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11/04/2013

Aménagement du territoire: l'administration doit se remettre en question

Quel sont les services de l'administration qui récoltent les plus mauvaises notes auprès des entreprises en Suisse romande, et particulièrement dans le canton de Vaud? Difficile à deviner, car la grande majorité de la population n'y a jamais recours, ou que très rarement: il s'agit des services en charge de l'environnement et de l'aménagement du territoire. Cette observation ressort d'une enquête bisannuelle effectuée par l'institut de sondage M.I.S. Trend pour le compte des chambres de commerce et d'industrie de Suisse latine.

L'importance de ces services est pourtant inversement proportionnelle à la fréquence de leur utilisation par les administrés. Ils tiennent en effet entre leurs mains le destin de centaines de projets d'extensions de zones industrielles, de remaniements de plans de quartier ou de constructions de logements.

Résultats: dans le canton de Vaud: les procédures en matière d'environnement et d'aménagement du territoire sont jugées compliquées par plus de deux tiers (68%) des sociétés interrogées. La répartition des compétences entre le canton et les communes est perçue comme "pas claire" par 69% des entreprises. 53% estiment que la collaboration entre ces deux niveaux institutionnels n'est pas bonne. 55% parlent de formalisme excessif. Interrogées sur l'évolution de la situation au cours des douze derniers mois, 21% des entreprises estiment que les services de l'aménagement du territoire et de l'environnement sont "moins efficaces", contre 9% qui décèlent une amélioration. Ailleurs en Suisse romande (hormis à Fribourg, il est vrai), les opinions positives et négatives s'équilibrent…

Ce tableau est inquiétant. Tout le monde s'accorde à dire que l'Arc lémanique fait face à une pénurie de logements. L'Etat fait des études, puis de nouvelles études, cherche des solutions… pour obliger les propriétaires à vendre ou construire. Mais lorsqu'il y a des projets concrets, l'administration commence par lambiner. Il est urgent d'améliorer l'efficacité de ces services avant toute autre chose!

Pas plus tard que lundi, le président de notre gouvernement Pierre-Yves Maillard expliquait dans "L'Agefi" que si nous voulons vraiment sortir du nucléaire en développant les énergies renouvelables, une réforme du droit foncier sera nécessaire. Sans possibilité de lever plus facilement les éternels blocages que permettent les recours en cascade contre toutes nouvelles infrastructures – comme des parcs d'éoliennes -, presque rien ne se fera, ajoutait-il, car les investisseurs (publics et privés) ne peuvent pas compter sur une sécurité de leur investissement.

Ce problème est réel: tout nouveau projet d'envergure, quel qu'il soit (routes, gares, voies de chemin de fer, centrales solaires - oui elles aussi), se heurte aux riverains qui en craignent les nuisances, ne serait-ce que visuelles. Mais à quoi bon changer le droit foncier si l'administration reste inefficace et traîne les pieds?

Rappelons-nous que le canton de Vaud est à la tête de l'une des administrations parmi les plus imposantes de Suisse. Ce secteur regroupe à lui seul près de 30% du total des emplois dans le canton et pèse pour 22,6% dans le produit intérieur brut (PIB), montrait une étude du Créa publiée l'an dernier. C'est un peu plus qu'à Genève, où la fonction publique représente 21,5% de l'économie, et nettement plus qu'à Zurich, où l'administration ne pèse que 15,7% du PIB. Vaud a les moyens matériels et humains de mieux tenir compte des besoins et des attentes de ses administrés!

07/09/2011

Impliquer l'économie dans l'école vaudoise? Enfin!

Au diable les divisions, le oui des Vaudois à la réforme de l'école obligatoire doit être concrétisé au plus vite. Débats et querelles d'experts n'ont que trop duré: on ne va qu'une fois à l'école et chaque écolier mérite le meilleur enseignement possible. Une année de "perdue" l'est pour la vie.

