01/11/2012

Le budget social vaudois enfle trop vite

"Une personne formée gagne mieux sa vie, a moins de risques de se retrouver au chômage et si c'est le cas, elle retrouve plus vite du travail". Susanne Blank, dirigeante syndicale chez Travail.Suisse, a raison lorsqu'elle évoque le meilleur moyen d'éviter un accroissement de la pauvreté en Suisse, dans le dernier "Matin Dimanche".

La hausse constante des aides sociales ne soigne que les symptômes. Dans les faits, ces aides sont souvent un piège qui contribue à prolonger l'état de précarité des ménages, à les installer dans une situation qui n'est satisfaisante ni pour eux, ni pour la collectivité. Améliorer la formation – et prioritairement la formation professionnelle et la formation continue – permet tout au contraire de traiter les causes du mal. Tout le monde semble d'accord sur le principe…

Mais qu'observe-t-on dans le canton de Vaud? "24 Heures" nous apprenait la semaine dernière que le coût total du social dépassera tout bientôt celui de la formation, traditionnellement le plus important poste du budget cantonal. L'écart entre les deux ne sera plus que de 2 points en 2013 alors qu'il était de 6 points en 2005. Bien sûr, la population vieillit et il faut toujours plus de places en EMS. Bien sûr la Confédération reporte toujours plus de charges sociales sur les cantons.

Mais tout de même! La hausse proposée par le Conseil d'Etat cette année dans le domaine des subsides à l'assurance-maladie est révélatrice d'une dérive: celle d'un accroissement linéaire des dépenses sociales. Une telle politique ne sera pas soutenable à terme. Le fait que les budgets du social se rapprochent dangereusement de ceux de la formation est une sonnette d'alarme. Elle doit rappeler nos élus à l'ordre.

Une école plus performante, une revalorisation de l'apprentissage ainsi que la réinsertion sont plus que jamais les voies à privilégier pour aider les ménages les plus démunis. La fuite en avant du "tout au social" n'est pas une solution.

02/08/2012

L'apprentissage, nouvelle voie royale…

La formation en entreprise, par l'apprentissage, est une des forces de l'économie suisse, reconnue loin à la ronde. Et pourtant elle s'essouffle. Le problème ne vient pas des entreprises, qui rechigneraient à embaucher des jeunes, mais tout simplement en raison d'un manque de candidats. Les jeunes préfèrent s'orienter vers des cursus universitaires. Poussés par leurs parents? Ou par les orienteurs professionnels, eux-mêmes le plus souvent issus du sérail académique?

Il est vrai que tous les métiers ne sont pas touchés de la même manière. Les professions médicales n'ont pas de problème à recruter des apprentis. Probablement un effet Dr House… Les places d'apprentis de commerce sont également facilement pourvues, comme toujours.

Les métiers techniques, donc l'industrie en général, peinent en revanche à trouver des intéressés. Il manque actuellement 6500 apprentis dans ces secteurs, qui vont des instruments de précision aux machines. La construction ne séduit guère non plus: la demande y est inférieure aux nombre de places disponibles. Idem dans l'architecture.

Contrairement à ce que beaucoup croient, une formation académique ne constitue pourtant pas une assurance tout risque contre le chômage. Certains pays, comme la France, qui privilégie la voie scolaire depuis des lustres, sont là pour le prouver. Chez nos voisins, un jeune sur deux a été au chômage au moins une fois au cours des trois premières années de sa vie active. Côté salaires, à statut égal, les personnes issues de l'apprentissage sont souvent mieux rétribuées que des universitaires. Tout particulièrement dans l'industrie.

Les professions ont évolué à toute allure ces dernières années, pas seulement dans les métiers ultra-médiatiques de l'informatique et des biotechnologies. L'industrie et la construction savent se montrer particulièrement innovantes: y travailler se révèle passionnant. Le développement des hautes écoles spécialisées (HES, les universités professionnelles) offrent des débouchés et des possibilités de formation supérieure ou de reconversion au moins aussi séduisantes que les universités.

Les secteurs techniques ont certainement une part de responsabilité pour le désintérêt qu'elles suscitent: leurs métiers, les opportunités de carrière, de voyages (oui, les industries sont les internationales de nos entreprises, exportant souvent plus de 90% de leur production), ne sont pas suffisamment mis en avant.

Mais c'est avant tout à l'école et aux parents de prendre conscience de cette réalité. Même s'il a la vie dure, le cliché du Charlot des Temps Modernes ne correspond plus à la réalité suisse, et depuis très longtemps. Réussir et exercer un métier passionnant, ce n'est pas forcément devenir médecin, avocat ou enseignant. Qu'on se le dise, l'avenir est dans l'innovation: mobilité, cleantech, énergie, matériaux… L'avenir est aussi dans les métiers techniques.

25/02/2010

Formation professionnelle des sans-papiers : un mauvais signal

Un communiqué de presse des associations économiques vaudoises

 

 Les organisations patronales faîtières du canton de Vaud regrettent que le Grand Conseil n’ait pas cru bon de dénoncer de la manière la plus claire le « pari de l’illégalité » annoncé en fin de semaine passée par la Municipalité de Lausanne à propos des jeunes sans-papiers aspirant à suivre une formation professionnelle. Il aurait pu le faire non seulement en rejetant la résolution déposée par M. le Député Grégoire Junod, mais surtout en approuvant celle proposée par M. le Député Jean-Marie Surer.

 

Sans exagérer la portée des résolutions traitées hier au Grand Conseil, la CVCI, la FPV et Prométerre insistent sur le très mauvais signal que constitue le rejet de la résolution déposée par les partis du centre-droite. La proclamation d’une velléité de violer la loi est choquante en soi (qu’entendrait-on si elle émanait d’une entreprise ou d’une organisation professionnelle ?). Elle l’est particulièrement lorsqu’elle émane d’une autorité publique, et plus encore lorsque dite autorité a l’obligation légale de dénoncer l’infraction qu’elle annonce vouloir elle-même commettre.

 

Au-delà de cette position de principe, les organisations patronales vaudoises dénoncent le message catastrophique que délivre la Municipalité de Lausanne s’agissant de la lutte contre le travail au noir et regrettent que le Grand Conseil n’ait pas cru bon de signifier clairement sa désapprobation. Les associations économiques s’engagent depuis des années à lutter contre ce qui constitue un fléau; elles l’ont fait avec l’appui des autorités publiques – jusqu’ici du moins –, et en collaboration de surcroît avec les associations syndicales. Il est pour le moins regrettable que des signaux exactement contraires soient aujourd’hui diffusés dans le canton, donnant à penser qu’un changement fondamental s’est produit au niveau politique et laissant planer une attitude ambiguë de la part de certains responsables syndicaux.

 

 

Pour tout renseignement :

 

Ø   Claudine Amstein, directrice de la CVCI, tél. 079 / 210 67 88

 

Ø   Christophe Reymond, secrétaire général de la Fédération patronale vaudoise,

      tél. 079 / 621 12 05

 

Ø   Luc Thomas, directeur de Prométerre, tél. 079 / 779 30 83

 

 

Lausanne et Paudex, le 24 février 2010.