26/04/2017

Prévoyance 2020, une réforme financièrement indispensable

La réforme de notre système de retraite constitue une urgence financière. Depuis 2014, les recettes ne couvrent plus les dépenses, dans l'AVS, ce qui signifie que les rentes ne sont plus garanties à long terme. Dans le 2e pilier, les salariés versent annuellement au moins 600 millions de francs aux pensionnés en raison d'un taux de conversion trop élevé. Alors que ce système n'est pas conçu sur un modèle de répartition. Prévoyance 2020, la réforme sur laquelle nous votons en septembre prochain, corrige ces deux problèmes majeurs.

Le Fonds de compensation de l'AVS a heureusement pu afficher des chiffres noirs l'an dernier, mais cela s'explique grâce aux résultats des placements de sa fortune de près de 30 milliards de francs. Or miser uniquement sur d'excellents résultats financiers serait une erreur fondamentale: sans équilibre, nous nous exposerions à un risque d'effondrement en cas de crise boursière. Et quand bien même il n'y aurait pas de crise, le vieillissement de la population conduirait à une rapide dilapidation de la fortune du fonds, avec un déficit annuel de 7 à 8 milliards dans une douzaine d'années.

Dans le deuxième pilier, la situation n'est guère plus tenable. Les actifs, dont les jeunes, ainsi que les employeurs versent actuellement une partie des cotisations "à perte". Cet argent est en effet destiné à financer les rentes de retraités qui partent avec un taux de conversion de 6,8%, beaucoup trop élevé par rapport à l'espérance de vie actuelle, qui continue à croître de trois mois par an en moyenne. En 2010, l'Office fédéral de la statistique (OFS) évaluait ce transfert à 600 millions par an, mais de nombreux experts pensent qu'il est nettement plus élevé. Pour rappel: le 2e pilier a été conçu sur la base d'un système de capitalisation: chacun touche en principe ce qu'il a mis de côté. Nous sommes en pleine dérive.

Rééquilibrage

Grâce à l'établissement d'un âge de la retraite égal pour tous à 65 ans, une hausse des cotisations à l'AVS et un taux de conversion abaissé, la réforme permettra de rééquilibrer les comptes. Elle mettra un terme au système actuellement inadmissible du transfert des gains des actifs vers les rentiers. Deux premiers piliers confondus, ce sont actuellement 1 à 2 milliards qui disparaissent chaque année, et cette somme va croissante. Un nouveau report de plusieurs années de la réforme serait extrêmement coûteux. Et cela à long terme puisque les obligations découlant d'une couverture trop généreuse s'étaleront pendant encore deux décennies.

N'oublions pas que la précédente réforme du système de prévoyance a été enterrée par le parlement en 2010. Il a fallu sept ans pour aboutir à ce paquet, voté à une très courte majorité par les Chambres. Prévoyance 2020 n'est évidemment pas parfait. La décision malheureuse d'augmenter les rentes AVS de 70 francs par mois pour tous les nouveaux retraités sera coûteuse. Et d'autres économies auraient également été judicieuses. Mais notre démocratie fonctionne sur la base du compromis et c'est ce paquet, reflet des tiraillements entre nos élus, qui est soumis à notre choix.

Dire non revient à continuer à engloutir des sommes en milliards de francs par an dans un système qui prend l'eau. Et cela sans assurance de disposer d'un meilleur paquet dans cinq à sept ans… N'oublions pas que Prévoyance 2020 prévoit un taux de conversion de 6% alors que le peuple suisse a refusé à 73% des voix un taux de 6,4% en 2010. Nous nous devons de donner une chance à Prévoyance 2020. D'autres adaptations seront indispensables plus tard, évidemment. Mais un oui responsable est nécessaire aujourd'hui.

