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06/01/2016

Oui au 2e tube du Gothard, la sécurité passe d’abord

Un 2e tunnel routier au Gothard s’impose. Par solidarité avec le Tessin, qu’il serait irresponsable de couper du reste de la Suisse pendant les trois ans et demi que prendrait la réfection du tunnel actuel. Par la nécessité de maintenir un axe Nord-Sud fluide. Mais surtout pour des raisons de sécurité. Le tunnel bidirectionnel actuel est dangereux. Dans cette votation qui aura lieu le 28 février, nous ne parlons plus d’argent ni d’écologie, mais de vies humaines.

En 2001, deux camions s’étaient percutés dans le tunnel, provoquant un brasier terrible. Bilan: 11 morts. Depuis cette année-là, 180 autres accidents ont eu lieu causant une dizaine de morts ainsi qu’une centaine de blessés supplémentaires. Deux tunnels ne réduiront bien sûr pas ces tristes chiffres à zéro, mais ils les diminueront. C’est là l’essentiel.

Mais parlons tout de même chiffre, car cela en vaut la peine. La construction d’un deuxième tube est évaluée à 2,8 milliards de francs. Beaucoup? Il faut savoir que la construction des terminaux et la mise en place des navettes pour transporter les voitures et les camions à travers les Alpes pendant la réfection du tunnel actuel coûteraient 1,9 milliard en tout (rénovation comprise). Le «surcoût» du percement n’est donc «que» d’un milliard de francs environ. Un milliard pour améliorer la sécurité pendant des décennies et garantir des assainissements facilités à l’avenir (car des rénovations complètes sont indispensables tous les 30 ans). L’investissement en vaut indiscutablement la peine.

Reste l’argument «écologiste» selon lequel ce second tube serait contraire à l’initiative des Alpes acceptée par le peuple suisse en 1994. Notre Constitution stipule depuis lors que «la capacité des routes de transit dans les régions alpines ne doit pas être augmentée». Un argument que même l’ancien conseiller fédéral Moritz Leuenberger a entonné la semaine dernière…

Cette affirmation est pourtant totalement fausse: les capacités ne seront pas accrues d’un seul véhicule au Gothard. Les tunnels n’offriront qu’une voie de circulation par tube lorsque les deux seront en service: c’est écrit noir sur blanc dans la modification de la loi fédérale sur le transit routier dans la région alpine (LTRA), le texte qui sera soumis à votation. La sécurité, la solidarité confédérale et le maintien de bonnes liaisons entre toutes les régions de notre pays plaident pour un oui sans réserve aucune le 28 février prochain!

08/02/2012

Résidences secondaires: des milliers d'emplois sont en jeu!

On voudrait asphyxier les régions périphériques que l'on ne s'y prendrait pas autrement! Si elle était acceptée le 11 mars prochain, l'initiative visant à limiter à 20% au maximum la part de résidences secondaires dans chaque commune de Suisse sonnerait le glas de larges pans de l'économie. Dans la construction, le gros-œuvre serait le premier à en pâtir. Mais ce n'est que la partie émergée de l'iceberg, bon nombre de chauffagistes, cuisinistes, charpentiers, plâtriers, peintres ou carreleurs ne survivraient que difficilement à cette interdiction générale de bâtir. Des milliers d'emplois sont en jeu.

On aurait tort de croire que le bâtiment serait le seul touché. Hausse du chômage (qui n'a pourtant pas besoin d'un tel auto-goal pour augmenter dans la période actuelle) et accélération du dépeuplement des régions périphériques sont également à redouter. Le commerce de détail, les restaurants, les salons de coiffure, les garages… tout le monde ressentirait une baisse des affaires.

Avec leurs propositions simplistes, les initiants oublient que le tourisme est une activité clé pour notre pays. Il occupe indirectement des dizaines de milliers de personnes. Et ce, toute l'année, y compris durant l'entre-saison!

Quelques chiffres suffisent à se convaincre du drame humain qui menace bon nombre d'entreprises des stations alpines ainsi que de l'arc jurassien (Saint-Cergue et la Vallée de Joux notamment): sur un peu plus de 2500 communes que compte la Suisse, 650 dépassent déjà la barre fatidique des 20% de résidences secondaires (dont quatre sur cinq appartiennent à des Suisses, soit dit en passant). Un quart de ces localités se retrouverait donc du jour au lendemain avec une seule perspective: la rénovation. Franchement, prétendre qu'il n'y aurait aucune baisse d'activité en interdisant de construire relève de la mauvaise foi la plus crasse. Vaud, le Valais, Berne le Tessin et les Grisons seraient les plus touchés.

Cette initiative est arbitraire et punitive. Dans les 650 communes concernées, les propriétaires autochtones ne pourront même plus céder leurs logements à leurs enfants si ceux-ci n'habitent pas la commune! Ce diktat pénalise par ailleurs lourdement les régions de montagne, qui n'ont pas mille alternatives pour diversifier leurs activités. Le tourisme est, et restera, leur avenir.

N'oublions pas que la loi sur l'aménagement du territoire vient d'être révisée. Depuis le 1er juillet 2011, cantons et communes sont déjà tenus de limiter les nouvelles résidences secondaires en fonction des particularités locales. Si l'on tient réellement à lutter contre les lits froids, d'autres solutions existent. Par exemple le recours à des incitations fiscales pour que les propriétaires louent leurs chalets ou appartements inoccupés. Ou l'octroi de rabais pour les remontées mécaniques.

L'arme utilisée par Franz Weber reviendra à empêcher de nombreuses régions du pays de vivre décemment d'une activité où la concurrence est déjà vigoureuse. On tire au canon alors que le développement d'un tourisme durable a besoin d'interventions ciblées et intelligentes. Un non résolu à  l'initiative «pour en finir avec les constructions envahissantes de résidences secondaires» s'impose!