10/02/2016

La RIE III est une recette anti-austérité – OUI le 20 mars!

«Les référendaires contre la RIE III ne veulent pas payer pour les actionnaires», titrait 24 heures la semaine dernière. Mais de quoi parlent-ils? La troisième réforme de l’imposition des entreprises vaudoises, qui instaurera un taux unique d’imposition des bénéfices de 13,8%, fera tout au contraire augmenter la facture fiscale des groupes internationaux installés dans le canton de l’ordre de 25 à 70% selon les cas. Les actionnaires y gagneront donc moins. Alors que les Vaudoises et les Vaudois doivent se prononcer sur le sujet le 20 mars prochain, il est nécessaire de rétablir la réalité des faits.

Que craignent les référendaires, soit la gauche de la gauche et des représentants des syndicats du service public? Ils se disent persuadés que la baisse des recettes fiscales découlant du taux unique d’imposition des bénéfices – les entreprises locales, essentiellement des PME, paieront moins, ce qui ne sera que partiellement compensé par la hausse des impôts des entreprises internationales - ne finisse pas entraîner «l’austérité», des hausses d’impôts pour les particuliers ainsi que des coupes dans les services publics.

Les vraies conséquences

La réalité? La RIE III vaudoise sera immédiatement accompagnée d’une hausse des allocations familiales, lesquelles sont entièrement financées par les employeurs. 250 francs pour chaque enfant dès septembre prochain au lieu de 230 francs aujourd’hui. 300 francs dans trois ans.

Des hausses d’impôt pour les ménages? Le canton de Vaud vient de dégager dix exercices consécutifs dans les chiffres noirs, avec des excédents avant amortissements extraordinaires avoisinant le milliard de francs pendant plusieurs années. Le gouvernement à majorité rose-verte se dit persuadé que cette adaptation de la fiscalité est financièrement gérable et qu’il est le mieux à même d’assurer la prospérité du canton.

Des coupes dans les services publics? Le projet de réforme fiscale prévoit d’accroître le financement des structures d’accueil extra-scolaire des enfants, via notamment un doublement de la part payée par les employeurs…

Union des partis

A l’exception des référendaires, tous les partis l’ont bien compris. Fait exceptionnel, des représentants du Parti socialiste, des Verts, du PLR et de l’UDC étaient assis à la même table ce matin à Lausanne pour affirmer que la RIE III vaudoise était la meilleure réponse possible à l’abandon des statuts fiscaux spéciaux que la Confédération a programmé pour 2019 ou 2020. Leur message est appuyé par les Verts libéraux et le PDC. Sans réforme, 25'000 emplois sont potentiellement menacés, car bon nombre d’entreprises aujourd’hui soumises à des régimes spéciaux quitteraient notre région. 

La réalité? C’est que des milliers de ménages paieraient une facture démesurée et se retrouveraient précarisés si les référendaires l’emportaient. Dire OUI à la RIE III, c’est dire OUI à l’emploi et à des prestations sociales améliorées!

13/01/2016

Faim dans le monde: interdire la finance ne résoudrait rien

Interdire la finance dans le négoce de produits alimentaires contribuerait-il à lutter contre la faim dans le monde? Pas du tout! L’initiative des Jeunes socialistes intitulée «stop à la spéculation sur les produits alimentaires», sur laquelle nous votons le 28 février prochain, est un bel exemple de proposition hors sujet. Son seul effet concret serait de fragiliser la Suisse, et tout particulièrement l’Arc lémanique. Objectif manqué, victime collatérale: une situation perdant-perdant!

La seule conséquence immédiate de l’initiative serait de déplacer à l’étranger les activités de négoce de matières premières agricoles aujourd’hui réalisées en Suisse. Avec des pertes d’emplois, de compétences et de recettes fiscales. Entre Lausanne et Genève, ce sont des dizaines de sociétés qui seraient obligées de s’exiler, tant les exigences contenues dans l’initiative sont impossibles à tenir.

Personne n’a en outre intérêt à se passer de la finance dans le commerce de produits agricoles. Ni les agriculteurs, ni l’industrie alimentaire, ni les consommateurs. Et encore moins les populations des pays les moins avancés. Toutes les études, et en particulier une recherche récente de la Haute école de Lucerne, montrent en effet que la spéculation déploie aussi des effets positifs. Elle réduit la volatilité des prix, ce qui est favorable aux consommateurs. Mais elle permet aussi aux producteurs de s’assurer des revenus stables et prévisibles.

