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09/07/2014

Investir pour maintenir son bien-être

Campus santé à la Bourdonnette à Lausanne, route Vufflens-Aclens (RC 177), centre d'enseignement post-obligatoire à Renens, pôle muséal à Lausanne… la liste des investissements décrétés dans le canton de Vaud pour la seule période 2011-2014 comprend pas moins de 147 projets. L'Etat devra y engager un montant net de 2,2 milliards de francs. D'ici à 2020, cette somme se montera à 9 milliards. Des montants colossaux.

On le sait, l'indispensable assainissement de nos finances publiques au cours des années 2000-2010 a retardé de nombreux investissements dans notre canton. Il faut maintenant mettre les bouchées doubles pour rattraper ce qui peut l'être, d'autant plus que Vaud a connu un puissant développement économique (et démographique) ces dix dernières années, au point de devenir l'un des principaux moteurs économiques du pays.

Il aurait sans doute fallu anticiper certains chantiers, comme la RC 177. Mais l'essentiel est maintenant d'aller de l'avant. En faisant l'inventaire des projets à venir, vendredi dernier, le conseiller d'Etat Pascal Broulis a très justement mis le doigt sur les pluies de recours qui ralentissent – quand ils ne les gèlent pas – de trop nombreux chantiers pourtant urgents et d'une utilité publique indéniable (hôpitaux, routes…).

La mise à niveau de nos infrastructures est primordiale si le canton entend maintenir son niveau de bien-être, et surtout celui de sa population. Sans investissements, il est évident que d'autres régions nous dépasseront rapidement en termes de qualité de vie. Qui n'avance pas recule…

Reste que pour aller de l'avant, il faut être en mesure de financer nos futurs investissements. Pour ce faire, le canton doit continuer à mener une politique active en faveur de la croissance. Ceux qui pensent que nous pouvons nous reposer sur nos lauriers - et même, pour certains, mener une politique de croissance zéro - en nous appuyant sur la bonne santé actuelle de nos finances publiques se trompent lourdement.

Au niveau cantonal, nous pouvons (et devons) agir en procédant à une réforme rapide de la fiscalité des entreprises, de manière à continuer à nous profiler comme une région très attractive sur les plans suisse et international. L'imposition des entreprises sera de toute manière fondamentalement remodelée d'ici à la fin de la décennie au niveau national (suppression des statuts spéciaux qui permettent, sur Vaud, aux sociétés à vocation internationale de payer moitié moins d'impôts que les entreprises orientées sur le marché suisse).

Le canton a toutes les cartes en mains pour rester dans le peloton de tête. En agissant vite, nous préserverons l'emploi et le tissu économique. Nous resterons aussi capables de financer facilement nos investissements. Tout le monde y gagnera!

11/06/2014

L'apprentissage comme "recette anti-chômage"

Le modèle de formation professionnelle suisse basé sur l'apprentissage est une recette anti-chômage et son principal défi consiste à le rester. Cette conclusion est tirée d'une étude présentée dans le cadre du Forum des 100 de "L'Hebdo" à la mi-mai. Les statistiques ne laissent planer aucun doute: notre pays compte très peu de jeunes sans emploi en comparaison internationale. Le système d'apprentissage a en outre l'immense avantage d'impliquer les entreprises dans la formation, et donc d'éviter que le monde économique soit déconnecté des écoles professionnelles. 

Mais attention, ce modèle évolue et doit continuer à évoluer. Comme le rappelle l'étude réalisée par les six banques cantonales romandes, il manquait de places d'apprentissage il y a encore une petite dizaine d'années. Retournement complet de situation aujourd'hui: les entreprises peinent à trouver des candidats! L'an dernier, presque une place d'apprenti sur dix (9%) est restée vacante en Suisse romande. 

Et le problème n'est pas près de disparaître, l'Office fédéral de la statistique s'attend à une diminution du nombre d'apprentis de l'ordre de 1,8%, toutes branches confondues, entre 2016 et 2019. Pourquoi? Parce que le nombre des naissances a baissé entre 1992 et 2003 et parce que toujours plus de jeunes se lancent dans des études "académiques". On peut ajouter que la limitation de l'immigration décidée par le peuple suisse le 9 février dernier accentuera probablement ce phénomène. 

Les entreprises se plaignent aujourd'hui déjà d'une inadéquation entre les dossiers de candidature des apprentis et les postes proposés. Toutes les branches s'attendent à ce que cette tendance se renforce au cours des trois à cinq prochaines années (toujours selon le document présenté au Forum des 100, voir page 6). 

