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24/08/2016

La promotion économique vaudoise doit être repensée

Comment renforcer l'industrie? La question revient sans cesse. Suite à la vague de désindustrialisation des années 1990, le canton de Vaud a mené une politique de promotion économique active, qui a permis de diversifier et renouveler toute notre économie. Vers 2010, retour de manivelle, certains appelaient à la décroissance. Notre promotion économique s'est faite plus sélective, les implantations ont été beaucoup moins nombreuses…

Avec le franc fort, l'instabilité conjoncturelle qui persiste depuis la crise de 2008-09, l'incertitude liée à l'accord sur la libre circulation des personnes, l'industrie doit déployer des efforts quotidiens en matière d'innovation et de gestion pour rester compétitive dans notre canton, et en Suisse en général. Car la concurrence internationale se raffermit sans cesse. Il est vrai que nous disposons dans notre région d'un savoir-faire exceptionnel, d'une main-d'œuvre qualifiée et d'un marché du travail flexible, mais les éléments négatifs pèsent lourds dans la balance.

Le canton de Vaud doit agir. Depuis 2012, le Conseil d'Etat a clairement limité la marge de manœuvre de sa promotion économique. Des secteurs prioritaires ont été désignés, ce qui est judicieux… mais avec une volonté affichée de ne plus démarcher activement de sièges de grandes entreprises internationales.

L'exemple Medtronic

Nous aurions tort d'attendre un coup de chance. La cherté du franc restera un problème pendant encore des années: c'est une nouvelle réalité. La situation était différente en 2011 lorsque la Banque nationale suisse (BNS) avait institué un cours plancher du franc de 1,20 face à l'euro. La politique choisie alors par notre Conseil d'Etat pouvait sembler justifiée.

Nous n'avons plus cette garantie de la BNS aujourd'hui, et la situation internationale – tant conjoncturelle que politique – s'est beaucoup compliquée. C'est à nous d'assurer que les conditions qui permettent le renouvellement de notre tissu d'entreprises soient assurées. Dans cette optique, le démarchage de quartiers généraux a tout son sens. Une entreprise qui implante son siège dans notre région va peut-être choisir des fournisseurs suisses pour ses usines ailleurs dans le monde. Ou même implanter une fabrique dans la région.

L'expérience nous l'a déjà démontré: en arrivant dans le canton en 1996, le géant américain des stimulateurs cardiaques Medtronic s'y établissait avec un siège doté de 120 employés. Quelque 800 collaborateurs s'activent aujourd'hui à Tolochenaz, qui abrite une usine high-tech en constant développement!

2017 sera une année électorale dans notre canton avec le renouvellement du Grand Conseil et du Conseil d'Etat. Le moment ne peut pas être plus idéal pour réévaluer notre promotion économique. Et la renforcer!

17/08/2016

L'initiative AVSplus à contre-courant des réalités

Notre système de retraite a besoin d'être consolidé. Aujourd'hui déjà, l'AVS puise dans ses réserves pour payer les rentes. La situation n'est pas meilleure pour la prévoyance professionnelle, les actifs finançant en partie les retraités, alors que le système est en principe basé sur la capitalisation. C'est au niveau de ces deux piliers qu'il faut agir, afin de rééquilibrer les comptes… L'initiative AVSplus, soumise à votation le 25 septembre prochain, propose tout le contraire: augmenter les dépenses!

La population suisse vieillit. En moyenne, le temps passé à la retraite s'étend d'année en année grâce à l'allongement de l'espérance de vie. Le nombre de cotisants à l'AVS finançant un rentier régresse constamment: on comptait 6,5 actifs pour un retraité en 1948, mais plus que 3,5 en 2010. Selon les projections, les "payeurs" ne seront plus que 2,3 dans une quinzaine d'années. Berne a calculé que si nous ne procédons pas à une réforme rapide, l'AVS sera confrontée à un déficit annuel de l'ordre de 8 milliards de francs à l'horizon 2030. Ce n'est pas tenable.

