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30/08/2017

Bonne nouvelle pour le franc, mais gardons la tête froide

L'été a réservé une bonne surprise à l'industrie, aux hôteliers et au commerce de détail: le franc s'est affaibli face à l'euro. Il a perdu entre 4 et 6% par rapport à ce qu'il valait au printemps. Pour tous les exportateurs et les commerçants touchés par le tourisme d'achat, il s'agit d'une bouffée d'oxygène bienvenue car nos produits et nos services sont moins chers pour les clients étrangers. Mais il faut garder à l'esprit que rien n'est acquis et que le franc reste largement surévalué.

Dans un tel contexte, il est totalement prématuré de réclamer un retour aux taux d'intérêts positifs de la part de la Banque nationale suisse (BNS), comme on a pu l'entendre au début août. Cette mesure est certes douloureuse, en particulier pour les caisses de pension, mais elle a permis de limiter la casse dans l'ensemble de l'économie exposée à la concurrence internationale, après l'abandon du taux plancher. Il faut laisser la BNS agir de manière indépendante, c'est l'une des forces de notre pays.

La preuve de la précarité du récent affaiblissement de la monnaie helvétique n'a d'ailleurs pas tardé à se manifester. Les tensions entre les Etats-Unis et la Corée du Nord ont rapidement fait passer l'euro de 1,15 à 1,13 franc. Nous ne sommes pas à l'abri d'autres mauvaises surprises sur le front géopolitique… inutile d'ajouter nous-mêmes des incertitudes avec des revendications lancées à la hâte.

La Suisse a une économie ouverte

La politique monétaire pose problème dans l'ensemble des pays industrialisés depuis la crise financière de 2008-09, la Suisse ne peut pas agir seule sur ce terrain. D'autant moins que son économie repose pour moitié sur le commerce international!

De plus, l'industrie reste sous pression. Même à 1,13-1,15 franc pour un euro, on reste plus de 20% au-dessus des niveaux de 2010. Le choc n'a pas encore été totalement digéré – loin de là – puisque les marges de l'industrie n'ont pas retrouvé leurs niveaux d'avant-crise. Trimestre après trimestre, des investissements pourtant indispensables continuent à être gelés, comme le montrent les enquêtes conjoncturelles de la Chambre vaudoise du commerce et de l'industrie (CVCI).

Si l'on ajoute à ce problème le défi de la transition numérique, nous ne pouvons que souhaiter la plus grande stabilité monétaire ces prochains mois et ces prochaines années. L'indépendance de la BNS ne doit pas servir de terrain de jeu politique.

23/08/2017

Impulsions, pour une économie forte

La compétitivité de l'économie vaudoise s'effrite depuis plusieurs années. Effets du franc fort, fiscalité parmi les plus élevées de Suisse, dérapage sur le front des dépenses sociales cantonales…. Ce début de législature 2017-22 constitue le bon moment pour lancer des réformes: les organisations économiques vaudoises, dont la Chambre vaudoise du commerce et de l'industrie (CVCI), viennent de faire connaître leurs revendications. Cette prise de position coordonnée est une première.

A côté de la CVCI, le programme "Impulsions, pour une économie forte" réunit la Fédération patronale vaudoise, la Chambre vaudoise immobilière et Prométerre. Fiscalité, formation, santé, social, infrastructures, aménagement du territoire, énergie et environnement ainsi qu'agriculture: les principaux domaines qui concernent au quotidien les entreprises et les exploitations agricoles sont examinés, avec des propositions d'améliorations concrètes et rapidement applicables. 

Prenons quelques exemples… En matière de fiscalité, les organisations économiques demandent la mise en œuvre au 1er janvier 2019 de la réforme vaudoise de l'imposition des entreprises (RIE III-VD), telle que plébiscitée par le peuple en 2016. Un retard fragiliserait l'emploi. Mais le chantier fiscal ne doit pas en rester là: il faut aussi alléger le fardeau qui pèse sur les ménages. D'abord en mettant en œuvre l'initiative populaire visant à augmenter les déductions de primes d'assurance-maladie. Mais également en supprimant l'impôt sur les successions en ligne directe et en réduisant plus généralement l'impôt sur le revenu.

