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02/11/2016

Les entreprises suisses ont besoin des Bilatérales

Le maintien des bilatérales entre la Suisse et l'Union européenne constitue l'un des soucis principaux des entreprises, vaudoises comme suisses, ainsi que d'une large partie de la population. Il en va du maintien d'une économie prospère et d'un marché de l'emploi dynamique. Bonne nouvelle: la décision du Conseil fédéral de prévoir un contre-projet direct à l'initiative dite RASA s'inscrit dans cette logique. C'est la voie à privilégier!

La Chambre vaudoise du commerce et de l'industrie (CVCI) avait apporté son soutien à la récolte de signature pour cette initiative, dans un but constructif. RASA, acronyme alémanique signifiant en français "sortons de l'impasse", demande d'effacer de la Constitution les dispositions introduites par l'initiative "contre l'immigration de masse", acceptée le 9 février 2014. Notre espoir était qu'un contre-projet garantissant l'avenir de la voie bilatérale soit élaboré et que l'initiative, qui devait servir d'aiguillon, soit ensuite retirée. Nous sommes donc aujourd'hui au début de ce processus bienvenu.

Près de deux ans se sont écoulés depuis l'acceptation de l'initiative UDC: il est désormais clair que l'introduction de contingents de main-d'œuvre européenne n'est pas compatible avec les accords bilatéraux. Le parlement va prochainement mettre sous toit une loi d'application basée sur la préférence nationale, qui va dans le sens de la Constitution, mais sans y répondre entièrement. Cette situation n'est juridiquement pas satisfaisante. Or la sécurité du droit fait partie de l'ADN de notre pays. Le contre-projet à RASA nous permet de corriger le tir.

La Suisse est réputée pour son pragmatisme et sa capacité d'adaptation. Nous aurions tort de nous arc-bouter sur une disposition mettant en danger notre politique basée sur l'ouverture du marché. Bien conscients que la Suisse gagne un franc sur deux à l'étranger, dont plus d'un tiers avec nos trois plus importants voisins (Allemagne, France, Italie), les initiants avaient toujours assuré qu'ils étaient attachés aux Bilatérales. A juste titre. Un contre-projet direct ancrant notre relation avec l'UE dans la Constitution tout en répondant aux soucis exprimés il y a deux ans par le peuple et les cantons devrait permettre de concilier les intérêts de chacun. Et le peuple tranchera.

29/06/2016

Brexit: la Suisse a de l'avance sur la Grande-Bretagne. Profitons-en!

La Grande-Bretagne a tranché… la Suisse politique peut et doit maintenant passer à l'action. Il ne reste que quelques mois pour finaliser une solution qui permette à la fois de sauvegarder les Bilatérales et d'appliquer l'initiative "contre l'immigration de masse". La meilleure voie à suivre réside dans un contre-projet opposé à l'initiative Rasa (qui demande d'abroger l'article constitutionnel voté le 9 février 2014).

Cette option n'a que des avantages. Elle permettra tout d'abord aux Suisses de préciser leur choix, de manière démocratique. Lors de leur vote, il y a deux ans, les citoyens ne se sont pas prononcés sur les Bilatérales – que les initiants, pendant la campagne, ont toujours affirmé soutenir. Ils se sont prononcés sur l'immigration.

Les sondages montrent que l'attachement de nos concitoyens aux accords passés avec l'Union européenne est plus important qu'une application rigide et économiquement nuisible de l'initiative. Un contre-projet permettra d'apporter des solutions flexibles, qui tiennent compte des préoccupations de la population concernant l'afflux de main-d'œuvre étrangère, mais également de leur volonté de préserver une Suisse prospère. Une Suisse qui s'est bâtie sur son ouverture en gagnant un franc sur deux à l'étranger.

L'initiative Rasa, qui doit de toute façon être soumise à votation à moins que ses promoteurs ne décident de la retirer, nous fournit une excellente occasion de trouver une solution consensuelle. Il en va de la responsabilité de chacun d'y aboutir.

