UA-64206590-2 UA-101278801-1

12/10/2011

L'interventionnisme ne résoudra pas la crise du logement

Multiplier les démarches administratives ne résoudra en rien le problème de la pénurie de logements. Une évidence? Visiblement pas pour tout le monde, puisque c'est exactement ce que prévoit de faire le canton de Vaud dans son projet de révision de la loi sur l'aménagement du territoire et les constructions (LATC), dont la consultation s'est achevée récemment.

Petite visite dans l'arsenal encore virtuel des nouvelles dispositions:

 

A ma droite, suppression des plans partiels d'affectation, qui permettaient aux communes de modifier facilement les plans généraux d'affection. Il faudra désormais agir par voie législative pour tout changement, même le plus petit.

 

A ma gauche, fixation "de quotas de logements d'utilité publique dont la fixation est garantie à terme"… Fini l'adaptation de l'offre en fonction de la demande.

 

Devant moi, obligation de procéder à des "évaluations environnementales stratégiques". Qui doublonneront avec des études d'impact déjà obligatoires en vertu du droit fédéral.

 

Pour couronner le tout, on ajoutera à ces mesures la volonté de rendre les plans directeurs communaux et régionaux contraignants. Ce qui ne manquera pas de rigidifier la situation.

 

Le problème du logement mérite qu'on s'y attaque efficacement. En évitant un interventionnisme à coup sûr contre-productif. Il ne faut pas se leurrer: l'Etat ne peut pas se transformer du jour au lendemain en planificateur omniscient. Le secteur de la construction (et du logement en général) est déjà aujourd'hui l'un des plus denses en lois, normes, règlements et directives. Inutile d'en rajouter!  A moins de vouloir ajouter une briquette à la cherté des prix de l'immobilier…

 

Qu'on s'entende: la LATC nouvelle formule contient de véritables innovations dignes d'être soutenues. Comme la densification des centres urbains. Mais évitons de nouvelles contraintes douteuses!

28/09/2011

Economiser l'énergie sans multiplier les obligations ruineuses

La sortie programmée du nucléaire en Suisse d'ici à 2032 nécessitera d'importantes économies de consommation d'électricité. On a beau retourner les statistiques et prévisions dans tous les sens, l'essor des énergies renouvelables ne suffira pas à lui seul à combler la diminution progressive, d'ici à 2032, de la production des centrales atomiques.

 

Reste à savoir où et comment économiser. Et à éviter de nouvelles contraintes coûteuses et inutiles. Ainsi en est-il du futur certificat énergétique des bâtiments, que le canton de Vaud souhaite introduire à large échelle. Dans leur projet de révision de la loi sur l'énergie actuellement en consultation, les services de l'Etat projettent ainsi d'obliger à ce que soit établi un bilan énergétique pour toutes les villas et tous les immeubles qui changent de propriétaire ou qui sont "mis en location". Soit la majeure partie du parc immobilier dans un canton qui compte deux tiers de locataires.

 

Instaurer des bilans énergétiques lors de transactions immobilières est sans doute souhaitable, car ils apporteront une information supplémentaire aux acquéreurs. Mais généraliser cette pratique va trop loin! Car qu'apporteront de tels certificats? Il faut être clair: ils engendreront surtout des charges pour les propriétaires… qui les répercuteront sur les locataires. La belle économie d'énergie, à l'heure où l'ensemble de l'arc lémanique manque cruellement d'appartements à loyers modérés.

 

Tout est question d'arbitrage. Et le canton doit garder le sens des proportions. Oui à l'établissement de bilans énergétiques, mais lorsqu'il y a transaction immobilière seulement. Ces certificats doivent en outre rester incitatifs et ne pas conduire à donner la compétence au canton de contraindre les propriétaires à assainir les bâtiments, même à terme. La révision de la loi va déjà très loin en prévoyant l'interdiction totale des chauffages électriques d'ici à 15 ans. Rajouter là-dessus des bilans énergétiques généralisés dépasse franchement la mesure. Tout l'argent dépensé en certificats n'ira pas dans une amélioration concrète de la consommation d'électricité!

21/09/2011

Centre de Lausanne: la petite délinquance n'est pas une fatalité

Les alentours des gares sont peu ragoûtants au petit matin. Si l'on entend beaucoup parler des problèmes de Cornavin et de sa scène ouverte de la drogue, Lausanne est malheureusement bien loin de faire exception. Saleté, odeurs nauséabondes, déprédations, petits trafics… "Lausanne est devenue la plaque tournante de la petite délinquance. Les groupes à problèmes viennent de Morges, Gland, Yverdon, Bex, Aigle, Montreux, etc. et se retrouvent tous en gare de Lausanne", écrivait l'an dernier le syndicat du personnel des transports (SEV) sur son site internet. La belle image pour le touriste fraîchement débarqué de l'aseptisé Aéroport de Genève, en visite pour la première fois dans la capitale olympique!

 

Le mythe de la Suisse comme pays le plus sûr du monde a vécu, clamait fin août le professeur Martin Killias dans une étude très remarquée. On peut ajouter que celui de la Suisse "propre en ordre" a également pris un sacré coup dans l'aile. Il est temps de réagir face aux incivilités. La recette? Renens truffe sa place de la gare de caméras. C'est une méthode. Faire davantage patrouiller d'agents de police en est une autre. Cette dissuasion "douce" a prouvé son efficacité partout dans le monde.

 

A Lausanne, les patrouilles se concentrent surtout sur les automobilistes et le canton ne fait pas mieux. Or qu'apprenait-on la semaine dernière dans 24 Heures? Que l'Etat accordait bel et bien neuf postes supplémentaires à la police cantonale, mais pour les radars. Il est vrai qu'il est bien plus rentable de planter un trépied au bord des routes et de faire tinter le tiroir-caisse que d'organiser des patrouilles nocturnes…

 

Quoique! A l'heure où la Confédération aligne les millions pour promouvoir le tourisme helvétique affaibli par la force du franc, consacrer quelques deniers publics pour faire respecter la loi dans le centre des villes constituerait un investissement tout aussi sensé. Bien sûr pas aussi immédiatement quantifiable qu'une belle volée d'amendes dans la zone de travaux sur l'autoroute de contournement de Lausanne ou pour des dépassements de la durée de stationnement en ville. Mais sûrement tout autant perceptible, qualitativement parlant. Les touristes y trouveraient leur compte. Mais les Vaudois seraient les premiers gagnants!