UA-64206590-2 UA-101278801-1

22/05/2013

Voiture ou transports publics? Les Vaudois ne choisissent pas, ils veulent les deux

Près de trois quarts des kilomètres parcourus quotidiennement par les Vaudois le sont en transports individuels motorisés. Chaque habitant du canton effectue 37 kilomètres de déplacement quotidien, dont une distance de 14 kilomètres pour ses loisirs. Ces derniers trajets  arrivent devant ceux effectués pour se rendre au travail (10 kilomètres)!

Ces chiffres tirés de Statistique Vaud sont bien sûr de moyennes. Les citadins font de petits déplacements la semaine, le plus souvent en transports publics, mais couvrent de longues distances le week-end pour leurs loisirs. Et surtout en voiture (56% des ménages lausannois sont au moins propriétaires d'une voiture, qu'ils conduisent moins la semaine). Les habitants résidants en dehors des centres utilisent à l'inverse beaucoup plus leurs véhicules la semaine pour aller au travail, mais sont plus sédentaires que les citadins les samedis et dimanches. Au final, rats des villes et rats des champs sont tous consommateurs d'infrastructures routières et autoroutières.

Qu'en conclure? La densification des centres urbains – indispensable pour faire face à la pénurie de logements - ne nous dispensera pas de la nécessité d'améliorer le réseau routier. Car tout le monde utilise la voiture ou la moto. Que ce soit pour aller skier, au lac ou voir une exposition, que l'on soit lausannois, broyards ou chablaisiens! Les adversaires du trafic privé devraient en prendre conscience lorsqu'ils opposent systématiquement les transports publics à la route, en voulant donner une préférence au premier sous le prétexte qu'il faut décourager les gens de recourir à leur propre véhicule.

Ces dernières années, le trafic motorisé privé a diminué en ville de Lausanne, grâce à l'accroissement de l'offre en transports publics et en particulier du M2. Les jeunes passent plus tardivement leur permis de conduire (mais peut-être y-a-t-il aussi des raisons financières à cela…). Les habitudes changent. Mais la ville vit aussi de commerces, d'hôtels, de tourisme: les consommateurs et visiteurs doivent pouvoir accéder au centre sans entraves. A défaut, l'activité risque de se déplacer en périphérie. Au niveau cantonal comme dans les centres, transports publics et moyens individuels doivent absolument rester complémentaires! Et développés en parallèle, sans discriminations!

15/05/2013

La préférence nationale à l'embauche? Inutile de la promulguer, elle va de soi!

Des mesures inutiles ne seront d'aucune aide dans le débat sur la libre circulation des personnes. Ainsi en est-il de l'idée, évoquée vendredi dernier sur RTS La Première, d'instaurer une "préférence nationale" à l'embauche dans toutes les entreprises du pays. Les inspirateurs de cette mesure l'imaginent informelle, sous la forme d'un encouragement émanant des organisations économiques, de manière à éviter une vaine querelle avec Bruxelles. 

A priori, cela semble une excellente idée. Que pourrait-il y avoir de plus logique que, à compétences égales, les entreprises engagent des employés suisses plutôt que des ressortissants de l'UE? Et bien rien, c'est parfaitement logique! C'est d'ailleurs pour cela que les entreprises engagent déjà systématiquement en priorité des employés suisses ou déjà domiciliés dans la région. 

Cela va même plus loin: les employeurs rêvent de pouvoir trouver toute la main-d'œuvre tout près de chez elles. Ce n'est pas une partie de plaisir que d'entamer des démarches de recrutement à l'étranger. Les entreprises se passeraient volontiers de devoir faire face à une gestion des salaires plus compliquée pour les employés européens que pour les employés suisses: les détenteurs de permis B qui gagnent moins de 120'000 francs par an sont imposés à la source. Mais la réalité est ce qu'elle est: le manque de personnel, qualifié et non qualifié, frappe de nombreuses professions! Du secteur de la santé à la construction, en passant par la restauration, le transport ou l'informatique. 

Notre pays, et notre canton en particulier, crée depuis une décennie plus de postes de travail que ce que le marché du travail peut fournir. Cette vigueur économique, cet îlot de prospérité dans une Europe en crise avec ses 26 millions de chômeurs, est une chance extraordinaire. Bon nombre d'entreprises n'ont souvent pas d'autre choix que de recruter des Européens. Vouloir les en empêcher (ou les entraver) ne conduira qu'à obliger celles qui le peuvent à aller produire là où la main-d'œuvre est disponible. Et les emplois des Suisses disparaîtront du même coup. 

