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18/07/2012

Franc fort: il n'y a pas d'alternative au cours plancher de l'euro

L'industrie ne peut se passer d'un arrimage du franc à l'euro. Près d'un an après sa décision de fixer le cours plancher de l'euro à 1,20 franc, la Banque nationale suisse (BNS) lutte au quotidien pour défendre cette marque. Et tout indique que ce combat durera encore des mois, peut-être des années. Tant que la zone euro n'aura pas trouvé le mécanisme capable de restaurer les finances publiques des Etats surendettés sans compromettre la monnaie unique, les investisseurs continueront de se réfugier dans les quelques dernières valeurs refuges que compte la planète financière. Le franc figure au sommet de cette courte liste.

Depuis le début de la crise financière, les réserves monétaires de la BNS ont déjà été multipliées par plus de sept, passant de 50 milliards de francs à plus de 360 milliards actuellement. Durant le seul mois de juin, la BNS a virtuellement imprimé pour 100 milliards de francs de nouveaux billets pour tenir la marque. Et cela pourrait continuer au même rythme, tant l'Europe du Sud semble encore loin d'être sortie des soins intensifs.

Pire, la tendance pourrait même s'accélérer si les Suisses commençaient à douter le la politique de la BNS. C'est donc maintenant qu'il faut serrer les coudes, d'autant plus que les grandes économies européennes, France et Allemagne en tête, ont tout intérêt à affaiblir la monnaie unique. Attention à ne pas tomber dans le piège! Il faut se résoudre au fait que la politique de la BNS  engendre des risques qui se matérialiseront par une grande volatilité de ses résultats.

Il n'y a aucune alternative dans un horizon prévisible. Si la banque centrale lâchait le taux plancher, notre place industrielle courrait le risque de s'effondrer en l'espace de quelques mois. Même à 1,20 franc l'euro, bon nombre d'entreprises exportatrices peinent à rester rentables. Certaines ont déjà dû se restructurer. Elles sont contraintes de compresser encore et encore leurs coûts ou de miser davantage sur l'innovation et de se réorienter sur des niches de marché. Ce qui engendre de nouvelles dépenses. Des pans importants de l'économie intérieure souffrent eux aussi, par exemple les commerces, victimes du tourisme d'achat.

L'économie suisse joue serré. Tout comme la BNS. Il suffit pourtant de regarder où en sont les économies de nos principaux partenaires commerciaux pour se rendre compte que notre stratégie a plutôt bien marché jusqu'ici. Il faut garder le cap!