16/11/2011

Soutien aux jeunes entreprises: du concret!

Les périodes de marasme économique contraignent les entreprises à s'adapter. Les restructurations en série qui frappent le canton de Vaud et la Suisse depuis le début de l'automne nous le rappellent presque quotidiennement. Le problème du franc fort se superpose à "la crise de croissance" des Etats-Unis et de l'Europe, nos principaux marchés d'exportation. Même la recherche et le développement sont désormais menacés de délocalisation.

 

Réagir au coup par coup, en tentant de préserver l'acquis dans l'attente de la fin de la tempête, est certes nécessaire, mais insuffisant. Il faut voir plus loin, penser à régénérer le tissu industriel local dans un horizon de 10 à 15 ans. L'une des solutions passe par l'encouragement à l'innovation. Ce n'est pas un scoop – tout le monde en parle depuis des années – mais il est temps de transformer les paroles en actes: tout, ou presque, reste à faire pour inciter à investir dans les secteurs porteurs de nouveautés.

 

Des solutions existent. Mon collègue Guy-Philippe Bolay, directeur adjoint à la Chambre vaudoise du commerce et de l'industrie, vient de déposer une motion au Grand Conseil pour booster les investissements des particuliers dans les start-up. La recette: réduire à 1% seulement le taux d'imposition de l'argent injecté dans de nouvelles entreprises qui développent un produit, une technologie ou un processus jusqu'ici inconnu ou inexploité. Condition de base: que ces sociétés soient basées dans le canton, ou y emploient la majeure partie de leur personnel. Cette imposition à taux privilégié pourrait grimper jusqu'à concurrence de la totalité du revenu imposable.

 

Avec son Uni, ses HES, l'EPFL, Vaud dispose d'un vivier d'inventeurs et de scientifiques de très haut niveau. Dans les biotechnologies par exemple, la région s'est hissée dans le trio de tête des centres de compétence mondiaux, aux côtés de Boston ou de Thousand Oaks, en Californie. Et ce n'est qu'un domaine parmi d'autres. Les projets et les idées fourmillent, en informatique, dans les technologies médicales, la chimie... Un coup de pouce fiscal sera le bienvenu pour les faire éclore, pour trouver des gens prêts à investir.

26/10/2011

L'électrochoc Novartis, coup de semonce pour les "déçus" de la croissance

Le coup est rude, d'autant plus brutal qu'inattendu. Avec sa décision de fermer son site de production de médicaments de Nyon, Novartis laissera 320 employés sur la touche. Le canton perdra de son côté une fabrique qui fait presque partie du patrimoine régional, tant le site de l'ex-Zyma semblait installé depuis toujours à l'entrée de la ville.

 

Cette annonce nous rappelle abruptement que rien n'est définitivement acquis. Encore moins aujourd'hui qu'hier. La concurrence internationale s'est fortement accrue ces dix dernières années. Les Etats rivalisent pour attirer les industries, les investissements et les emplois. Les pays à bas coûts deviennent toujours plus attrayants, au détriment de places comme la Suisse, comme notre canton.

 

La restructuration de Novartis survient comme une piqûre de rappel de ces faits élémentaires. Piqûre de rappel? Rappelons qu'en dépit d'une conjoncture qui se dégrade rapidement, de nombreuses voix prônent encore la décroissance dans le canton de Vaud, qui serait trop attractif. Soulignons-le encore une fois: "décroissance = suppression d'emplois". Les critiques du développement économique assument-ils toujours cette position?

 

En matière d'assurances sociales - autre auto-goal - le parti socialiste propose de son côté d'augmenter de 25 à 50% les allocations familiales, que les entreprises paieraient seules à hauteur de 100 ou 200 millions de francs. Cela alors que le canton vient d'introduire un nouveau prélèvement sur les salaires pour financer les prestations complémentaires pour les familles (PC familles). Vaud est par ailleurs l'un des cantons où la fiscalité frappant les entreprises est la plus élevée.

 

Livré aux apprentis sorciers du "toujours davantage d'Etat social", le canton court de grands risques. Casser la croissance est aisé: il suffit de faire fuir les investisseurs. En combattant par exemple la libre circulation des travailleurs. Ou en assaillant les employeurs de nouvelles charges sociales. La ranimer sera beaucoup plus difficile tant il est vrai qu'elle ne se décrète pas. Il suffit d'observer ce qui se passe aux Etats-Unis ou en France, pour ne pas parler du sud de l'Europe. Il est grand temps que syndicats, partis, autorités communales et cantonales parlent d'une même voix en faveur des places de travail. En faveur de la croissance!

19/09/2019

NON à la décroissance!

Ecologie et croissance sont compatibles, la Suisse en est la preuve. L'air, l'eau et le sol sont plus propres aujourd'hui qu'il y a 50 ou 60 ans. Grâce à des mesures volontaristes et innovantes, menées en tenant compte de la rentabilité des entreprises, nous sommes à la pointe des pays qui agissent en faveur de l'environnement. L'initiative "économie verte", sur laquelle nous votons dimanche, casserait cette dynamique.

En voulant programmer et organiser la décroissance, par plans quadriennaux, d'ici à 2050, le texte des Verts ne propose rien de mieux qu'un retour en arrière. A marche forcée, donc à coups de taxes sur la mobilité – citant un scientifique de l'EPFZ, un article de la NZZ parlait récemment d'un prix de l'essence à 10 francs le litre -, les métaux… en fait, sur la plupart des produits importés. Pour le consommateur, c'est l'assurance de subir une hausse des prix massives sur les produits alimentaires, car la Suisse n'est pas et ne peut pas être autarcique dans ce domaine: l'agriculture ne couvre aujourd'hui que 50 à 60% de nos besoins.

Déplacements plus chers, nourriture plus chère… en visant une baisse de la consommation de deux tiers dans un horizon strictement défini, sans tenir compte de la capacité financière des entreprises et des habitants, l'initiative ne ferait qu'appauvrir notre pays. Sans apporter d'amélioration perceptible pour le climat, car la Suisse reste un nain sur le globe.

Faire moins plutôt que mieux n'est pas ambitieux

Toute entière basée sur la décroissance, un phénomène décrit comme inéluctable par les Verts, l'initiative n'a aucune ambition ni aucun projet d'amélioration de notre qualité de vie. On ne vise pas mieux, mais moins. L'industrialisation a effectivement apporté des problèmes, et nous nous devons de les résoudre, mais elle a aussi complètement changé nos modes de vie. En bien. Un enfant né en Suisse en 1900 pouvait espérer vivre 46 ans… contre plus de 80 aujourd'hui. Ses possibilités de développement personnel n'ont plus rien de commun avec ce qui existait il y a un siècle.

Notre défi, aujourd'hui, consiste à faire encore mieux tout en étant plus efficace en matière de gestion de l'environnement. C'est possible, comme nous l'avons démontré en assainissant nos lacs et rivières en quelques années seulement!

Nous devons mieux utiliser et réutiliser les ressources naturelles, moins consommer d'énergie, produire davantage d'énergie renouvelable. Oui. Mais pour mieux continuer à prospérer. Décroître n'est pas un projet d'avenir. C'est pourtant exactement ce que propose d'inscrire dans la Constitution l'initiative bien mal nommée "pour une économie verte". NON ce dimanche!