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01/12/2011

L'obscurantisme menace notre prospérité

Jacques Neirynck a raison! La recherche ne doit pas être bridée sous de fallacieux motifs éthiques. Ou bien il faut en accepter les conséquences, à savoir des pertes d'emplois dans l'industrie ("24 Heures" du 25.11.2011).

 

OGM et génie génétique il y a quelques années, fusion nucléaire aujourd'hui: les velléités d'interdire, ou en tout cas de confiner au strict minimum, la recherche dans certaines branches scientifiques font souvent mouche dans l'opinion publique. Une opinion que l'on effraie à coups de potentiels dérapages cauchemardesques.

 

Mon propos n'est pas de défendre le laisser-faire le plus total dans les laboratoires des universités ou des entreprises. La recherche sur le vivant ou sur les technologies sensibles doit bien évidemment être encadrée par des commissions d'éthique, surveillée, contrôlée. Il en va de notre sécurité, mais aussi de la légitimité des travaux menés par les scientifiques, de leur acceptation.

 

Reste que ces garde-fous posés, toutes les possibilités doivent rester ouvertes. Que le consommateur européen ne veuille pas manger de produits OGM est une chose, il est dans son droit de limiter la commercialisation de ce type d'aliments. Mais au nom de quoi, et surtout de quelle éthique, interdirions-nous de rechercher des solutions scientifiques capables de répondre, dans l'agriculture par exemple, aux défis posés par la désertification de certaines régions par ailleurs en plein essor démographique? La génétique n'est bien entendu qu'une piste parmi d'autres, mais c'est notre devoir de l'explorer.

 

Renoncer volontairement à découvrir de nouvelles techniques est dangereux. C'est de l'obscurantisme. D'un point de vue purement scientifique et théorique tout d'abord, car un tel prosélytisme de l'ignorance librement consentie revient à décréter que nous avons atteint le stade ultime du progrès, stade au-delà duquel menace le chaos dans le meilleur des cas, éventuellement l'apocalypse. Honnêtement, qu'en savons-nous?

 

D'un point de vue plus terre-à-terre, sur le plan économique, cette attitude conduit à nous priver des technologies de demain. Nous? Les Suisses seulement, en fait. Parce qu'il se trouvera de toute manière toujours d'autres pays plus tolérants envers la science. Et ce sont eux qui capitaliseront sur les découvertes, car il y en aura certainement. Revenons vite sur la voie du pragmatisme!