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16/01/2013

Magasins de stations-service: le référendum de l'immobilisme

Quel rigorisme! Les syndicats viennent de lancer le référendum contre l'ouverture 24h sur 24 d'une vingtaine de shops de stations-service, situés le long d'axes très fréquentés ou sur des aires de repos d'autoroute. Peu importe que les touristes en transit doivent se contenter de gaufres au distributeur et de boîtes de sodas entre 1h et 5h du matin. "Le règlement c'est le règlement. En Suisse, on ne transige pas sur les principes. Il n'y a pas de droit humain fondamental à consommer la nuit", ont expliqué leurs représentants et sympathisants la semaine dernière (je condense leurs propos). Et pour les gens qui ont des horaires très décalés? "Ils n'ont qu'à s'organiser, que diable. Non, nous ne changerons rien."

Est-ce bien l'image que nous voulons donner de notre pays? Continuer à empêcher à des voyageurs d'acheter quelques denrées de base sous prétexte que la loi est immuable. De nombreuses professions déploient déjà leurs activités 24h sur 24h: dans les hôpitaux, les homes médicalisées, les permanences médicales, la police, la sécurité privée, la surveillance du ciel, la presse, l'hôtellerie… A l'heure où des centaines de chaînes télé sont accessibles en permanence 24 heures sur 24 (y-a-t-il donc un "droit humain fondamental" à regarder la télé à 3h du matin?), ce serait bien la moindre des choses que de pouvoir acheter quelques produits de première nécessité la nuit aussi, qui plus est uniquement sur des axes très fréquentés.

On ne parle pas ici d'ouvrir 24h sur 24 partout… La "libéralisation" décidée par les Chambres ne concerne, répétons-le, que les régions très urbanisées et quelques endroits très fréquentés. Les collaborateurs qui devront travailler dans ces shops seront au minimum couverts par la loi sur le travail, qui prévoit des salaires plus élevés la nuit ainsi que des compensations en repos. Les syndicats pourraient d'ailleurs négocier des conditions meilleures que ces dispositions de base. Mais non! Pourquoi vouloir créer des emplois? Pourquoi permettre aux commerçants de vendre quand il y a des acheteurs? Mieux vaut continuer à interdire, à réglementer, à imposer un mode de vie unique. Peu importe qu'il y ait des volontaires pour la vente: ils ont tort! "Forcément exploités", ils ne comprennent pas!

C'est ubuesque! L'extension de l'horaire d'ouverture des quelques shops rendrait service à beaucoup de monde. Nous améliorerions du même coup l'accueil réservé aux touristes. Mais les syndicats préfèrent s'arc-bouter et tout bloquer, sous le prétexte fallacieux que ce ne serait qu'un premier pas vers une "libéralisation sauvage". Davantage de cohérence et de réalisme ne feraient pas de mal.