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20/12/2012

La formation comme bonne résolution pour 2013!

A quelques jours de la nouvelle année, beaucoup d'entre nous s'adonnent au petit jeu des bonnes résolutions. Faire davantage de sport, manger plus sainement, suivre des séances de yoga, lire davantage, faire des dons à des associations caritatives, rafraîchir ses connaissances d'histoire suisse… entamer une nouvelle formation. Ou entreprendre une formation continue. Tout change si vite dans l'environnement professionnel d'aujourd'hui que ce type de bonne résolution est sans doute l'une des meilleures que l'on peut choisir!

On espère que nos conseillers nationaux abonderont en ce sens l'an prochain. Ils seront appelés à voter sur une déduction liée à la formation professionnelle allant jusqu'à 12'000 francs par an. Une disposition que le Conseil des Etats a déjà adoptée cette année. Un tel plafond rendrait plus de 90% des formations actuelles entièrement déductibles

Inciter financièrement la population à mieux se former est une excellente idée. Le droit fiscal actuel pénalise ceux qui investissent dans le savoir. Les frais de perfectionnement professionnel, en principe déductibles, sont beaucoup trop souvent assimilés à des frais de formation professionnelle, qui eux ne peuvent pas être déduits. Le fisc aime couper les cheveux en quatre et différencier des pommes et… des pommes, je ne vous apprends rien. Mais en l'occurrence, c'est vraiment contre-productif. Pour tous ceux qui travaillent, pour les entreprises, mais aussi pour la société dans son ensemble.

Le projet en discussion aux Chambres fédérales impliquerait bien entendu une perte de recettes fiscales. Elle est évaluée à 10 millions de francs pour la Confédération et 50 millions pour les cantons. Mais on peut parier à coup sûr que tout le monde y trouverait son compte. Des employés mieux formés sont plus efficaces et plus à l'aise dans leurs fonctions. Ils permettent de dégager une plus grande plus-value là où ils travaillent. Et l'Etat s'y retrouvera au bout du compte, car des entreprises plus efficientes génèrent davantage d'impôts.

Sur ces souhaits, je vous adresse mes meilleurs vœux pour 2013! 

12/12/2012

Les mauvaises recettes du Docteur Maurer

"Si vous trouvez toujours des travailleurs pour tous les postes, cela ne vous pousse pas à chercher d'autres solutions, à rationaliser, à vous montrer inventif et innovant." Cette petite phrase d'Ueli Maurer, dans une interview à "24 heures", fait froid dans le dos. A écouter notre président de la Confédération pour 2013, il faudrait organiser une pénurie de main-d'œuvre pour fortifier l'économie. Un bon jeûne ne fait que du bien à l'organisme, c'est bien connu, n'est-ce pas?

Trêve de plaisanterie, et surtout de simplisme! Voyons les choses concrètement: qu'apporterait un manque de main-d'œuvre dans la restauration? Des clients mal servis et donc une baisse de la fréquentation des établissements. A moins qu'Ueli Maurer ait découvert le moyen de servir le même nombre de tables aux heures de pointe avec moins de personnel. On est curieux d'entendre les solutions qu'il a à proposer à nos cafetiers. Sur quoi déboucherait un manque de personnel disponible dans le secteur de la santé? Des attentes plus longues pour être soigné, dans les hôpitaux, les cabinets médicaux. Davantage d'erreurs médicales… je pense qu'il est inutile d'argumenter davantage.

On a moins envie de rire lorsque l'on songe aux conséquences qu'aurait la politique de M. Maurer. Son affirmation, toujours dans "24 heures" (du 23 novembre), selon laquelle "sans limitation sur le marché du travail, le danger est grand que l'efficacité diminue" est une tromperie. En comparaison internationale, la Suisse ne s'est jamais portée aussi bien que depuis que la libre-circulation des personnes est en vigueur. Nous aurons l'occasion d'en débattre de manière plus approfondie l'an prochain, puisque la Suisse sera appelée à étendre la libre-circulation à la Croatie, qui devrait rejoindre l'Union européenne l'an prochain.

Contrairement à ce que dit le conseiller fédéral, des restrictions à l'embauche affecteraient des branches entières de notre économie. Pas seulement celles qui sont intensives en main-d'œuvre, comme les deux secteurs que j'ai cité précédemment. Dans l'industrie, les sociétés en phase d'expansion – parce qu'elles ont découvert de nouveaux produits ou prospecté de nouveaux marchés - seraient contraintes à délocaliser là où le personnel est abondant.

Nous sommes plus prospères que lorsque nous contingentions le marché du travail, c'est une réalité. L'économie de notre pays continue à croître alors que  la zone euro est en récession. Nos finances publiques sont saines. Nous sommes capables d'investir pour soutenir notre croissance. L'ouverture de notre pays à la main-d'œuvre européenne nous est grandement profitable. Nous serions bien fous de tout remettre en cause aujourd'hui! 

28/11/2012

Retraites: la voie du possible et les promesses irréalistes

Le grand chantier de la réforme des retraites démarre avec de bonnes et de mauvaises idées en Suisse. Commençons avec les bonnes, qui viennent de la Confédération: le conseiller fédéral Alain Berset propose tout un paquet de mesures, dont certaines sont revendiquées depuis des années par les milieux économiques. Concernant l'AVS, il souhaite ainsi relever l'âge de la retraite des femmes à 65 ans, en raison de l'allongement de l'espérance de vie mais aussi par respect de l'égalité de traitement de toute la population.

Dans la prévoyance professionnelle, il reconnaît qu'il faudra abaisser le taux de conversion, qui permet de déterminer la rente annuelle à partir du capital accumulé durant la vie active (un taux de conversion de 6,8% pour 100'000 francs donne une rente de 6800 francs par an). Ce niveau est trop élevé, tout particulièrement parce que les retraités vivent toujours plus longtemps, et doivent donc aujourd'hui être soutenus par les actifs. Le 2e pilier n'a pas été créé pour fonctionner de la sorte.

Cette manière réaliste d'empoigner le dossier se heurte pourtant aux mauvaises idées que j'évoquais au début de ce billet: l'Union syndicale suisse (USS) va lancer une initiative visant à augmenter les rentes AVS de 10%! Tout le monde aimerait encaisser 10% de plus à la fin de chaque mois, là n'est pas la question. Le problème vient du financement: qui paierait les 3,6 milliards annuels que coûterait ce somptueux cadeau? L'USS ne fera pas de propositions concrètes… mais invoque déjà une martingale de prime abord infaillible: l'imposition des successions supérieures à 2 millions.

Ce que les milieux syndicaux taisent, c'est que ce type d'impôt génère des recettes par définition variables. Or vouloir financer une assurance sociale avec des revenus aléatoires n'est pas responsable. Où prendra-t-on l'argent dans les années déficitaires? Le risque est réel de déboucher rapidement sur une montagne de dettes ingérables liées aux retraites. Exactement comme ce qui s'est passé dans le sud de l'Europe. Ironie du sort, on note au passage que la plupart de ces pays viennent de diminuer les retraites et/ou d'augmenter l'âge de la retraite.

La réforme des retraites doit passer par la recherche de solutions équilibrées visant à préserver l'essentiel de l'acquis actuel, mais en tenant compte de la nouvelle donne en matière de vieillissement de la population et de rendement des capitaux. Les revendications de l'USS sont anachroniques, sans visées à long terme. Si on ne change rien, l'AVS sera dans les chiffres rouges dans 5 à 10 ans. Elle le sera encore plus profondément si on augmente les rentes de 10%. C'est aussi simple que cela. Et ce n'est pas une vision d'avenir!