19/04/2017

Les JO 2026, une occasion rêvée pour repenser le tourisme

La magie pourrait-elle opérer pour dynamiser notre tourisme alpin? La Chambre vaudoise du commerce et de l'industrie (CVCI) a lancé le projet romand de Jeux olympiques 2026 il y a deux ans déjà. Une étape importante a été franchie la semaine dernière avec le feu vert du Parlement du sport de Swiss Olympic. Le projet est désormais vraiment sur les rails…

Les Jeux Olympiques 2026, dont Sion sera la ville hôte, se doivent d'être à taille humaine. Ils seront les jeux de l'innovation et de la durabilité, dans le respect de l'agenda 2020 du Comité international olympique (CIO), en utilisant au mieux les infrastructures déjà existantes. Parmi elles, la nouvelle patinoire de Malley, à Lausanne, qui sera inaugurée en 2019, ou celle de Berne, parmi les plus grandes d'Europe. Les artisans des deux projets de JO 2026 ont su dépasser les frontières cantonales.

Pour les Vaudoises et les Vaudois, cette aventure ne sera pas synonyme de chantiers et de nouvelles infrastructures inutiles. Bien au contraire! Le projet, qui n'en est encore qu'à ses débuts, sera aussi, et surtout, l'occasion de repenser le tourisme, en montagne comme en plaine, et de lui apporter des améliorations absolument indispensables.

N'oublions pas que le tourisme occupe (directement et indirectement) plus de 22'000 personnes uniquement dans le canton de Vaud, où il contribue à 7,2% du produit intérieur brut (PIB). Profiter de la vitrine mondiale qu'offrent les JO pour soutenir un secteur confronté à une concurrence incessante, qui plus est avec un franc toujours plus fort, est une occasion à ne pas manquer pour mettre à niveau un secteur qui mérite autant d'attention que le commerce ou l'agriculture. Il permet de maintenir des activités et d'offrir des places de travail dans des régions excentrées.

Notre région s'est déjà hissée parmi les leaders pour accueillir des start-up alors qu'elle n'y était pas prédestinée. Il n'y a aucune raison que nous n'arrivions pas à atteindre la même excellence et le même dynamisme dans le domaine olympique. Nos stations alpines en sortiront renforcées et peut-être réinventées. Osons le pari!

12/04/2017

La Suisse peut façonner la banque du futur

Quelle sera la banque de demain? La manière de consommer a évolué très rapidement dans le domaine du commerce de détail, des médias ou encore du tourisme, grâce au numérique. Et cela continue. Peu concerné jusqu'ici, le monde de la finance sera l'un des prochains à devoir s'adapter à des changements importants: financement participatif, plateformes de prêts entre particuliers, monnaies virtuelles, nouveaux modes de paiements… En tant que place financière majeure, la Suisse se doit d'être à la pointe dans ces secteurs.

Le nombre de jeunes sociétés actives sur les nouveaux créneaux financiers augmente rapidement. On comptait 174 start-up "fintech" en décembre dernier en Suisse, et déjà 198 en avril 2017, selon le dernier pointage "Swiss FinTech Start-up Map" de Swisscom. Ces entreprises n'étaient que… 24 en 2010.

Il y a toutefois un problème: notre législation actuelle est beaucoup trop rigide. Les exigences qu'elle pose en matière de capitaux propres et d'audits financiers constituent des obstacles pratiquement infranchissables lorsque les start-up veulent se développer. Deux options s'offrent à nous: ou bien nous ne changeons rien et courons le risque de rater complètement le virage, ou bien nous créons un nouvel environnement réglementaire taillé sur mesure pour les fintech.

Bonne nouvelle: une modification de la législation bancaire allant dans ce sens est actuellement soumise à consultation. Le projet est original. Et apparemment unique au monde, pour l'instant. Plutôt que de réglementer dans le détail des nouvelles pratiques dont on ne sait d'ailleurs pas comment elles vont se développer, la Confédération fixerait des conditions générales. Il est notamment prévu de créer une licence bancaire moins stricte, destinée aux sociétés qui opèrent avant tout comme plateforme.

Le secteur financier (banques et assurances) représente plus de 210'000 emplois en Suisse. Il pèse encore pour 9,4% dans le PIB du pays (et environ autant dans le canton de Vaud), selon les derniers chiffres du Département fédéral des finances, malgré de profonds bouleversements intervenus ces dernières années suite à la suppression du secret bancaire fiscal vis-à-vis de l'étranger. L'ensemble de la branche a su trouver les ressources pour passer le cap, et continue de le faire. Il s'agit aujourd'hui de lui permettre de ne pas manquer le virage digital. La Suisse a potentiellement les compétences pour se profiler en leader dans ce domaine aussi!