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09/11/2011

G20, paradis fiscaux, Sarkozy: qui trompe qui?

 

Vous avez un problème? Le meilleur moyen de détourner l'attention consiste à montrer du doigt ceux du voisin. La ficelle est si grosse qu'elle en est risible, mais Nicolas Sarkozy n'hésite guère. Vendredi, à l'issue du sommet des chefs d'Etat et de gouvernement des 20 plus grands pays de la planète (G20), il dénonçait… les paradis fiscaux. La Suisse et le Liechtenstein en particulier. Ben voyons, deux pays absents, qui plus est non membres de l'Union européenne!

 

Quel triste remake cannois du Sommet du G20 de Londres au printemps 2009. Peu importe que les questions de transparence fiscale n'aient pas été plus responsables de la crise hypothécaire américaine (et du krach bancaire de 2008) que du surendettement des Etats qui sévit aujourd'hui. Il est plus facile de voir la paille dans l'œil de son frère que la poutre qui obstrue le sien… Cela dit, la sauce prend moins bien cet automne: même l'OCDE, la police de la bonne gouvernance fiscale internationale, a immédiatement démenti que la Suisse restait un problème.   

 

S'il voulait vraiment faire la morale aux places financières non transparentes, le président français aurait dû citer l'Etat américain du Delaware, les îles anglo-normandes ou Monaco. Trois exemples de territoires qui freinent des quatre fers face à toute réforme. Mais vous n'y pensez pas! Critiquer les Etats-Unis lorsque Barack Obama nous fait l'honneur d'une interview croisée ou dénoncer de petits voisins "membres du club" ne se fait pas…

 

On le sent bien, les reproches de Nicolas Sarkozy envers la Suisse et le Liechtenstein dépassent la dénonciation d'un manque de transparence fiscale. C'est bien le fait qu'il existe des pays aux finances publiques saines, et donc aux impôts raisonnables, qui est dans son collimateur. Pour trop de dirigeants, gérer son budget avec parcimonie, comme le fait la Suisse, est devenu une tare, quelque chose d'étrange et de forcément douteux.

 

Non, la Suisse n'a pas à rougir de la situation, ni à recevoir de leçon d'Etats aux finances rouge vif depuis des années (depuis le début des années 1970 pour ce qui est de la France). Encore moins aujourd'hui, après les efforts qui ont été consentis ces deux dernières années pour se conformer aux standards internationaux en matière de traitement de la fiscalité. Les Français, les Européens en général, seront-ils dupes encore longtemps des subterfuges de leurs responsables politiques?

02/08/2011

L'initiative anti-immigration de l'UDC est nuisible

Et si l'on parlait des effets positifs de la main-d'œuvre étrangère en Suisse? A l'heure où l'UDC entend stopper "l'immigration massive" en lançant une énième initiative populaire, il est urgent de rappeler que les étrangers sont des contributeurs nets pour toutes les assurances sociales en Suisse. Il ne s'agit pas là de propagande, les immigrés paient davantage qu'ils ne touchent, que ce soit pour l'AVS, le chômage, les allocations pour perte de gain (APG) ou même l'assurance-invalidité (AI). L'AI? Oui, même pour l'AI, les Européens sont proportionnellement moins nombreux à en bénéficier que les Suisses, selon les données de l'Office fédéral des assurances sociales (OFAS).

 

Mieux: l'afflux de cotisants supplémentaires qu'a connu la Suisse au cours des cinq dernières années (environ 300'000 personnes) n'a pas que dopé la croissance et amorti la récession en 2009: il a donné un puissant coup de fouet aux finances de l'AVS. Berne craignait qu'elles virent au rouge dès 2015, cet horizon est désormais reporté à 2020-25. Et permet d'élaborer en toute sérénité un plan d'assainissement plutôt que d'agir le couteau sous la gorge.

 

Le "retour à l'économie planifiée" – la formule est de la NZZ - voulu par l'UDC en exigeant des contingents de travailleurs est tout simplement nuisible. Il priverait entreprises et administrations publiques d'un accès facilité à la main-d'œuvre dont elles ont besoin, qu'on songe à la santé ou à l'hôtellerie-restauration. Pire encore, il remettrait aussi en cause l'ensemble des bilatérales, dont le bilan est plus que profitable à l'ensemble du pays.

 

La Suisse a certes des défis à relever, en particulier dans les transports et le logement. Attaquons-nous activement et positivement à ces problèmes. Loin d'être une solution, une politique migratoire restrictive ne nous garantirait qu'un gigantesque autogoal!

14/02/2011

Votation bernoise sur Mühleberg, une victoire du bon sens !

Les Bernois ont accepté hier le renouvellement de la centrale nucléaire de Mühleberg. On peut se réjouir que la population bernoise montre l’exemple avec ce vote positif et responsable.

 

En effet, la sécurité de l’approvisionnement de notre pays serait menacée sans renouvellement des grandes centrales, , car elles fournissent 40% de l’électricité consommée en Suisse. Si on les arrête, ces 40% disparaitront et ne pourront pas être complètement compensés par les énergies renouvelables, qui n'assurent aujourd'hui que 5% de la production d'électricité en Suisse. On peut facilement envisager les conséquences : prix de l’énergie qui explose, coupures de courant, black out, voire même suppression d’emplois et chômage. En effet, les entreprises ont besoin d’un approvisionnement sûr, continu et à prix correct. Si ce n’est plus le cas, une partie des emplois qu’elles représentent disparaîtront probablement. Et que dirons-nous quand la pompe (électrique) de notre chauffage à mazout s’arrêtera un samedi d’hiver parce qu’il n’y a plus de courant ? Par conséquent, menacer la sûreté de l’approvisionnement électrique est dangereux pour la société dans son ensemble.

 

Pour éviter ce scénario catastrophe, je pense qu’il faut cumuler toutes les sources de production pour assurer notre approvisionnement en électricité. Le Conseil fédéral a adopté une politique raisonnable qui repose sur quatre piliers: efficacité énergétique, énergies renouvelables, grandes centrales électriques et politique énergétique extérieure. Cette approche fédérale est la seule à même de nous garantir un approvisionnement en électricité fiable, respectueux du climat et à des coûts acceptables en l’état actuel de la technologie.

 

Dès lors, espérons que le Grand Conseil vaudois fera preuve de la même responsabilité que le souverain bernois lorsqu'il votera demain sur le même dossier du renouvellement de nos grandes centrales de production nationales…