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24/11/2011

Les CFF ou l'usage abusif du bâton

Les CFF ne sont décidément jamais à court d'idées. Dernière trouvaille en date: verbaliser les passagers qui laissent leurs valises sur un siège et privent ainsi d'autres voyageurs de places assises. Entrée en vigueur: le 11 décembre, avec le nouvel horaire.

 

Nul doute que les contraventions voltigeront dès les abords des fêtes de fin d'année et leur lot de départs en vacances des neiges. Belle image de la Suisse pour les touristes britanniques ou allemands qui, chargés de grosses valises (eh oui, les équipements de sports d'hiver sont volumineux), auront choisi les Alpes valaisannes, grisonnes ou bernoises pour skier, bravant la force du franc. Une bonne bûche en quittant Cointrin par le rail… Avec la décision de ne plus vendre de billets dans les trains, les CFF font étalage de tout le doigté propre aux monopoles. Chapeau bas!

 

Plus sérieusement, est-il vraiment nécessaire d'user (d'abuser en l'occurrence) de la répression, de l'amende systématique, pour régler une question qui relève de l'éducation, pour verbaliser des clients qui ont dûment payé leur billet? On a surtout l'impression que les CFF veulent créer un rideau de fumée avec des questions totalement futiles plutôt que d'empoigner à bras le corps le véritable problème, celui de la saturation des trains. Ce n'est pas en déplaçant deux-trois valises ici ou là que tous les pendulaires du Lausanne-Genève trouveront une place assise aux heures de pointe. En agissant de la sorte, la régie donne un bien mauvais signal aux milieux politiques, appelés à trancher en faveur d'investissements massifs…

 

Les CFF fâchent tout le monde. C'est d'autant plus regrettable que leurs utilisateurs ont déjà subi une hausse des prix des billets de plus de 6% en 2011, que les abonnements généraux augmenteront de 1,5% en 2012 (2e classe) le 11 décembre (le même jour à partir duquel on pourra les verbaliser pour valise mal rangée…), et que les prix vont continuer à grimper. Payer plus, oui, mais pour des services accrus.

 

Le développement du rail doit être financé. Il faut trouver de nouvelles ressources et des augmentations de tarifs sont inéluctables. Ok. Mais la fin ne justifie pas tous les moyens. Les usagers de la route empêtrés dans les bouchons ou traqués par les radars dès que la circulation se fluidifie optent toujours plus souvent pour le rail. Les CFF sont victimes de leur succès, c'est connu. Mais ce n'est pas une raison pour abuser de la situation!

 

 

21/09/2011

Centre de Lausanne: la petite délinquance n'est pas une fatalité

Les alentours des gares sont peu ragoûtants au petit matin. Si l'on entend beaucoup parler des problèmes de Cornavin et de sa scène ouverte de la drogue, Lausanne est malheureusement bien loin de faire exception. Saleté, odeurs nauséabondes, déprédations, petits trafics… "Lausanne est devenue la plaque tournante de la petite délinquance. Les groupes à problèmes viennent de Morges, Gland, Yverdon, Bex, Aigle, Montreux, etc. et se retrouvent tous en gare de Lausanne", écrivait l'an dernier le syndicat du personnel des transports (SEV) sur son site internet. La belle image pour le touriste fraîchement débarqué de l'aseptisé Aéroport de Genève, en visite pour la première fois dans la capitale olympique!

 

Le mythe de la Suisse comme pays le plus sûr du monde a vécu, clamait fin août le professeur Martin Killias dans une étude très remarquée. On peut ajouter que celui de la Suisse "propre en ordre" a également pris un sacré coup dans l'aile. Il est temps de réagir face aux incivilités. La recette? Renens truffe sa place de la gare de caméras. C'est une méthode. Faire davantage patrouiller d'agents de police en est une autre. Cette dissuasion "douce" a prouvé son efficacité partout dans le monde.

 

A Lausanne, les patrouilles se concentrent surtout sur les automobilistes et le canton ne fait pas mieux. Or qu'apprenait-on la semaine dernière dans 24 Heures? Que l'Etat accordait bel et bien neuf postes supplémentaires à la police cantonale, mais pour les radars. Il est vrai qu'il est bien plus rentable de planter un trépied au bord des routes et de faire tinter le tiroir-caisse que d'organiser des patrouilles nocturnes…

 

Quoique! A l'heure où la Confédération aligne les millions pour promouvoir le tourisme helvétique affaibli par la force du franc, consacrer quelques deniers publics pour faire respecter la loi dans le centre des villes constituerait un investissement tout aussi sensé. Bien sûr pas aussi immédiatement quantifiable qu'une belle volée d'amendes dans la zone de travaux sur l'autoroute de contournement de Lausanne ou pour des dépassements de la durée de stationnement en ville. Mais sûrement tout autant perceptible, qualitativement parlant. Les touristes y trouveraient leur compte. Mais les Vaudois seraient les premiers gagnants!