L'idée de "préférence nationale" n'est qu'un slogan. Laissons-le pour ce qu'il est. Une personne qui n'a pas mal à la tête ne se sentira pas mieux si elle prend une aspirine. C'est la même chose avec la préférence nationale: la promulguer dans les entreprises ne changera rien puisqu'elle est de facto déjà pratiquée.

Les mesures d'accompagnement à la libre circulation des personnes passent avant tout par la facilitation de la construction de logements (plutôt que de nouvelles contraintes faites aux propriétaires et promoteurs) ainsi que des investissements ciblés dans les infrastructures routières et ferroviaires. Lancer un appel inutile aux entreprises ne ferait qu'ajouter de la confusion dans le débat. Il signifierait que les employeurs privilégient actuellement les employés de l'UE alors que rien n'est plus faux!

01/05/2013

Le partenariat social et l'industrie vaudoise, une formule à préserver

Novartis va finalement investir 150 millions de francs à Prangins d'ici à 2020, 110 millions de plus que prévu au moment du plan de sauvetage de la fabrique de médicament vendus sans ordonnance. Le site emploie actuellement 730 personnes, soit 80 de plus qu'il y a 18 mois, au moment où le groupe pharmaceutique bâlois annonçait vouloir cesser la production en terres vaudoises. C'est peu dire que la solution trouvée entre le canton, l'entreprise et les employés pour rendre cette usine rentable à long terme constitue un succès. Grâce au partenariat social, le résultat final dépasse toutes les attentes, comme l'a souligné le chef du Département fédéral de l'économie Johann Schneider-Ammann. Bien sûr, chacun a dû faire des concessions, mais tout le monde y trouve son compte à la fin.

La nouvelle de Novartis est tombée le même jour (jeudi dernier) que l'inauguration officielle de son nouveau site de Mex par le fabricant de machines Bobst. Là aussi, l'entreprise, les employés et le canton ont dû s'assoir autour d'une même table pour chercher le meilleur moyen d'assurer la pérennité des activités sur la durée. Là, la société n'a pas pu éviter des licenciements, en raison de la baisse de la demande de ces dernières années, du franc fort ainsi que de la nécessité de se réorganiser pour mieux se profiler sur les marchés asiatiques. Mais grâce à un soutien bien compris de l'Etat en faveur de la formation des apprentis (on en compte 250 à Mex!), l'entreprise aborde l'avenir avec une santé retrouvée.

Quelques semaines plus tôt – c'était à la fin mars – Nestlé "vernissait" aussi, à Orbe, une nouvelle unité: un centre de technologie pour les capsules et les machines. On y apprenait que le groupe a créé pas moins de 650 emplois en dix ans sur ce site, pour y porter ses effectifs à 1500 personnes. Des dizaines d'entreprises locales y ont participé à plusieurs gros chantiers.

Pourquoi ces exemples? Parce qu'ils illustrent le bon fonctionnement de notre économie, de nos institutions et de notre manière d'élaborer des solutions en cas de difficultés. Nestlé et Orbe sont la vitrine du dynamisme de la région, aussi dans l'industrie. Novartis et Bobst montrent qu'il n'y a pas de fatalité.

Mais il faut pouvoir disposer d'une marge de manœuvre pour trouver des solutions et pour être dynamique! Le partenariat social ne peut pas être encadré par des règles qui ont pour objectif de brider les entreprises. Si les idées comme celles développées dans l'initiative 1:12, qui veut limiter le salaire le plus haut dans une entreprise à douze fois le salaire le plus bas, ou celle exigeant un salaire minimum à 4000 francs passaient la rampe en votation, notre pays glisserait peu à peu sur la voie du dirigisme. Le partenariat social en prendrait en coup.  

Novartis, Bobst et Nestlé nous montrent que le système actuel fonctionne. Que se passe-t-il en France, championne des acquis sociaux aussi rigides qu'intouchables? Elle se désindustrialise à la vitesse grand V. Juste à côté, notre canton parvient à préserver son secteur secondaire et son savoir-faire, et même à les renouveler. Vouloir imiter les recettes destructrices de nos voisins serait une grave erreur!