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15/12/2010

Un « impôt sur les fils à papa », vraiment ?

Récemment, le Conseiller national Luc Recordon exposait, dans « 24heures », le nouveau projet des Verts: un impôt fédéral sur les successions et les donations à un taux de 25% pour cofinancer l’AVS. Résultat : des recettes additionnelles pour la Confédération d’environ 5 milliards de francs. Les conjoints ne seraient pas touchés et les descendants directs exonérés à hauteur de 1 million de francs. La gauche revient avec un projet d’harmonisation fiscale fédérale quelques jours après sa défaite retentissante sur le même sujet, le 28 novembre dernier.

 

Pour justifier ce nouvel impôt fédéral, Monsieur Recordon a sorti son argument massue et déclaré à « 24heures » que l’impôt sur les successions serait un « impôt sur les fils à Papa ». Effectivement, par définition, les héritiers n’ont pas travaillé pour obtenir ce qu’ils héritent. Qu’est-ce que cela signifie concrètement ? Imaginons une famille de passionnés de mécanique. Le grand-père, ex-chauffeur poids lourds, a fondé son garage dans les années septante. Son fils a travaillé dur dans l’entreprise familiale et l’a fait fructifier en la dotant toujours des meilleurs équipements disponibles. Le petit-fils, passionné par la mécanique comme ses aînés, vient de réussir avec brio son CFC, lorsque son père décède soudainement. Le petit-fils hérite du garage. Mais malheureusement pour lui, son père venait de racheter de nouveaux équipements. Il ne lui a pas laissé de liquidités, « seulement » un outil de travail à la pointe de la technologie et à la valeur marchande élevée (et sur laquelle se calcule l’impôt sur les successions). Résultat : le jeune mécanicien est incapable de payer l’impôt avec ses maigres réserves d’apprenti. Le garage est mis en liquidation pour satisfaire les exigences de l’Etat et c’en est fini d’une belle histoire. Le jeune mécanicien est-il un fils à papa ?

 

Alors que la plupart des autres cantons suisses l’ont aboli, un tel impôt existe encore dans notre canton. Le contribuable vaudois paie déjà un impôt sur le revenu, un impôt sur la fortune et ensuite, sur les mêmes montants, un impôt moindre que celui proposé par les Verts sur les successions. Tous les contribuables suisses n’ont heureusement pas cette chance ! Au lieu de penser à généraliser un impôt qui mène à la faillite de nombreuses entreprises familiales, nous devrions réfléchir à supprimer une vaudoiserie anachronique.

04/07/2010

A monde réel, monde réel et demi

La semaine dernière, la présidente du parti socialiste, a réagi dans 24heures, à un de mes articles publié dans le même journal, consacré à la bonne situation de notre canton et aux actions à réaliser pour qu’il reste sur le bon chemin. Fidèle à son habitude, cette dernière accuse le patronat vaudois en général et moi en particulier (même si je ne représente pas le patronat, mais les entreprises soit celles qui fournissent des emplois), de vivre dans « un monde étrange », loin du monde réel.  

En substance ma camarade de Grand Conseil me reproche de me réjouir de la bonne situation financière  du canton, de demander que l'on ne dépense pas à tout va si ce n'est pour des investissements destinés aux infrastructures et de m'opposer à de nouveaux prélèvements sur les salaires pour étendre un filet social déjà dense.

 

Cette réaction me donne l'occasion de rappeler quelques faits. La bonne situation financière de l’État n’est de loin pas le fruit d’une « politique conservatrice en matière d’investissement » et des « efforts consentis par la fonction publique », comme semble le penser le PS par la voix de sa présidente. Les comptes 2009 montrent que les charges de l'État ont cru de 4%, alors que l'inflation était pratiquement nulle. Ils peuvent boucler avec un résultat de près d'un milliard, parce que les recettes fiscales ont augmenté sans cesse.  Dans une étude de 2008,  la CVCI a constaté que ces dernières avaient cru de plus de 88% entre 1997 et 2007. Les chiffres actuels tendent même à montrer que, loin de stagner, cette progression continue et beaucoup plus vite que le nombre de contribuables. Par conséquent, le déficit de l’État a pu être résorbé grâce aux contribuables qui ont largement passé à la caisse. Il est donc temps d'arrêter de ponctionner trop lourdement ceux qui bossent, notamment en créant un nouvel impôt sur le travail comme le veut le PS. Manifestement, les entreprises ont fait beaucoup plus que ce parti pour les travailleurs en permettant que le pouvoir d'achat des Suisses augmentent de 2,6% en 2009, du jamais vu depuis 10 ans! C'est aussi cela le monde réel!

 

15:34 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (14)

04/05/2010

La cohésion nationale, une histoire de nouvelles fraîches ?

Depuis quelques temps, la presse suisse résonne d’une sourde rumeur : les Suisses ne se comprennent plus entre eux ! A qui la faute ? Aux Suisses alémaniques, d’un côté, qui privilégient leurs dialectes et l’anglais à la pratique du Hochdeutsch et du français. Aux Suisses romands, de l’autre côté, dont le niveau souvent si ridiculement bas en allemand, ne leur permet pas de tenir une conversation avec leurs voisins d’Outre-Sarine. La cohésion nationale est-elle menacée ?

Quelques petites expériences pratiques sont révélatrices de changements désagréables. Un vendredi à quinze heures, au sortir d’une séance à Saint Gall, j’ai voulu acheter le Temps et le 24heures au kiosque de la gare. Surprise, les seuls exemplaires disponibles étaient ceux de la veille ! Pourtant, j’étais bien en Suisse, pas à l’étranger, dans une ville reliée à Lausanne et Genève par un train par heure!  Et pourtant, on trouve le Blick et la NZZ du jour dans la plupart des grands kiosques de Lausanne et a fortiori celui de la gare. Alors, pourquoi pas l’inverse ? C’était étonnant, presque dépaysant.

Un mois plus tard, je sortais d’une séance à dix heures du matin, au Tessin cette fois. Je me suis dit que j’allais refaire le test. J’ai trouvé le 24heures et le Temps, frais du jour cette fois-ci ! Surprenant, quand on sait que pour rallier Lugano depuis Lausanne, il faut cinq heures de train.  Alors, comment font les Tessinois ? Et bien, non seulement ils apprennent l’allemand (et le français la plupart du temps), mais en plus, ils s’intéressent à ce qui se passe dans le reste du pays.

Plus que des problèmes de langues ou de trains, le principal obstacle à la cohésion nationale est le manque de curiosité pour l’autre côté de la Sarine, de quelque côté que l’on se place. Et pour entretenir la curiosité, rien de mieux que des nouvelles fraîches, non ?!

16:31 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3)