Dans son éditorial au lendemain de la votation, le rédacteur en chef de "24 Heures" invitait les milieux économiques à s'impliquer. Ce n'est pas une nouveauté. La Chambre vaudoise du commerce et de l'industrie (CVCI) est déjà très active dans la formation professionnelle. Sur l'enseignement obligatoire, elle avait appelé à combattre le statu quo (en acceptant tant LEO qu'Ecole 2010). Elle est aujourd'hui prête à apporter son appui et sa contribution aux adaptations à venir.

Il est grand temps de faire tomber la muraille de Chine qui sépare la citadelle des pédagogues de l'économie. Le dialogue a trop longtemps été inexistant. Qu'on soit clair, l'économie n'entend pas s'occuper de pédagogie, ce n'est pas sa vocation. Mais l'école, le monde enseignant dans son ensemble (dès le niveau primaire, pas seulement le secondaire), a tout à gagner à multiplier les échanges avec le reste de la société.

L'objectif de base reste bien entendu de renforcer les compétences des jeunes dans les branches fondamentales, surtout en français et en maths. Parce que les entreprises ont besoin d'apprentis capables de suivre une formation professionnelle de plus en plus exigeante. Mais aussi parce que les jeunes seront les premiers à profiter d'une réforme rapide et réussie de l'école vaudoise. Ils auront davantage de choix. L'enjeu est loin d'être uniquement économique!

20/07/2011

Une réforme de l'école vaudoise s'impose

Discutez avec des chefs d'entreprises vaudois du bagage scolaire de leurs apprentis de première année! La plupart du temps, les critiques fusent: les compétences dans les branches de base, comme le français ou les mathématiques, sont en chute libre depuis des années. Une enquête réalisée l'an dernier par les Chambres de commerce et economiesuisse auprès de plus de 700 dirigeants de sociétés en Suisse montrait que 70% de apprentis n'avaient pas un niveau satisfaisant dans les disciplines élémentaires. Vaud ne fait pas exception, loin de là. Quel gâchis!

 

Une réforme s'impose, cela tombe sous le sens. L'initiative "Ecole 2010", sur laquelle nous votons le 4 septembre prochain, a eu le mérite de lancer le débat. Un contre-projet, LEO, lui est opposé. Le premier tient à conserver la forte sélectivité – et donc les trois filières - qui constitue en quelque sorte l'ADN de l'école vaudoise, tout en voulant redonner du lustre à la voie secondaire à options (VSO). Cette dernière devrait devenir une vraie filière professionnelle. Le contre-projet préconise quant à lui un réaménagement partiel du système actuel via la suppression de la VSO et l'introduction de différents niveaux dans la voie secondaire générale (VSG). Le passage d'un niveau inférieur à un autre, y compris à la voie secondaire baccalauréat (VSB), serait facilité. Subsidiairement, les notes refont leur apparition. Dès la 1ère primaire (3e selon HarmoS) avec Ecole 2010, dès la 3e (5e HarmoS) avec LEO.

 

Que choisir entre ces deux propositions? La Chambre vaudoise du commerce et de l'industrie (CVCI) a renoncé à trancher, estimant que l'école obligatoire ne doit devenir un terrain de jeu idéologique. Elle s'engage en revanche totalement et sans aucune réserve en faveur du changement.

 

L'un et l'autre projets sont porteurs d'évolutions pédagogiques qui vont dans la bonne direction. La réintroduction des notes comme critère de sélection à l'issue des six premières années primaires ne peut qu'être bénéfique, gage de transparence. L'allongement global de 18 semaines de la durée totale de la scolarité constitue également un atout, pour la bonne et simple raison que passer plus de temps à potasser ses bouquins ou suivre des leçons est en soi de nature à accroître le niveau de connaissances.

 

La place économique vaudoise a besoin d'une école performante, mais également garante d'une certaine mobilité des élèves entre les filières. Tant Ecole 2010 que LEO y contribuent: à chacun de décider selon sa préférence, il ne s'agit plus là d'un choix économique!