En demandant une hausse de 10% des rentes AVS de tous les retraités, l'initiative AVSplus de l'Union syndicale suisse (USS) ne tient absolument pas compte de ces perspectives. Elle n'apporte pas davantage de réponse au défi – à l'heureux défi – posé par une population qui vit toujours plus longtemps. Cette problématique nous force aujourd'hui déjà à trouver de nouvelles ressources financières (et donc probablement une hausse des prélèvements salariaux et/ou de la TVA) et à procéder à de nouveaux aménagements de notre système fondé sur trois piliers.

S'accorder une augmentation d'une telle ampleur dans un tel contexte ne serait pas responsable. Ce serait d'autant moins sensé que la mesure n'aiderait même pas les retraités qui en ont le plus besoin, soit ceux qui disposent des plus petites rentes. De nombreux bénéficiaires de prestations complémentaires (PC) perdraient en effet leur droit à ces aides, subissant  au passage une augmentation d'impôts, les PC n'y étant pas soumises alors que les rentes AVS le sont…

Cette initiative est contre-productive. Elle ne ferait qu'accentuer les déséquilibres actuels. NON à AVSplus le 25 septembre!

10/08/2016

Non à l'initiative "économie verte"

La Suisse peut-elle diviser sa consommation de ressources par trois en trente ans? C'est impossible, selon le Conseil fédéral, qui se base sur l'avis de nombreux experts. Au mieux, la baisse peut atteindre 40%, mais il faudrait pour cela introduire des taxes massives sur l'essence, le mazout, le diesel, les aliments importés… tout en limitant, ou même interdisant, certaines denrées, comme la viande. Le peuple et les cantons sont appelés à trancher le 25 septembre prochain.

Intitulée "pour une économie durable et fondée sur une gestion efficiente des ressources" (économie verte), l'initiative des Verts prône d'un côté des éléments qui relèvent du bon sens: recycler tout ce qui peut l'être, éviter le gaspillage, utiliser le plus efficacement possible les ressources naturelles. L'exigence, inscrite dans les mesures transitoires, d'une consommation divisée par trois en l'espace d'une trentaine d'années, alors que la population va continuer à croître, tient en revanche de la duperie.

De nouvelles taxes et restrictions réglementaires pousseraient  les consommateurs suisses à aller s'approvisionner à l'étranger. Cette tendance ne peut être niée: elle est déjà en forte progression – et mesurée - depuis que le franc s'est renforcé. Pour les commerces, les conséquences seraient dramatiques. Impact sur l'environnement? Nul. Les taxes sur l'essence, la limitation de la production et de la consommation de viande? Même phénomène. Les habitants des régions périphériques passeraient en revanche à la caisse.  L'économie dans son ensemble en sortirait fortement affaiblie.

Pertes d'emplois

La pire conséquence de la fixation d'un tel objectif dans notre Constitution n'est pourtant pas là. Ce sont les entreprises qui seraient les plus pénalisées, car elles ne pourraient plus maintenir leur compétitivité avec la concurrence étrangère. Cette dernière ne subirait en effet aucune hausse des taxes sur l'énergie, aucune prescription draconienne en termes de production… Notre pays gagne un franc sur deux à l'étranger: il souffre déjà de la force du franc (la croissance a été divisée par deux l'an dernier). Croire qu'on peut, seuls au milieu de l'Europe, renchérir les coûts de production d'un facteur deux, trois ou quatre sans que cela entraîne des délocalisations est totalement naïf.

Les entreprises suisses ont fait et continuent à faire des efforts considérables pour être plus propres, plus efficientes. Mais elles ne peuvent pas aller plus vite que ce qui est techniquement réalisable. Aucun pays au monde ne s'est imposé des objectifs aussi exigeants que ceux que proposent les Verts. Car aucun pays au monde ne vise la décroissance (ceux qui l'expérimentent, comme la Grèce ou le Venezuela, savent ce que cela coûte en termes humains…). Plus grave encore, la mise en œuvre de cette initiative appauvrirait la Suisse sans qu'il y ait le moindre impact positif sur l'environnement: la production serait simplement déplacée à l'étranger. Peut-être dans des pays où les normes sont moins sévères qu'actuellement en Suisse, ce qui serait absurde en termes environnementaux. Non à cette initiative le 25 septembre!