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25/05/2016

Les Suisses veulent le maintien des Bilatérales, comme les entreprises

Quel est l'avenir des relations de la Suisse avec l'Union européenne? Pour les entreprises, la réponse est limpide: il passe par le maintien et l'approfondissement des accords bilatéraux. Ce jeudi 26 mai, l'économie va à la rencontre de la population à Lausanne (dès midi, Place de l'Europe) pour discuter des enjeux et écouter les préoccupations de tous les citoyens.

Pour les entreprises, les chiffres parlent d'eux-mêmes. Près de 60% des exportations de nos industries prennent la direction de l'Europe, chaque année. L'an dernier, les entreprises vaudoises ont écoulé pour plus de 13 milliards de francs de produits à l'étranger, dont une proportion vers nos voisins semblable à celle observée au niveau suisse. L'exportation a contribué pour deux tiers à la croissance au cours des quinze dernières années. Elle permet de créer des emplois et d'assurer la poursuite de notre prospérité.

Le 9 février 2014, le peuple et les cantons suisses ont toutefois accepté l'initiative "contre l'immigration de masse". Elle demande la réintroduction de contingents de main-d'œuvre européenne, ce qui est contraire à l'accord sur la libre circulation des personnes. Il ne reste maintenant plus que quelques mois pour trouver une solution avec nos partenaires.

Pour une relation stable avec l'Europe

Le peuple suisse semble en tout cas clair sur un point: le maintien des accords bilatéraux prime sur toute autre considération. Selon un sondage de l'institut gfs.bern paru dimanche, 47% des personnes interrogées ont déclaré qu'elles voteraient désormais contre cette initiative et seulement 36% ont affirmé qu'ils la soutiendraient. Le même sondage montre que 82% des Suisses estiment que l'économie a besoin de rapports stables avec l'UE.

Ce sondage n'est pas isolé. Une autre enquête publiée il y a une semaine par "L'Hebdo", par exemple, montre que "s’il faut choisir entre le respect du vote et les accords bilatéraux, 54% des Suisses choisissent le maintien des accords avec l’UE".

Le Conseil fédéral dispose donc d'une marge de manœuvre pour négocier avec Bruxelles, à partir du 24 juin, soit au lendemain du vote des Britanniques sur leur sortie ou non de l'UE. Si l'Europe entre en matière sur une clause de sauvegarde – qui consiste en la fixation d'un seuil d'immigration européenne en dessous duquel il n'y a pas de contingents – nous devons saisir immédiatement l'occasion, avec un esprit de consensus de la part de tous les partis et tous les milieux.

Mais les entreprises entendent aussi le signal que leur a envoyé le peuple: il s'agit maintenant de davantage recourir à la main-d'œuvre locale. Il y a un gros potentiel, notamment du côté des femmes, qui sont 6 sur 10 à travailler à temps partiel (hommes: 1,6 sur 10 à temps partiel). L'économie s'engage en faveur de davantage de places d'accueil pour les enfants ainsi que pour des aménagements des horaires de travail afin de favoriser le travail des parents. Le vote du 9 février ne doit pas être une course folle dans le mur. Les initiants ont d'ailleurs toujours affirmé qu'ils ne demandaient pas la dénonciation des accords bilatéraux. Des solutions existent. Les Suisses les souhaitent!

17/06/2015

Economie verte: à trop tirer sur la corde…

Les doutes des entreprises sur l’urgence d’adopter des dispositions plus contraignantes en Suisse en matière d’environnement sont-ils infondés? Peut-on faire comme si de rien n’était, comme si 30'000 emplois n’étaient pas menacés dans notre pays au cours des six prochains mois, en raison de la cherté du franc? Comme si le PIB n’était pas  en recul depuis le début de l’année, pour la première fois depuis la crise de 2009. Comme si la conjoncture internationale ne restait pas inquiétante.

Le contre-projet à l’initiative populaire dite «économie verte», en débat cette semaine au Conseil National, tombe au plus mauvais moment. Il propose des mesures centralisatrices, donnant de nouvelles compétences à la Confédération pour imposer des contraintes supplémentaires de recyclage et de gestion des ressources. Tout cela alors que la Suisse est déjà systématiquement classée parmi les pays les plus efficients de la planète.

Cette course vers la perfection absolue doit aujourd’hui être mise en balance avec les impératifs immédiats: préserver notre capacité concurrentielle. Le maintien de notre compétitivité est le seul moyen qui nous permettra de nous maintenir aux premiers rangs des pays parmi lesquels les entreprises sont les plus respectueuses de l’environnement. A trop tirer sur la corde, on risquerait de la casser!

Les entreprises dépassent leurs objectifs

Les entreprises suisses s’engagent déjà résolument en matière d’économies d’énergie et de diminution de la pollution. Au cours des dix dernières années, les 3300 entreprises suivies par l’Agence de l’énergie pour l’économie (AEnEC), qui les encadre dans leurs programmes d’économies d’énergie, ont ainsi dépassé de plus de 10% leurs objectifs de réduction d’émissions de CO2 (souvent fixés entre 15 et 20%). L’AEnEC compte par ailleurs chaque année plus d’entreprises se ralliant à ses programmes.

