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25/09/2013

Ouverture des magasins: il faut poursuivre le débat lancé par les syndicats!

Le bon sens l'a emporté dimanche dernier concernant la votation sur l'ouverture non-stop de certains shops de stations-service. Le peuple suisse ne s'est pas laissé embobiner par les syndicats, dont le seul but était de perpétuer, pour des questions de purs principes, une situation totalement absurde. Une situation qui permettait jusqu'ici à ces commerces situés sur des axes très fréquentés d'ouvrir toute la nuit, sans pouvoir vendre tout l'assortiment à disposition jusqu'à 1h du matin.

Au final, on a voté sur ce que peuvent vendre une vingtaine de commerce dans toute la Suisse! Bel exercice de style pour notre démocratie, même s'il peut paraître superficiel comparé aux priorités bien plus dramatiques de nos voisins italiens ou français qui luttent, eux, pour faire revenir la croissance et diminuer le chômage.

Mais voyons le bon côté des choses. Le référendum des syndicats contre la suppression de cette aberration bureaucratique a eu le mérite d'ouvrir le débat sur la façon de consommer dans notre pays. Première leçon, on constate que plus de 55% des Suisses estiment qu'il est judicieux de pouvoir ouvrir 24 heures sur 24 les commerces sur les autoroutes ainsi que les grands axes très fréquentés. La réponse à cette question est désormais claire et sans équivoque puisque la majorité est nette et que seuls cinq cantons sont d'un avis contraire. La réponse n'aurait sans aucun doute pas été la même il y a encore dix ans.

Les habitudes d'achat ont évolué bien plus rapidement que le discours syndical ne le suppose. Disons-le d'emblée, il n'est sans doute pas souhaitable d'ouvrir tous les magasins le dimanche (même si des dérogations sont souhaitables pour les fêtes de fin d'année). On peut faire ses courses l'un des six autres jours de la semaine!

Mais la fermeture des commerces à 18h30 ou 19h correspond-elle toujours à ce que souhaite la population? La discussion lancée par les syndicats sur le mode de consommation des Suisses doit être poursuivie. La société a changé. Le consommateur achète souvent sur Internet, à toute heure. Pour les denrées alimentaires, il est parfois livré par LeShop après les heures de fermeture officielle des magasins. Pourquoi n'aurions-nous pas des horaires d'ouverture prolongés pour tous les commerces jusqu'à 20h ou 20h30? Dans tous les domaines, les lois sont adaptées aux nouvelles exigences de la population, pourquoi devrait-il en être autrement dans la consommation?

23/08/2012

Tourisme d'achat et Swissness: des logiques contradictoires

La cohérence n'est pas le principal souci des associations de consommateurs! D'un côté elles incitent au tourisme d'achat, considérant qu'aller faire ses courses dans les supermarchés frontaliers constitue un acte de "légitime défense" des Suisses. De l'autre elles soutiennent la version la plus stricte du projet de loi Swissness, qui redéfinit les règles permettant d'apposer le label "swiss made" sur les biens fabriqués en Suisse. Or, cette révision aura notamment pour conséquence de renchérir le prix de bon nombre de produits helvétiques. 

Une bien curieuse position, que l'on peut résumer par un slogan au demeurant totalement contradictoire: "consommateurs, soyez rationnels, allez faire vos courses du samedi en France ou en Allemagne. C'est plus avantageux. Mais lorsque vous retournez au travail, le lundi matin, fabriquez des produits plus chers, car nos entreprises et nos salariés gagneront davantage". Les deux logiques s'entrechoquent. Ni l'une ni l'autre ne profitera aux Suisses à moyen terme.

Derrière le profit immédiat (du consommateur ou du fabricant de produits helvétiques), il y a la réalité du terrain. Commençons par le commerce: depuis un peu plus d'un an, profitant de la force du franc, un ménage sur quatre va faire ses courses à l'étranger au moins une fois par mois. Cela représente un manque à gagner de 4 à 5 milliards de francs – peut-être jusqu'à 8 milliards, selon certaines estimations - pour les magasins suisses. Des emplois ont déjà été supprimés. D'autres le seront inévitablement si la tendance à l'exode se poursuit, ce qui semble malheureusement être le cas.

Venons-en au Swissness: des règles plus sévères que celles en vigueur dans les pays qui nous entourent auraient pour conséquence de pousser des entreprises à délocaliser. Il est en effet évident que si le prix à payer pour décrocher le label swiss made devenait trop élevé, certains y renonceront. Et déménageront leurs usines là où la main-d'oeuvre coûte moins cher. Heureusement tout n'est pas joué avec ce projet de loi. Le Parlement fédéral peut encore corriger le tir et adopter des dispositions qui tiennent compte des spécificités et de la diversité de notre économie.

Le commerce de détail est un secteur très important en Suisse, puisqu'il occupe environ 370'000 collaborateurs. Chaque consommateur devrait se souvenir de ce chiffre lorsqu'il remplit son caddie en France voisine. Quant à l'industrie d'exportation, elle pèse pour plus de 200 milliards de francs dans l'économie suisse.  Elle mérite une loi sur mesure, qui tienne compte de la situation différenciée de chacune de ses branches. Le Swissness est une bonne chose, qui permettra en particulier d'exclure les tricheurs. Reste à trouver le bon dosage.