Aucun intérêt à faire cavalier seul

Dans le contexte déprimé de cet après-Brexit, n'oublions pas que la Suisse part avec un net avantage sur les Britanniques dans les négociations à venir. Nos accords bilatéraux sont déjà place. Ils nous garantissent un plein accès au marché européen pour l'industrie… Il ne tient qu'à nous de les maintenir. Londres doit en revanche tout réinventer, alors que le pays n'a jamais été aussi divisé depuis des siècles et que les partis et le gouvernement doivent faire table rase, sans leader capable (du moins à ce stade) de rassembler l'ensemble de la nation.

La Suisse n'a aucun intérêt à se lancer dans une application unilatérale de l'initiative du 9 février 2014, car elle pourrait conduire, dans le pire des cas à une dénonciation de l'ensemble des accords bilatéraux. Au minimum à des mesures de rétorsion imprévisibles, durables et désagréables, c'est-à-dire à une insécurité du droit qui serait le parfait contraire de la "marque suisse".

Qui pourrait souhaiter cela, alors que le franc fort pénalise déjà notre économie depuis des années? Ce souci permanent de la stabilité, de la sécurité et de la prévisibilité est ce qui nous rassemble, de Genève à St-Gall. Ces ingrédients sont la recette du succès suisse. L'incertitude liée au vote du 9 février 2014 n'a que trop duré, nous ne pouvons plus esquiver le débat. En clarifiant rapidement la situation, nous accentuerons notre longueur d'avance sur la Grande-Bretagne!

22/06/2016

Vaud en 2040? L'avenir nous appartient encore!

Brexit ou non, le canton de Vaud ne peut pas se payer le luxe d'un contingentement drastique de la main-d'œuvre étrangère. Nos statisticiens cantonaux ont fait des projections pour les 20 à 25 prochaines années et elles sont inquiétantes. Sans apport migratoire, le nombre de personnes âgées de plus de 65 ans va très fortement augmenter face à une population active en diminution constante. Qui remplacera le personnel qui partira à la retraite? Personne, dans de (trop) nombreux cas. Des emplois disparaîtront. Les entreprises produiront simplement ailleurs en Europe ou dans le monde.

Prenons un autre problème, tiré de cette étude publiée la semaine dernière: si l'on bloque l'immigration, il y aura "deux fois plus de personnes âgées de 75 ans et plus en 2040 qu’aujourd’hui (116'000 personnes en 2040 contre 57'000 en 2014)". Or, "75 ans est l’âge à partir duquel les besoins et les coûts de santé et de prise en charge augmentent de façon significative". Qui financera la hausse des dépenses, sachant que le nombre de jeunes stagnera? Ou bien cette génération sera saignée en prélèvements sociaux. Ou bien les aînés doivent s'attendre à un automne de la vie extrêmement difficile. Ni l'un ni l'autre n'est souhaitable, ni acceptable.

Les Vaudois ne veulent pas de ce scénario puisqu'ils ont rejeté à plus de 61% l'initiative du 9 février 2014. Ce taux élevé et surtout la nécessité de préserver la capacité concurrentielle des régions les plus dynamiques, comme l'Arc lémanique, plaident en faveur d'une mise en œuvre réaliste de ce texte. Une application flexible, compatible avec l'accord sur la libre circulation des personnes passé entre la Suisse et l'Union européenne (UE), est indispensable. Les initiants avaient d'ailleurs assuré que la main-d'œuvre étrangère était nécessaire à nos entreprises et qu'il fallait en tenir compte.

Les prochaines semaines seront cruciales, car les négociations avec Bruxelles devraient être agendées dès que les résultats sur le référendum britannique seront connus. L'objectif consiste à trouver une solution avant les vacances d'août. Si tout va pour le mieux – il en va de la responsabilité de tous les partis et de toutes les organisations d'appuyer cette démarche - les entreprises ressortiront renforcées grâce à un regain de visibilité. Ce serait une excellente nouvelle pour l'emploi, qui a bien besoin d'un coup de pouce alors que le franc fort reste extrêmement pénalisant. Restons optimistes. Et pragmatiques!