En Suisse romande, le canton de Vaud vient de se doter d’une nouvelle loi visant à accompagner les grands consommateurs d’énergie. Les 650 plus importants devront tous passer des audits et entreprendre des mesures d’assainissements au cours des prochaines années, sous la supervision de l’administration cantonale. Des économies d’énergie de l’ordre de 20% sont d’ores et déjà projetées pour la plupart d’entre eux…

Une question de tempo

Face à ces chiffres, on ne peut que constater que la conseillère nationale verte Adèle Thorens exagère en déclarant dans Le Matin Dimanche que l’économie «manque de crédibilité et de sérieux». Tout prouve le contraire. Les entreprises ont intérêt à mieux gérer leurs ressources et à économiser l’énergie. Car l’opération est bénéficiaire. Mais tout est question de rythme. Il faut fixer des retours sur investissements qui soient viables, des mesures qui soient ciblées et qui tiennent compte de la capacité financière des entreprises. Pourquoi devrions-nous traiter les entreprises différemment des personnes, à qui il ne viendrait même pas à l'idée d'imposer des exigences intenables?

Une gestion centralisée, telle que proposée dans le contre-projet à l’initiative «économie verte», serait dangereuse. On pourrait peut-être continuer à viser la lune, si l’économie flambait. Mais il suffit d’interroger quelques dirigeants de PME pour se rendre compte que c’est bien loin d’être le cas. La prudence s’impose. La Suisse se doit d’étudier et d’observer sereinement la situation avant de se fixer de nouvelles contraintes (y compris en matière de taxation des énergies, comme le prévoit le 2e volet de la Stratégie énergétique 2050). Aucun autre pays ne s’impose de tels obstacles dans les circonstances actuelles!

20/08/2014

La croissance face à ses légendes

Il faut se méfier des "évidences" incontestables. Par exemple des slogans du style: "la croissance oblige à consommer toujours davantage". Ou bien: "la croissance nuit à l'environnement". Ou encore: "le protectionnisme protège notre économie". Il s'agit là de mythes, comme le démontre une toute récente brochure d'economiesuisse. Les faits prouvent que c'est l'absence de croissance qui est dangereuse. 

Prenons le cas d'un vigneron. En travaillant sur la qualité de sa production, il est très probable qu'il récolte moins de raisins et produise donc moins de vin. Mais il ne gagnera pas moins d'argent, car il vendra ses bouteilles plus chères. Son entreprise sera donc en croissance malgré une diminution de la production. Si ce n'était pas le cas, le jeu n'en vaudrait d'ailleurs pas la chandelle. 

Cet exemple très concret peut s'appliquer à la plupart des domaines d'activité, que ce soit dans l'industrie ou les services. La croissance ne rime donc pas fatalement avec production et consommation accrue. En Suisse, elle est au contraire synonyme de création de valeur et d'innovation. 

Que gagnerions-nous à viser la croissance zéro proposée par certains écologistes et les nostalgiques de tous bords? En termes environnementaux, ce serait en tout cas une catastrophe. N'oublions pas qu'avant la puissante croissance d'après-guerre, les grandes villes industrielles européennes étaient régulièrement prises dans le smog. Ce sont les progrès techniques, liés à la croissance, qui ont permis d'assainir l'air, les cours d'eau, les lacs, etc. 

Avons-nous touché la perfection, qui nous autoriserait à ne plus progresser? Prenons un autre exemple: une croissance réduite à néant impliquerait une stagnation ou une baisse des salaires. Elle empêcherait du même coup les Suisses d'acheter des véhicules moins gourmands en énergie. Les rénovations des bâtiments destinées à accroître l'efficience énergétique seraient repoussées, ou abandonnées. 

La décroissance et le protectionnisme, qui consiste notamment à vouloir contingenter la main-d'œuvre (ce qui entrave les entreprises qui ne trouvent pas ici le personnel qu'elles cherchent), impliquent une baisse de la qualité de vie. Ils signifient moins de revenus, moins d'investissements dans les infrastructures, dans l'enseignement et la formation, dans les technologies propres, dans la santé… Bizarre, ce sont souvent les mêmes qui réclament justement et un effort dans tous ces domaines et un coup d'arrêt à l'expansion de l'économie. Comment? Je n'ai jamais entendu la recette miracle! 

Regardons ce qui se passe autour de nous: la zone euro n'en finit pas de sortir du marasme. Dans certains pays qui ont connu la décroissance, comme en Grèce, le taux de suicide a doublé depuis le début de la crise. Un jeune sur deux n'a pas d'emploi dans ce pays. Près d'un jeune sur quatre est au chômage si l'on prend toute l'Union européenne. On pourrait accumuler les statistiques, aucune ne montre que la décroissance puisse présenter le moindre avantage. 

Personne ne veut de cela en Suisse, j'en suis persuadée. Alors soyons conséquent et remettons l'idée de la croissance zéro à sa place. Dans un tiroir.