvelle: les socialistes eux-mêmes parlent d'un taux de 16%!

Les milieux économiques souhaitent bien sûr un peu moins et s'opposent fondamentalement à une harmonisation. Mais retenons l'essentiel: nous sommes sur la même longueur d'onde concernant le mouvement à donner, celui d'une baisse importante. Nous n'avons d'ailleurs pas d'autre choix, car sans une telle mesure, nous nous exposerions au risque de créer un exode des multinationales. Dans le canton de Genève, plus de 1000 sociétés générant 1 milliard de francs de revenus fiscaux et employant directement 20'000 personnes sont concernés. Sur Vaud, ce sont 350 sociétés qui paient plus de 300 millions de francs d'impôts et occupent des milliers de collaborateurs qui sont concernées.

Un abandon des statuts spéciaux sans contreparties se traduirait par un doublement de la charge fiscale des entreprises aujourd'hui soumises à des régimes d'exception. Des départs massifs seraient inévitables, car de nombreux autres pays sont prêts à les accueillir. Vous en doutez? Un seul exemple: Apple a avoué il y a deux semaines devant une commission du Congrès qu'il avait négocié avec l'Irlande un taux d'imposition de 2% - oui vous avez bien lu 2% - sur les bénéfices tirés de 74 milliards de dollars de chiffre d'affaires. Le champion américain fuit le fisc de son pays, réputé pour la lourdeur de ses impôts sur les entreprises…

La concurrence est donc réelle et n'épargne aucune nation. Nous devons nous battre pour rester compétitifs, pour garder les multinationales dans notre région. Loin d'être des coquilles vides, la plupart d'entre elles occupent des ressortissants locaux, sous-traitent de multiples travaux et services à des sociétés du coin. La Confédération est consciente de cette situation et est prête à compenser une partie de la perte de revenus fiscaux que subiront les cantons qui doivent baisser fortement leur taux d'imposition des entreprises. Vaud est de ceux-là. Tout reste à négocier, bien sûr, mais il faut aller de l'avant dans ce sens-là. Quant à la perte de revenus fiscaux qui subsistera à la fin (c'est inéluctable), il faut la voir comme un investissement. Un investissement en faveur de l'emploiqui génère au final des impôts.

08/05/2013

L'Etat de Vaud n'est pas une banque!

Le canton doit-il se donner une nouvelle mission consistant à garantir des fonds de roulement aux entreprises qui ont des problèmes de liquidités? Cette idée lancée dans "24 Heures" de lundi est tout simplement saugrenue. Il existe des acteurs privés pour garantir des fonds de roulement aux sociétés: ce sont les banques. Pourquoi diable l'Etat devrait-il se substituer à elles? Le financement des entreprises est - et doit rester - une activité privée.

Que diraient les agriculteurs si l'Etat se mettait à fournir les commerces en viande, fruits et légumes, qui plus est à des prix plus avantageux que ceux pratiqués par les paysans eux-mêmes? Les entreprises de la contruction trouveraient-elles admissible que le canton crée sa propre société pour construire routes, hôpitaux et logements? Tout le monde dénoncerait avec vigueur – et à juste titre – une concurrence déloyale! Il faut être clair: une aide publique directe aux entreprises sous forme d'avances de paiement reviendrait exactement au même pour les instituts financiers. Qu'en penseraient par ailleurs les entreprises qui ne bénéficieraient pas des largesses publiques? Qui devrait avoir droit à l'aide publique et qui devrait en être exclu? N'oublions tout de même pas que le canton compte plus de 30'000 entreprises!

L'administration n'a pas le savoir-faire requis, pourtant indispensable, pour mener au quotidien une activité de crédit. L'octroi de fonds de roulement ne s'improvise pas. Il présuppose une analyse approfondie des entreprises demandeuses de ce type d'avances. Encore une fois, il s'agit là d'un métier à part entière, qui comporte de surcroît une certaine part de risque (de non remboursement) que le contribuable n'a pas à assumer. Vaud recense 30 enseignes bancaires différentes (pour plus de 180 comptoirs) dont un tiers au moins propose des crédits aux entreprises. L'offre est abondante.

Loin de moi l'idée de minimiser les problèmes de trésorerie que causent les clients qui tardent à payer leurs factures. Le dernier baromètre des préoccupations des entreprises réalisé par la Chambre vaudoise du commerce et de l'industrie (CVCI)  montre ainsi que 16% des sociétés vaudoises disent s'inquiéter de leurs niveaux de liquidités (dans le détail: 18% des entreprises de moins de 30 collaborateurs et 6% de celles qui en comptent plus de 100).

Il y a donc une difficulté bien réelle à laquelle, à vrai dire, les pouvoirs publics peuvent bel et bien apporter une réponse: en payant plus rapidement leurs factures! Une autre enquête réalisée par la CVCI montrait en 2009 que les collectivités étaient moins bonnes payeuses que le secteur privé! 43% des factures adressées aux premières étaient réglées après un délai de plus de 50 jours (et même 54% des factures dans l'industrie). Pour le privé, ce taux de retard n'était que de 35%. Pas besoin de chercher midi à quatorze heures: la solution est toute simple, et peu coûteuse!