UA-64206590-2 UA-101278801-1

22/06/2016

Vaud en 2040? L'avenir nous appartient encore!

Brexit ou non, le canton de Vaud ne peut pas se payer le luxe d'un contingentement drastique de la main-d'œuvre étrangère. Nos statisticiens cantonaux ont fait des projections pour les 20 à 25 prochaines années et elles sont inquiétantes. Sans apport migratoire, le nombre de personnes âgées de plus de 65 ans va très fortement augmenter face à une population active en diminution constante. Qui remplacera le personnel qui partira à la retraite? Personne, dans de (trop) nombreux cas. Des emplois disparaîtront. Les entreprises produiront simplement ailleurs en Europe ou dans le monde.

Prenons un autre problème, tiré de cette étude publiée la semaine dernière: si l'on bloque l'immigration, il y aura "deux fois plus de personnes âgées de 75 ans et plus en 2040 qu’aujourd’hui (116'000 personnes en 2040 contre 57'000 en 2014)". Or, "75 ans est l’âge à partir duquel les besoins et les coûts de santé et de prise en charge augmentent de façon significative". Qui financera la hausse des dépenses, sachant que le nombre de jeunes stagnera? Ou bien cette génération sera saignée en prélèvements sociaux. Ou bien les aînés doivent s'attendre à un automne de la vie extrêmement difficile. Ni l'un ni l'autre n'est souhaitable, ni acceptable.

Les Vaudois ne veulent pas de ce scénario puisqu'ils ont rejeté à plus de 61% l'initiative du 9 février 2014. Ce taux élevé et surtout la nécessité de préserver la capacité concurrentielle des régions les plus dynamiques, comme l'Arc lémanique, plaident en faveur d'une mise en œuvre réaliste de ce texte. Une application flexible, compatible avec l'accord sur la libre circulation des personnes passé entre la Suisse et l'Union européenne (UE), est indispensable. Les initiants avaient d'ailleurs assuré que la main-d'œuvre étrangère était nécessaire à nos entreprises et qu'il fallait en tenir compte.

Les prochaines semaines seront cruciales, car les négociations avec Bruxelles devraient être agendées dès que les résultats sur le référendum britannique seront connus. L'objectif consiste à trouver une solution avant les vacances d'août. Si tout va pour le mieux – il en va de la responsabilité de tous les partis et de toutes les organisations d'appuyer cette démarche - les entreprises ressortiront renforcées grâce à un regain de visibilité. Ce serait une excellente nouvelle pour l'emploi, qui a bien besoin d'un coup de pouce alors que le franc fort reste extrêmement pénalisant. Restons optimistes. Et pragmatiques!

15/06/2016

Le référendum contre la RIE III fédérale s'attaque à la prospérité de la Suisse

Bonne nouvelle aux Chambres fédérales: les parlementaires ont trouvé un accord sur la 3e réforme de l'imposition des entreprises (RIE III). Si les Vaudois ont déjà plébiscité leur propre projet (en particulier l'abaissement du taux d'imposition des bénéfices), les dispositions fédérales restent à mettre formellement sous toit. Elles sont tout autant inévitables que l'était notre projet cantonal, car la Suisse s'est formellement engagée à changer ses pratiques.

L'abandon des statuts spéciaux fiscaux, qui permettent d'abaisser fortement les impôts payés par les entreprises qui réalisent la majeure partie de leurs affaires à l'étranger, est programmé pour 2019 ou 2020. Le référendum de la gauche contre la RIE III fédérale n'y changera rien. En revanche, un "non" dans les urnes compromettrait l'activité de très nombreuses sociétés, et donc le maintien de dizaines de milliers d'emplois.

En adoptant à 87% le projet cantonal, les Vaudois ont bien compris qu'il en va de notre prospérité et de notre avenir. La situation n'est pas différente au niveau national, car si les entreprises à statuts spéciaux se concentrent bel et bien dans quelques cantons, parmi lesquels Vaud, Genève, Bâle-Ville, Zoug et – un peu moins – Zurich, leurs retombées profitent à tous les Suisses. Ces sociétés (qui sont quelque 25'000 et qui emploient au moins 150'000 personnes directement) contribuent à elles seules à pratiquement la moitié de l'impôt sur le bénéfice encaissé au niveau fédéral.

