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17/02/2016

Vaud a bâti son succès sur un marché du travail ouvert

Où en sont les entreprises vaudoises? Franc fort, restructurations, marchés financiers dans la tourmente, fort ralentissement de l’économie chinoise, prix du pétrole au plancher… ce début d’année donne des sueurs froides. Nous traversons une passe délicate et difficile. Toutefois, grâce à son ouverture et à sa diversification initiée à la fin des années 1990, au moment où entraient en vigueur les accords bilatéraux entre la Suisse et l’Union européenne, le canton de Vaud dispose de solides atouts pour faire face aux problèmes actuels.

N’en déplaise aux sceptiques, ces solides atouts ne relèvent pas de la méthode Coué. Ils ressortent très clairement d’une étude menée conjointement par la Chambre vaudoise du commerce et de l’industrie (CVCI) et la BCV, en collaboration avec l’institut universitaire Créa, et publiée début février.

Qu’y observe-t-on? Que le canton de Vaud a créé 38% d’emplois (plus de 70'000 postes équivalents plein temps) dans le secteur tertiaire entre 1998 et 2013. Le secteur secondaire n’a pas été en reste, avec +23% d’emplois (+13'000 postes). Après avoir sombré au début des années 1990, l’industrie vaudoise a entamé un redéploiement. Dans la pharma, les techniques médicales, l’alimentaire, l’horlogerie, l’électronique. Les secteurs traditionnels (machines, imprimerie, métallurgie), se sont adaptés. La construction, et tout particulièrement les entreprises actives dans des spécialités, ont connu un boom sans précédent depuis des lustres.

Plusieurs explications

Les raisons sont multiples, bien sûr. Notre canton a su déployer une politique de développement économique efficace, s’appuyant sur des instruments fiscaux ciblés. Et puis il y a eu une conjoncture favorable, des marchés émergents porteurs, une dynamique positive. Il y a eu des hautes écoles qui ont misé à fond sur la carte de l’innovation.

Mais cela n’explique pas tout. Les accords bilatéraux, et tout particulièrement l’accord sur la libre circulation des personnes, s’inscrivent constamment en arrière-fond de cet essor continu. Les entreprises ont pu recruter les spécialistes dont elles avaient besoin. Et cela a également profité aux Vaudois.

La preuve? Dans les professions techniques et informatiques, le nombre de collaborateurs étrangers a quasiment doublé entre 2000 et 2010. Mais le nombre de Suisses occupés dans ces métiers a lui aussi bondi de 43%. On observe le même doublement des effectifs étrangers dans la banque, les assurances et activités de conseil, pour un accroissement de 32% des postes occupés par des Suisses. Même tendance dans la santé, l’enseignement, les professions scientifiques, mais aussi les transports, les professions commerciales.

Pouvoir accéder à une main-d’œuvre qualifié sans obstacles administratifs a donné un coup de fouet à nos entreprises, qui venaient de vivre une décennie 1990 noire. Plus noire que dans le reste de la Suisse. Il y avait moins d’emplois dans le canton de Vaud en 1998 qu’en 1985! A l’heure où le chômage repart à la hausse, nous devons tirer les leçons du passé et miser sur ce qui fait notre succès, en particulier l’ouverture de notre marché du travail. Souvenons-nous que cette politique nous a permis de traverser deux récessions (2001 et 2009) pratiquement sans dommages. Il s’agit de maintenir ce cap.

17/08/2011

Finances vaudoises: l'excès de prudence ne doit pas déboucher sur une absence de vision

Vaud n'en finit décidément pas de surprendre par sa bonne santé financière. On savait depuis début juillet que le canton avait mis de côté beaucoup trop d'argent pour faire face aux futures exigences de la péréquation fédérale. Mais ce n'était qu'un pâle avant-goût. Le quotidien "24 Heures" nous démontre dans son édition du 16 août que la dette cantonale, inscrite à 1,9 milliard dans les comptes 2010, est en fait quasi nulle. Tout simplement parce que l'Etat dispose de 1,55 milliard de francs de liquidités qui n'ont pas été soustraites à cette somme.

 

Allons un peu plus loin… Vaud dispose en fait d'une fortune nette, car ce reliquat de dette de quelque 400 millions de francs pourrait être effacé du jour au lendemain si l'Etat choisissait de vendre une partie de ses actions détenues dans la Banque Cantonale Vaudoise (BCV). Actionnaire à hauteur de 66,95%, il peut en effet ramener cette participation à 50,12% quand bon lui semble. Et ce paquet de titres "vendable" vaut 650 millions de francs au cours actuel.

 

Vous noterez au passage – l'anecdote vaut une parenthèse - que l'Etat ne valorise ces titres qu'à 170,6 millions de francs en s'appuyant sur une méthode comptable basée sur un "prix de revient" de 145,92 francs l'action (contre un cours actuel d'environ 450 francs). Cette somme fictive, qu'aucune entreprise cotée ne comptabiliserait de la sorte, représente par ailleurs la valorisation totale du portefeuille d'actions BCV reconnue par l'Etat… et ce, alors que la capitalisation boursière actuelle de l'établissement est de 3,8 milliards. Justification du gouvernement: ce qui ne peut être vendu ne vaut rien (!?)

 

Stop! Il y a pour le moins excès de prudence. Il n'est pas nécessaire d'attendre d'autres révélations de la presse, qui pourrait par exemple s'apercevoir que les 3400 actions détenues dans la BNS sont valorisées à 850`000 francs alors qu'elles valent 3,5 millions au cours du jour. Sans parler de l'évaluation de la valeur de Romande Energie… Quelle leçon en tirer? Tout simplement que les finances vaudoises ne justifient en aucun cas le maintien des impôts à leur haut niveau actuel. Car le fisc n'a pas seulement la main lourde envers la classe moyenne, il grève aussi plus pesamment qu'ailleurs en Suisse les bénéfices des entreprises, comme le montre une étude publiée en juin par la Chambre vaudoise du commerce et de l'industrie (CVCI). L'impôt sur les profits des sociétés s'est envolé de 250% entre 1997 et 2010!

 

Le moment est venu de lâcher un peu la bride. L'occasion est même idéale. L'économie ralentit en raison d'un tassement de la demande internationale. Le franc fort pénalise les exportateurs. A écouter les experts, la crise de la dette pourrait connaître de méchants accès de fièvre cet automne et probablement plus tard. Moins d'impôt sur les bénéfices favorisera les investissements au meilleur moment. Vaud est dans une situation privilégiée pour mener une politique anti-cyclique. Il faut saisir sa chance rapidement!