19/04/2010

Stratégie cantonale de lutte contre la pauvreté Non à une extension du filet social et à la privatisation de son financement

Communiqué de presse

La Chambre Vaudoise du Commerce et de l’Industrie (CVCI) et la Fédération patronale vaudoise (FPV) rejettent catégoriquement l’introduction de prestations complémentaires pour les familles et d’une rente-pont AVS pour les chômeurs âgés financées par les travailleurs et les entreprises.

Le train de mesures de lutte contre la pauvreté du Conseil d'Etat présenté ce jour par le Chef du Département de la santé et de l’action sociale (DSAS), composé pour l’heure de prestations complémentaires pour les familles modestes et d’un système de rente-pont AVS pour les chômeurs âgés en fin de droit, suscite à la fois des critiques sur son bien-fondé et sur son financement. Destiné à faire sortir du revenu d’insertion (RI) environ 900 familles et 300 chômeurs âgés, ce dispositif complexe est en réalité une extension du filet social vaudois déjà remarquablement dense et un transfert pur et simple de son financement sur les entreprises, les salariés ainsi que les indépendants.

Le canton de Vaud dispose d’ores et déjà d’un filet social complémentaire aux assurances fédérales extrêmement développé (subsides à l’assurance-maladie, aide au logement, avances sur pensions alimentaires, bourses d’études, allocation de maternité cantonale, revenu d’insertion, aide aux personnes recourant à l’action médico-sociale etc.), auquel on peut ajouter les aides du Fonds cantonal de la famille et les généreuses dispositions de la loi d’application de la loi fédérale sur les allocations familiales (allocation de naissance et supplément d’allocation dès le 3ème enfant). Alors que la priorité devrait être orientée sur le financement des prestations existantes – on sait que des efforts importants devront notamment être consentis pour assainir les assurances sociales fédérales – le gouvernement vaudois fait fausse route à vouloir ajouter de nouvelles prestations. Rappelons encore que les entreprises du canton participent au financement de l'accueil de jour et viennent d'accepter un prélèvement pour financer un fonds de la formation professionnelle.

On constate que le projet vaudois de prestations complémentaires pour familles n’exige pas, au contraire du projet genevois, que les bénéficiaires exercent une activité lucrative en fixant un taux d’activité minimum pour avoir droit aux prestations. Il s’inscrit dans une pure logique de besoins, en compensant par les prestations complémentaires un déficit de revenu sans aucune exigence vis-à-vis du bénéficiaire.

Le mode de financement retenu, soit le prélèvement d’une contribution sur les salaires auprès des entreprises et des salariés et sur le revenu AVS des indépendants, suscite incompréhension et réprobation. Incompréhension parce qu’il n’existe aucun lien logique entre la contribution et les bénéficiaires, le projet poursuivant de purs objectifs de politique sociale. Incompréhension encore, parce que les entreprises et leurs salariés contribuent très considérablement, par leurs impôts, à la bonne santé financière du canton et au financement de sa politique sociale. Réprobation enfin, parce que ce prélèvement supplémentaire auprès des actifs et des entreprises ne peut que péjorer la situation de la classe moyenne et de toutes les entreprises vaudoises, au profit d’un nombre restreint de bénéficiaires. Rien n’indique d’ailleurs que le taux de contribution retenu ne soit pas appelé à augmenter à l’avenir, ce qui ouvrirait la porte à une spirale néfaste de prélèvements.

Les organisations économiques vaudoises combattront ce projet avec toute la fermeté nécessaire.

Pour tous renseignements :    CVCI  : Claudine Amstein tél. 079 210 67 88
FPV   : Jean-Hugues Busslinger tél. 079 279 76 42


Lausanne et Paudex, le 19 avril 2010

19/01/2010

Échos du Grand Conseil

Je vous transmets , aujourd'hui, l’intervention au Grand Conseil de mon collègue député Guy-Philippe Bolay, directeur adjoint à la CVCI. Elle était consacrée à une motion d’Yves Ferrari. Dans celle-ci, le député Ferrari demande au Conseil d’État de présenter un plan d’action permettant de développer les énergies renouvelables afin de pouvoir, à terme, se passer de toutes les énergies qui ne le sont pas. L’intervention du député de Lutry a le mérite de « remettre l’église au milieu du village ». La voici, in extenso :

 

« Notre collègue Ferrari rappelle fort opportunément le scrutin du 29 novembre dernier, qui a permis au peuple vaudois, dans un vote purement consultatif et sans conséquences immédiates, d’exprimer ses appréhensions envers l’énergie nucléaire. Il est intéressant de rappeler aussi que le même week-end, les citoyens neuchâtelois se sont prononcés sur un sujet connexe, mais avec des conséquences financières très concrètes. Les Neuchâtelois ont refusé à environ 65% une révision de leur loi cantonale sur l’énergie qui prévoyait de fortes obligations en matière d’énergie renouvelables et d’assainissement des bâtiments.

 

Quand les citoyens neuchâtelois ont compris que l’eau, le vent et le soleil sont, bien évidemment sympathiques, mais aussi très onéreux, ils ont voté massivement contre cette révision. Puisque ce postulat Ferrari partira vraisemblablement en commission, que les membres de celle-ci n’oublient pas la question des coûts de production dans l’analyse de ce postulat. » Puis, plus tard dans les débats : « Le rôle du politique est d’assurer l’approvisionnement en électricité, pas la pénurie. »

17/11/2009

L’économie réclame une mesure concrète pour la relance !

L’enquête conjoncturelle d’automne de la CVCI a montré qu’il y a une différence manifeste de délais de paiement entre les clients privés et les clients publics (soit les communes, le canton et la Confédération).  Dans le canton de Vaud, les clients qui paient leurs factures au-delà de 50 jours représentent 35% des clients privés mais 43% des publics, soit une différence de 8 points en la défaveur du secteur étatique. En comparaison intercantonale, il n’y a que Genève qui fasse pire. Cependant, cette situation n’est pas forcément le résultat d’un retard de paiement. Il s’agit parfois de délais négociés entre les partenaires. Mais le fait est là : les clients publics paient plus tard.

 

Dans cette période de crise, la mode est aux plans de relance, marotte des politiques. Chaque fois que la CVCI est sollicitée pour des idées de mesures de relance, elle propose d’accélérer les paiements du secteur public. Car ce n’est pas un problème financier. L’argent est souvent disponible mais reste bloqué sur des comptes. L’enquête conjoncturelle démontre que l’on peut augmenter le rythme des paiements de l’Etat. Au Tessin, les pouvoirs publics paient plus vite leurs factures que les privés, à la fois à court et à long terme (42% des factures acquittées à 30 jours  contre 26% pour le secteur non-étatique et  39% contre 45% au-delà de 50 jours).  Il s’agit, donc, uniquement d’un problème de procédure ou de processus de décision que l’on peut accélérer. Il faut juste avoir la volonté politique pour le faire.

 

La réduction des délais de paiements publics est un moyen de relance tout simple qui améliore la situation financière des entreprises et les rend moins dépendantes de leurs lignes de crédit. Avant toute autre chose, l’économie réclame cette mesure élémentaire, concrète, rapide à mettre en œuvre et qui ne coûte quasiment rien.