20/11/2013

Nestlé prouve que les multinationales misent aussi sur l'apprentissage

On l'oublie parfois en écoutant les querelles de clocher sur les multinationales, mais ces grands groupes engagent aussi des apprentis. La semaine dernière, Nestlé l'a démontré en annonçant un programme de recrutement, en Suisse, de 2000 jeunes de moins de 30 ans d'ici à 2016. Un millier de postes seront réservés à des apprentis et des stagiaires.

Nestlé étend par ailleurs ce programme à toute l'Europe, où 20'000 postes seront proposés à des jeunes.

Les avantages immédiats de cette initiative sont triples. En Europe tout d'abord, elle permet de contrer ce fléau qu'est devenu, avec la crise, le chômage des jeunes (qui concerne un Espagnol sur deux, un  Français sur quatre, 40% des jeunes Italiens…). En Suisse ensuite, Nestlé s'assure de pouvoir se procurer les services d'une main-d'œuvre qualifiée, en formant elle-même les professionnels dont elle a besoin. Il manque de logisticiens, de spécialistes de l'industrie alimentaire, d'acheteurs, etc. La démarche du groupe vise le long terme, ce qui est un gage de confiance dans l'avenir de la place industrielle suisse.

Troisièmement, ce programme donne un coup de fouet à notre système de formation duale. On ne le répétera jamais assez, l'apprentissage est l'une des clés du succès de la Suisse, qui intéresse toujours plus les pays qui nous entourent.

Au-delà, le groupe basé à Vevey montre que le but des entreprises n'est pas d'aller embaucher systématiquement à l'étranger, contrairement aux critiques que l'on entend constamment dans le débat sur l'immigration. Les employeurs qui recrutent des Européens le font parce qu'ils ne trouvent pas ici-même le personnel recherché. Avec son programme, Nestlé montre la voie qui permettra de recruter encore plus localement. Cette attitude volontariste est à saluer. Et peut-être inspirera-t-elle d'autres entreprises?