On le voit, le modèle gagnant de l'apprentissage nécessite quelques adaptations. Première mesure à prendre: mieux expliquer les différents débouchés professionnels dans les écoles. Autrefois, on pensait volontiers: "tu n'es pas bon à l’école, tu feras un apprentissage". Ce temps est heureusement dépassé, car tous les métiers ont des exigences qui deviennent chaque jour plus élevées. Les détenteurs de CFC peuvent poursuivre sur la voie des études et atteindre un niveau universitaire. Diriger systématiquement les élèves les plus performants vers le gymnase est donc une erreur. 

Sans compter que question salaire, il faut une fois pour toute tordre le cou à certaines idées reçues. L'obtention d'une maturité ne conduit pas à l'assurance d'avoir des revenus confortables. C'est même le contraire qui est vrai. Dans le canton de Vaud, les détenteurs d'une maturité étaient 16,4% à percevoir un salaire inférieur à 4000 francs par mois en 2010, contre 6,8% des titulaires d'un CFC! Ces chiffres sont tout ce qu'il y a de plus officiel: ils émanent d'une enquête menée par l'administration cantonale (dévoilée en mai dernier et malheureusement passée inaperçue) suite à une question d'un député au Grand Conseil. L'échantillon est des plus représentatifs puisqu'il porte sur 146'000 employés (un bon tiers de toutes les personnes actives), à raison de deux tiers dans le prié et un tiers dans le public.  

Les entreprises ont bien sûr elles aussi un rôle à jouer dans cette nécessaire adaptation de l'apprentissage. C'est à elles de mettre en avant les possibilités qu'elles offrent. L'apprentissage est paradoxalement en perte de vitesse alors qu'il n'a jamais autant permis d'évoluer dans notre parcours professionnel! Cela tient sûrement en partie au fait qu'il y a moins d'entreprises formatrices que par le passé, 18,4% actuellement contre 23% en 1985. 

Le défi évoqué par l'étude ne nous laisse aucune alternative: l'apprentissage doit absolument maintenir sa place de recette anti-chômage. Ce système est un véritable pilier de la Suisse. Mais attention à ne pas nous endormir sur nos lauriers: les métiers changent sans cesse, les parcours de formation ont évolué. Dans le bon sens! Reste maintenant à promouvoir cette nouvelle réalité. 

04/06/2014

Les bons choix de l'école vaudoise

Le canton de Vaud a décidé de supprimer les cours d'informatique en 7e et 8e HarmoS pour les remplacer par de l'anglais. Bonne ou mauvaise nouvelle? Il n'est bien sûr jamais réjouissant de devoir renoncer à une formation, mais il faut bien admettre que l'école, surtout le niveau primaire, ne peut pas tout traiter. Elle doit donc faire des choix et celui-ci va dans le bon sens.

Les entreprises réclament depuis des années un renforcement des connaissances de base des élèves, en français, mathématiques, allemand ou anglais. Elles constatent en effet que le niveau de maîtrise de ces disciplines, tout particulièrement l'orthographe, tend à baisser chez les apprentis qui débutent leur formation. Se recentrer sur l'essentiel est donc une nécessité.

La maîtrise du numérique peut s'acquérir au travers de l'enseignement d'autres branches, comme le prévoit le canton de Vaud. De toute manière, la grande majorité des enfants "naissent" avec l'informatique. Les écrans tactiles fascinent déjà les plus petits. La maîtrise des outils semble se faire aussi naturellement que l'apprentissage de la langue maternelle… Les enfants "n'apprennent" plus à les utiliser, ils grandissent avec eux!

L'important aujourd'hui, c'est de rendre les élèves attentifs aux dangers du numérique. Et ces dangers sont multiples. Il y a les addictions, bien sûr, mais sans aller jusqu'à ces cas extrêmes, il y a toutes les dérives possibles (harcèlement, diffamation, diffusion d'images scabreuses "volées" ou obtenues sous pression, tout cela sur les réseaux sociaux en particulier). Cela peut briser des personnes. Jusqu'où`aller dans l'étalage de sa vie privée? La désinformation est monnaie courante sur le web, comment la repérer? Voilà quelques-uns des vrais enjeux du digital, que les jeunes ne vont pas forcément découvrir eux-mêmes.

Cela dit, il est vrai que tous les élèves ne baignent pas forcément dans le même environnement ultra-numérisé dès la plus tendre enfance. Et l'école doit veiller à ce que ceux dont les parents n'ont pas les moyens de s'acheter un smartphone ou la dernière tablette chaque année, ne soient pas distanciés rapidement. Malgré la suppression des cours d'informatique, il y a sûrement des moyens d'y parvenir. Par exemple en mettant en place un système de parrains/marraines où les geeks en herbe s'occuperaient d'accompagner les moins férus d'informatique. Cela marche dans d'autres domaines, pourquoi pas en informatique?