Le référendum serait une erreur

La gauche fait une grave erreur en combattant cette réforme. Nos entreprises ont besoin de prévisibilité et de stabilité, tout particulièrement dans le contexte conjoncturel difficile qui dure depuis maintenant huit ans. Sans parler de la cherté du franc, qui n'est malheureusement pas près de disparaître.

Contrairement à ce que dit le président du parti socialiste, la RIE III fédérale n'accorde pas de cadeaux fiscaux tous azimuts. La suppression du droit de timbre, qui figurait dans la proposition initiale du Conseil fédéral, a été abandonnée. L'introduction de la possibilité de déduire des intérêts dits notionnels sur son capital propre (un instrument qui permet de mettre sur un pied d'égalité les entreprises qui se financent par la dette et celles qui recourent à leurs propres fonds) a été assortie d'une hausse de l'imposition des dividendes et des excédents de liquidation, entre autres.

Les "patent boxes", qui permettent de défiscaliser une partie des dépenses de recherche et développement, sont avant tout destinées à favoriser l'innovation dans notre pays. Pour le secteur pharmaceutique et chimique, qui pèse pour plus de 40% dans les exportations totales de notre pays, soit plus de 80 milliards de francs, ils constituent un instrument indispensable. Le PS veut-il mettre en danger l'ensemble de cette industrie?

Dans le canton de Vaud, grâce au signal on ne peut plus clair des citoyens en faveur de la RIE III cantonale, le 20 mars dernier, nous avons la chance d'avoir la garantie que la réforme sera mise en œuvre comme prévu pour ce qui concerne le taux d'imposition. Mais le cadre fédéral et les compensations financières destinées aux cantons – en particulier le nôtre – sont aussi une nécessité. Ces deux réformes forment un tout. Avec ce dossier, nous parlons emploi et avenir. Plus vite nous l'aurons ficelé, meilleures seront nos chances de maintenir la prospérité de la Suisse!

08/06/2016

La transition énergétique se fera avec les éoliennes… et de la coordination

Le vote de Vallorbe a été clair dimanche: c'est oui à l'énergie éolienne. A plus de 57% des voix, les citoyens ont accepté la construction de six mâts, qui devraient subvenir à la consommation d'environ 11'000 ménages. Consultés en 2012, les habitants de Sainte-Croix avaient dit oui à un autre projet. Cette forme d'énergie convainc peu à peu. Tant mieux. Mais nous devons continuer à travailler sur plusieurs fronts pour réussir la transition énergétique, car l'éolien n'est qu'une petite partie de la solution.

Tout d'abord, il faut noter que si elles sont acceptées dans le Jura vaudois et qu'elles récoltent en général les faveurs des citoyens (9 votations sur 10 acceptées en 2015), les éoliennes n'ont pas trouvé grâce aux yeux des habitants de Daillens et d'Oulens en 2013. Quant aux projets pourtant validés dans les urnes, comme celui de Sainte-Croix, ils sont systématiquement retardés par des pluies d'oppositions. Il en ira de même à Vallorbe.

Au bout du compte, le canton de Vaud ne pourra très probablement pas se doter de la totalité des 170 mâts évoqués il y a quelques années (lesquels devraient subvenir à 27% de la consommation du canton). On en saura davantage prochainement puisque la Confédération doit publier sa "Conception énergie éolienne" ce mois encore.

Le tournant énergétique lancé en 2011 prend beaucoup plus de temps. Depuis cette date, aucune éolienne n'a été érigée dans notre canton. Au niveau national, cette source d'énergie ne fournit que 0,2% de la production d'électricité (avec 34 engins) du pays… alors que la Stratégie énergétique 2050 vise 7%.

Le vote des Vallorbiers, dimanche, comme ceux de Charrat en Valais (qui ont accepté deux autres éoliennes), va dans le bon sens, mais l'évolution du dossier doit nous inciter au pragmatisme. L'abandon du nucléaire est désormais sur les rails, mais il doit se faire de manière échelonnée et coordonnée. L'initiative des Verts visant une fermeture anticipée des centrales atomiques, sur laquelle on votera à la fin de l'année, rendrait notre pays vulnérable, si elle était acceptée. Déjà compliquée par les problèmes de rentabilité que rencontre la production d'énergie hydraulique, la réussite de notre transition énergétique requiert plus que jamais tact et pragmatisme. Evitons la précipitation.