Dérapage dans le social

Côté dépenses sociales, il faut impérativement mettre un terme à l'emballement qui a conduit ces coûts à dépasser, au cours de la législature précédente, le budget alloué à la formation. Nous avons besoin d'une simplification du système social, avec l'instauration d'un guichet unique pour valider les aides. Mais il faut aussi réduire ces dernières, afin de les rendre moins attractives. Le social doit systématiquement céder la place à l'insertion. Il n'est plus possible d'augmenter les prélèvements sociaux, comme le réclame l'initiative sur les soins dentaires.

En matière de formation, l'apprentissage doit être revalorisé, via une orientation professionnelle rénovée et renforcée dans les écoles. Ecoles qui doivent mieux prendre en compte la transition numérique. Dans la santé, il s'agit d'introduire une culture de partenariat entre le privé et le public. La fuite en avant dans l'étatisation ne conduirait qu'à une impasse…

Notre programme peut sembler large. Il n'a pourtant qu'un objectif: maintenir notre prospérité!

16/08/2017

D'où vient la vraie propagande?

Affirmer que la libre circulation des personnes entre la Suisse et l'Union européenne a forgé la prospérité de la Suisse serait de la "propagande", affirme l'UDC. Pour elle, il n'y aurait que des désavantages: "le chômage a atteint un taux record" et la croissance "est quasiment égale à zéro depuis 2009", affirmait fin juillet l'un de ses vice-présidents. Le problème est que ces deux affirmations sont totalement erronées: les chiffres le démontrent.

Avec un taux de chômage de 3% en juin, nous affichons l'un des taux de chômage parmi les plus bas d'Europe. 3% seraient-ils un record pour la Suisse? Il est au plus bas depuis août 2015… et ce taux atteignait 5,2% en 1997 (un taux plus jamais atteint depuis lors), alors que la Suisse contrôlait son immigration via des contingents. Nous ne comptons que 133'000 chômeurs actuellement pour une population totale de 8,4 millions d'habitants alors que la Suisse devait faire face à plus de 200'000 chômeurs il y a 20 ans pour une population de 7,1 millions d'habitants. La Suisse comptait moins de 4 millions d'emplois dans les années 1990, elle en compte plus de 5 millions aujourd'hui.

La croissance tend-elle vers zéro depuis 2009? 2009 a bel et bien été une année de récession en Suisse, comme partout dans le monde, avec une baisse du PIB de 1,9%. Mais la croissance est ensuite immédiatement revenue avec une progression de 2,7% en 2010, puis de 1,9% en 2011. Même en 2015, lorsque le franc s'est renchéri d'un seul coup de près de 20% par rapport à l'euro (un phénomène qui n'a rien à voir avec la libre circulation des personnes), la Suisse est parvenue à afficher une croissance de 0,9%.

Ces chiffres sont consultables par tout un chacun sur le site de l'office fédéral de la statistique (OFS)… comment peut-on parler de croissance proche de zéro? Cela alors que la Suisse avait pu retrouver le niveau d'avant-crise en 2011 déjà. Et alors que des pays comme l'Espagne sortent tout juste aujourd'hui de ce terrible retour en arrière. Et que d'autres, comme l'Italie, ne se sont pas encore rétablis.  

La Suisse romande comme exemple de réussite

Non, la libre circulation n'a pas nui à notre à notre prospérité, elle l'a stimulée. L'UDC affirme que le chômage plus élevé en Suisse romande que dans le reste du pays s'expliquerait par l'ouverture de notre marché du travail. Mais ce taux était déjà plus élevé (7,8% à Genève en 1997, 7,2% dans le canton de Vaud) lorsque l'immigration était contingentée! La libre circulation n'y a rien changé. De plus, Vaud et Genève comptabilisent différemment leurs chômeurs que les cantons alémaniques, intégrant les personnes arrivées en fin de droit, ce qui accroît artificiellement le taux.

Encore plus notable: le bassin lémanique affiche une croissance supérieure à la moyenne suisse depuis une dizaine d'année.  Il y a davantage de places d'apprentissage à pourvoir que de candidats. Vaud a pu assainir ses finances publiques en une dizaine d'années, en large partie grâce au dynamisme économique de la région. La libre circulation n'a pas causé de tort à la Suisse: elle lui a permis de renouveler son tissu économique après les graves difficultés rencontrées dans les années 1990. Notre région est devenue un pôle international pour les start-up, qui toutes mettent en avant l'aspect positif de la diversité de la main-d'œuvre.

Notre canton et la Suisse romande prouvent que la libre circulation déploie des effets positifs. Il suffit d'observer les chiffres sur la durée!