Les chiffres contredisent les initiants

L’effet «spéculatif» négatif ne constitue en outre – lorsqu’il est avéré - qu’une partie du prix des denrées agricoles, à côté de la météo, de l’évolution de la demande ou encore des stocks. Ces différents éléments ont des effets beaucoup plus importants sur les cours boursiers que les aléas financiers. Des récoltes trop abondantes liées à une météo favorable feront baisser les prix, que les spéculateurs le veuillent ou non…

L’évolution des cours des matières premières agricoles ces 20 dernières années prouve d’ailleurs que la finance n’a pas eu d’impact. La croissance des prix n’a été que de 5% en termes réels, soit de 0,25% par an, selon les chiffres de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO). Pour les céréales, il y a même eu une baisse de 2%.

Il y a mille mesures à prendre pour mieux répartir la nourriture dans les pays où elle manque, pour lutter contre le gaspillage, pour améliorer les infrastructures d’approvisionnement. Mais l’initiative des Jeunes socialistes ne vise pas cela. Elle ne ferait qu’exclure une activité de notre pays. Les activités de négoce se déplaceraient à Londres ou Singapour. Suivie peut-être, dans un deuxième temps, des négociants en matières premières non agricoles.

Pour l’ensemble du secteur du négoce, l’on parle là de 12'000 emplois et de presque 4% du PIB suisse. Quel gâchis! L’initiative handicaperait notre pays, le privant de savoir-faire, d’emplois et de recettes fiscales. NON à cette initiative!

11/11/2015

Franc fort: les entreprises s’adaptent… reste à restaurer la sécurité du droit

L’année 2015 restera gravée comme un exercice difficile pour les entreprises vaudoises. Presque 60% des sociétés industrielles membres de la CVCI – une sur deux dans les services - ont dû adapter leurs prix à la baisse, en raison de la force du franc. Cette mesure a souvent été accompagnée d’une réorientation des achats. Et aussi, malheureusement, de suppressions d’emplois pour un quart des entreprises industrielles et un cinquième dans les services.

La bonne nouvelle, c’est que personne ne semble avoir baissé les bras: 46% des sociétés de services qui ont répondu à l’enquête conjoncturelle d’automne de la Chambre vaudoise du commerce et de l’industrie (CVCI) assurent avoir réagi en prospectant de nouveaux clients et de nouveaux marchés. Cette proportion dépasse un tiers dans l’industrie. Quant aux prévisions en matière d’investissement, elles sont pour la première fois à la hausse depuis cinq ans!

L’enquête fait ressortir que les entreprises vaudoises ont finalement mieux traversé le séisme provoqué par l’abandon du cours plancher du franc face à l’euro que ce qu’elles redoutaient au printemps dernier. Leur excellente faculté d’adaptation n’est sans doute pas étrangère à cette résistance. Mais le bon fonctionnement du partenariat social, qui a notamment permis à de nombreuses sociétés de négocier avec leurs employés des horaires allongés, a également joué un rôle primordial. Il n’y a pas une seule et bonne solution lorsque l’environnement économique vacille; toutes les mesures permettant d’améliorer la rentabilité, et donc d’assurer les meilleures chances de maintien des emplois, sont les bienvenues.

Cette flexibilité restera essentielle ces prochains mois, car près d’une société industrielle sur deux et d’une entreprise de service sur trois estiment que la marche des affaires restera mauvaise à médiocre au-delà du premier trimestre 2016. Une petite minorité seulement (un cinquième dans les services et 13% dans l’industrie) juge la situation positive.

Agir de manière ciblée

Il est possible d’enrayer la baisse des affaires et d’éviter l’engrenage des délocalisations. Pour ce faire, il faudra continuer d’agir par le biais de mesures ciblées. Le recours au partenariat social, avec des mesures temporaires, restera essentiel. Les entreprises ont également tout intérêt à miser sur l’innovation. La Suisse doit sa richesse à son positionnement sur des secteurs de niche – le canton de Vaud n’est pas en reste - et cela sera encore plus vrai demain qu’aujourd’hui. Dans cette optique, les entreprises ne doivent pas hésiter, par exemple, à recourir aux soutiens de la Commission pour la technologie et l’innovation (CTI).

Mais cela ne suffira pas. Les élections sont maintenant passées et le Conseil fédéral ainsi que les Chambres doivent prendre en mains les dossiers essentiels pour l’économie. Je parle évidemment là de la troisième réforme de l’imposition des entreprises (RIE III) et de l’avenir des bilatérales. Il s’agit de restaurer la sécurité du droit, à long terme. C’est là la base de notre succès!